René Barjavel, né le 24 janvier 1911 à Nyons (département de la Drôme), mort le 24 novembre 1985 à Paris (14e arrondissement) à l'hôpital Cochin, est un écrivain et journaliste français, également scénariste et dialoguiste de cinéma. Il est principalement connu pour ses romans d'anticipation, de science-fiction ou fantastiques dans lesquels s'exprime l'angoisse ressentie devant une technologie que l'être humain ne maîtrise plus.
Certains thèmes reviennent fréquemment dans son œuvre littéraire : chute de la civilisation causée par les excès de la technologie et la folie de la guerre, caractère éternel et indestructible de l'amour (Ravage, La Nuit des temps, Le Grand Secret, Une rose au paradis). Son écriture se veut poétique, onirique et, parfois, philosophique. Il a aussi abordé, dans ses essais, l'interrogation empirique et poétique de l'existence de Dieu (notamment, La Faim du tigre), et le sens de l'action de l'être humain sur la nature (Lettre ouverte aux vivants qui veulent le rester).
René Henri Gustave Barjavel est issu d'une famille drômoise de boulangers. En 1943, dans un entretien accordé à Henri Poulain publié dans le journal Je suis partout :Je suis né à Nyons dans la Drôme […], au cœur d'une vallée couverte d'oliviers, aux autour de hauts rochers et de grottes […]. Je ris un brin quand je pense qu'entre deux fournées de pain, mon boulanger de père va peut-être lire mon premier roman !
René Barjavel effectue ses études au collège de Nyons puis au collège de Cusset (Allier). Après le baccalauréat, il pratique de nombreux métiers pour gagner sa vie : pion, employé de banque, conférencier… Il débute à dix-huit ans dans le journalisme au Progrès de l'Allier, à Moulins.
Le 21 février 1934 à Vichy, puis le 13 mars à Moulins, il donne une conférence sur Colette, qui sera publiée par la Nouvelle Province littéraire cette même année sous le titre Colette à la recherche de l'amour.
René Barjavel devient, en 1935, secrétaire de rédaction de la revue Le Document, puis chef de la fabrication aux Éditions Denoël après avoir rencontré Robert Denoël à Vichy en 1936. Il collabore à divers journaux, en particulier au Merle blanc, comme critique cinématographique.
Il participe à la guerre de 1939-1940 dans un régiment de zouaves, où il développe un penchant pour l’antimilitarisme. Affecté aux cuisines avec le grade de caporal-chef, il a pour tâche principale de chercher et distribuer le ravitaillement. Il est révolté par la condition du soldat et les mœurs militaires. Démobilisé en 1940, il fonde à Montpellier le journal l'Écho des étudiants et y fait débuter, entre autres, Jacques Laurent, François Chalais, André Hodeir ou encore Yvan Christ. De retour à Paris, où il habite dans le 15e arrondissement, au 20 rue Lacretelle, il retrouve sa place de chef de fabrication chez Denoël.
Durant l'Occupation, René Barjavel publie deux romans d'anticipation qui font de lui le précurseur de la vogue de la science-fiction française de l'après-guerre, des nouvelles et des essais.
En 1943, il publie Ravage, qui devient un grand succès populaire et qui apparaît comme un roman précurseur dans la littérature de science-fiction française. Entre le 24 septembre 1943 et le 14 janvier 1944, il publie en feuilleton Le Voyageur imprudent dans le journal collaborationniste et antisémite Je suis partout.
C'est pendant cette période de l'Occupation qu'il rencontre le philosophe mystique G.I. Gurdjieff, dont il suivait déjà l'enseignement auprès de groupes et de son élève Jeanne de Salzmann. Cet apprentissage aura un profond impact dans sa vie (« Je sais que j'ai bu à la vérité, à cette source de vérité d'où coule toute la sagesse du monde »). Dans ce groupe, il côtoie Louis Pauwels, René Daumal. il fréquente aussi Lanza del Vasto.
En 1944, il écrit un « Essai sur les formes futures du cinéma », Cinéma Total.
À la Libération, René Barjavel est inscrit sur la « liste noire » du Comité national des écrivains, avant d'être blanchi par une lettre de Georges Duhamel, le secrétaire perpétuel de l'Académie française.
Lorsque, pour les mêmes raisons, le même comité démet Robert Denoël de ses fonctions, Barjavel dirigera de fait la maison d'édition jusqu’à l'assassinat de l'éditeur le 2 décembre 1945.
Après la Seconde Guerre mondiale
Après la guerre, Barjavel mène parallèlement des activités de journaliste, critique, romancier et scénariste. En 1946, il publie un roman d'amour, Tarendol, dont Julien Duvivier achète les droits pour le cinéma (et qui donnera également lieu en 1980 à une adaptation pour la télévision avec Jacques Penot et Florence Pernel dans les rôles principaux). En 1947, il fait, pour Georges Régnier, sa première adaptation et écrit son premier dialogue de cinéma dans Paysans noirs.
Le manque d’argent et l’échec de Le Diable l’emporte marquent un début de rupture avec sa carrière de romancier et il s’aventure alors dans le cinéma. Mais la tuberculose et les difficultés financières l’empêchent de réaliser Barabbas. Adaptateur, dialoguiste, il ne laisse cependant pas un souvenir marquant, malgré son empreinte profonde dans de nombreux films, dont la saga des Don Camillo, Les Misérables (de Jean-Paul Le Chanois), Les Chiffonniers d'Emmaüs, Le Mouton à cinq pattes, etc. Il réalise aussi plusieurs courts métrages.
Après ce long intermède au cinéma pendant lequel il n'a presque rien publié, René Barjavel commence, avec La Nuit des temps, paru en 1968, et Le Grand Secret, publié en 1973, une seconde carrière de romancier qui fera de lui un grand écrivain populaire. Il recommence aussi une nouvelle activité de journaliste avec une chronique hebdomadaire au Journal du dimanche. C'est là qu'il fera paraître le 1er août 1976, au sujet de l'affaire Ranucci, un article réclamant l’exécution sans faiblesses de « ces larves malfaisantes » que sont les assassins (l'intéressé avait été guillotiné trois jours plus tôt), alors que, dans Le Figaro du 29 juillet, Max Clos, à l'époque directeur de la rédaction, n'avait pas hésité à poser cette question dérangeante : « Comment peut-on être humainement sûr — absolument sûr — que tel homme est bien le coupable ? »
Il collabore également avec la radio RTL en commentant en 1969 les missions spatiales vers la Lune, et tient sur la radio une chronique quotidienne "À la télé hier soir en alternance avec Maurice Clavel et Guillaume Hanoteau[réf. nécessaire].