Ce Jour-là

René Fonck

Aviateur et homme politique français

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René Fonck, né à Saulcy-sur-Meurthe (Vosges) le 26 mars 1894 et mort dans le 8e arrondissement de Paris le 18 juin 1953, est un aviateur et homme politique français.

Pilote de chasse pendant la Première Guerre mondiale, il est surnommé l'« as des as » français et alliés, avec 75 victoires officiellement homologuées, selon le système français d'homologation de victoires aériennes, plus strict que le système allemand car nécessitant deux témoins oculaires étrangers à l'escadrille victorieuse.

Avec vingt-sept citations à sa Croix de guerre 14-18 (vingt-six palmes et une étoile de vermeil), il est le combattant français le plus décoré de la Première Guerre mondiale.

Il est député des Vosges de 1919 à 1924, siégeant au centre droit, sur les bancs du groupe GRD.

Resté fidèle en 1940 au maréchal Pétain et soutien indéfectible du Régime de Vichy, il est incarcéré à la Libération puis libéré.

Fils d'un sagard, ouvrier des scieries vosgiennes (originaire de Ranrupt), René Fonck est dans sa jeunesse apprenti-mécanicien.

Appelé sous les drapeaux le 22 août 1914, il est versé au 11e régiment du génie d'Épinal, où il fait ses classes. Fasciné depuis longtemps par les exploits des aviateurs, il se fait affecter dans l'aéronautique au début de l'année 1915. Il est élève pilote à l'école Caudron du Crotoy. Il entame sa carrière d'aviateur en tant que pilote d'une escadrille d'observation, la C 47, basée près de chez lui à Corcieux.

En tant que pilote d'observation, le 6 août 1916, aux commandes d'un Caudron G4, il force un avion de reconnaissance Rumpler C.I allemand à atterrir derrière les lignes alliées. Il obtient plus tard une deuxième victoire avec son Caudron d'observation. Après ce nouvel exploit, il est muté dans la chasse à l'escadrille N 103, du groupe de combat no 12, unité d'élite de la chasse française surnommée « Groupe des cigognes ».

Il s'y révèle un chasseur d'un talent exceptionnel, combinant plusieurs qualités : une vue perçante lui permettant de voir sa cible de loin, une résistance naturelle à la haute altitude (hypoxie) et un talent sans égal dans la maîtrise du tir de déflexion, soit anticiper la trajectoire des balles par rapport à une cible en mouvement. Sa tactique favorite consiste à repérer un ennemi et à s’approcher par l’arrière et en dessous pour l'abattre d'une courte rafale correctement ajustée. Il est toujours suivi de deux à quatre équipiers qui couvrent ses arrières.

Il arrive qu'il abatte plusieurs avions en une journée, jusqu'à six le 9 mai, puis à nouveau le 26 septembre 1918. Selon les dires de l'aviateur Maurice Boyau, lui aussi as de la grande guerre avec trente-cinq victoires, Fonck n'est pourtant jamais touché par le feu adverse :

« Fonck dépasse tout ce que l'on peut imaginer. Ce n'est pas un homme, c'est un oiseau de proie. Là-haut, il sent l'ennemi, il en distingue nettement à 8 ou 10 km sans être vu. Il choisit sa proie. Quelques balles suffisent, il n'y a jamais eu de riposte. »

Meilleur pilote de la SPA 103, Fonck dispose d'une grande autonomie et se voit doté des meilleurs appareils. Volant en SPAD VII à son arrivée à la fin du mois d'avril 1917, il reçoit le premier SPAD XIII de l'unité au mois de septembre 1917, puis se voit mettre à disposition deux SPAD XII-canon en janvier 1918, et à partir de septembre 1918 le premier SPAD S.XVII de présérie équipé d'un moteur de 300 ch.

René Fonck termine la guerre avec tous les honneurs, arborant une croix de guerre 1914-1918 enrichie de vingt-cinq palmes et d'une étoile.

Afin d'obtenir confirmation pour une victoire aérienne, il fallait pour un aviateur français avoir le témoignage de trois personnes indépendantes (à l'exclusion des membres de sa propre escadrille), le type d'appareil ennemi ainsi que le lieu, la date et l'heure du combat. Aussi, un pilote victorieux ne recevait pas automatiquement confirmation pour sa victoire, et le fait que les combats avaient le plus souvent lieu au-delà du front allemand rendait la présence de témoins éventuels encore plus improbable. Alors que toutes les victoires déclarées avaient une existence officielle, seules celles pouvant soutenir la procédure de confirmation faisaient l'objet d'une inscription dans les communiqués militaires, les autres étant considérées comme « probables derrière les lignes allemandes ». Ce mode de fonctionnement sévère donna lieu parfois à une grande disparité entre le nombre de victoires inscrites aux communiqués et le nombre de victoires déclarées par les combattants. René Fonck reçut confirmation pour soixante-quinze de ses victoires déclarées, soit davantage qu'aucun autre pilote de chasse français et allié (toute comparaison entre les palmarès est douteuse, puisque résultant de procédures d'homologation différentes). Le nombre de ses victoires probables, selon le journal de marche de l'escadrille SPA 103, est de trente-deux et non de cinquante-deux comme Fonck l'affirma dans ses mémoires[réf. souhaitée].

La dernière citation de Fonck qui lui attribue le grade de commandeur de la légion d'honneur le 16 juin 1920, précise : « Pilote de chasse légendaire, pendant quatre ans, a fait une guerre sans merci à l'aviation ennemie, l'attaquant partout où elle se rencontre sans jamais se laisser arrêter par le nombre de ses adversaires. A remporté 75 victoires officielles, dont 39 depuis sa promotion au grade d'officier de la légion d'honneur - 23 citations. » À ces soixante-quinze victoires officielles, le journal de marche de l'escadrille SPA 103 recense trente autres victoires non confirmées, plus deux autres non confirmées obtenues à l'escadrille C 47, soit un total de 32 victoires non confirmées. Il n'a jamais pu obtenir les 52 victoires non confirmées qu'il indique dans ses mémoires : le tableau figurant en fin d'ouvrage contient en effet plusieurs contradictions avec le journal de marche de la SPA 103, mais aussi les carnets de comptabilité de campagne de l'escadrille qui précisent que l'as est en permission à plusieurs dates où ses mémoires revendiquent des victoires non homologuées[réf. souhaitée].

Ce total de soixante-quinze victoires officielles fait de lui l'as des as de l'aviation française et alliée. Il n'est dépassé que par l'Allemand Manfred von Richthofen, qui s'est vu reconnaître quatre-vingts victoires (système de comptage allemand).

Terminant la guerre avec le grade de lieutenant, René Fonck est le porte-drapeau de l'aviation française lors du défilé de la victoire le 14 juillet 1919.

Sur les conseils du président du Conseil, Georges Clemenceau, René Fonck se présente à 25 ans aux élections législatives de 1919. Il choisit de se présenter dans les Vosges, sur une liste de centre gauche d'« Union républicaine démocratique », aux côtés de quatre députés sortants. Il est le seul élu de la liste avec Constant Verlot, qui l'a introduit dans la vie politique vosgienne et l'appuie.

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