Les relations internationales, aussi appelées études internationales, désigne les relations et interactions existantes entre les pays et les États. Les sujets principaux d'études y sont le droit international, la politique internationale, l'économie internationale, et l'histoire des relations internationales. Sous ces vocables, sont en général désignés par l'étude des affaires étrangères et des grandes questions du système international : rôle des États, des organisations internationales, des organisations non gouvernementales (ONG) ainsi que des entreprises multinationales.
Les relations internationales appartiennent à la fois au domaine académique et au domaine politique. Elles peuvent être étudiées soit dans une optique positiviste soit dans une optique normative. Les deux cherchent aussi bien à analyser qu'à formuler les politiques internationales des pays.
Si les relations internationales appartiennent historiquement au domaine de la science politique, l'accent est de plus en plus mis sur le domaine économique à travers l'économie politique internationale qui s'est beaucoup développée depuis les années 1970. D'autres champs académiques sont également concernés : le droit international, la philosophie, la géographie (à travers notamment la géopolitique), la sociologie, l'anthropologie, l'étude des cultures, la science politique.
Concernant plus spécifiquement les sujets étudiés, il est possible de citer : la mondialisation, l'État, l'écologie et le développement durable, la prolifération nucléaire, le nationalisme, le développement économique, la finance internationale, les droits de l'homme, etc.
Les relations internationales ont pour objectif la compréhension des différents cadres conceptuels qui entrent en jeu dans l'analyse de la mondialisation. Selon J.-F. Guilhaudis, « le terme « international » est apparu à la fin du XVIIIe siècle chez le philosophe anglais Jeremy Bentham. Mais le phénomène des relations internationales, c'est-à-dire des relations entre communautés politiques indépendantes est étudié depuis beaucoup plus longtemps. On remonte généralement à l'antiquité grecque, à Thucydide ». Dans son ouvrage, Bentham s'interroge sur les relations entre les États, à un moment clé où la nation prend le pas sur le monarque. Ce thème comprend grand nombre d'institutions internationales comme l'ONU, le FMI, l'OMC, la Banque mondiale. Il est important de comprendre les fonctions qu'elles assument en matière de sécurité internationale, de développement économique et social, des droits de l'homme ou encore de l'humanitaire. En parlant de relations internationales, il est important de parler de nations et de nationalisme. En effet, l'objectif premier est de comprendre la problématique de l'État-nation et de l'idéologie nationaliste en étudiant les principales étapes historiques de leur émergence et les théories qui ont été développées pour analyser ce phénomène. Traditionnellement, les relations internationales sont un ensemble de liens, de rapports et de contacts qui s'établissent entre les États et relèvent de la politique étrangère de ces États. Cette définition étroite part de l'idée que les relations internationales sont les relations inter-étatiques. Aujourd'hui, une vision plus large tient compte du fait que de nombreux processus échappent au contrôle des gouvernements.
Mise en perspective historique
Il convient de faire la distinction entre l'apparition du terme « relations internationales », le début bien plus ancien de la pratique et l'étude des relations internationales (élaboration de doctrines, de théories et d'outils), et le champ habituellement couvert par la discipline contemporaine consacrée à l'étude de l'histoire des relations internationales. En général, la coutume fait débuter l'histoire des relations internationales aux traités de Westphalie de 1648, au moment où le système d'États au sens moderne du terme s'est affirmé. Le terme anglais « nation » signifie en effet « État », et international doit être entendu comme signifiant inter-étatique, terme souvent utilisé. Antérieurement, l'organisation politique de l'Europe médiévale reposait sur un ordre religieux hiérarchisé. Les traités de Westphalie ont institué le concept légal de souveraineté, c'est-à-dire que les législateurs nationaux sont l'ultime autorité à l'intérieur du territoire national où ils n’ont pas d'égaux parmi leurs concitoyens et pas de supérieurs à l'extérieur. Si dans la Grèce antique ou à Rome, l'autorité des cités était proche de celle du système de Westphalie, elles ne connaissaient pas la notion de souveraineté. Cela étant, la disciple consacrée plus largement à l'histoire de la diplomatie couvre toutes les régions du monde et toutes les périodes historiques qui ont connu des relations diplomatiques.
Les traités de Westphalie ont poussé à la constitution d'États-nations indépendants, à l'institutionnalisation de la diplomatie et des armées. Ce système européen a été exporté vers l'Amérique, l'Afrique et l'Asie à travers notamment la colonisation. Le système actuel résulte des décolonisations durant la guerre froide. Si l'État-nation est considéré comme « moderne » plusieurs États ne l'ont pas encore adopté tandis que d'autres qui ont été au-delà peuvent être qualifiés de « post-modernes ». La capacité des Relations internationales modernes à expliquer les relations entre ces différents types d'États est en question. Les « niveaux d'analyse » constituent une façon d'aborder le système international et incluent : un niveau individuel, l'État ; un niveau international, celui des affaires transnationales et intergouvernementales et un niveau mondial ou global.
Ce qui est explicitement reconnu comme la théorie des relations internationales ne s'est pas développé avant la Première Guerre mondiale comme nous le verrons plus loin. Toutefois, la théorie des relations internationales s'est longtemps nourrie des apports d'autres disciplines. De nombreux auteurs citent l'histoire des guerres du Péloponnèse de Thucydide comme étant le point de départ de la théorie réaliste qui s'est poursuivie avec le livre le Léviathan de Hobbes et Le Prince de Machiavel. De façon similaire, la théorie libérale des relations internationales a été influencée par Emmanuel Kant et Jean-Jacques Rousseau. Bien que la notion actuelle des droits de l'homme soit considérablement différente de ce qui était envisagé par les tenants de la loi naturelle, Francisco de Vitoria, Hugo Grotius et John Locke témoignent des premiers efforts entrepris pour affirmer certains droits généraux sur la base d'une humanité commune. Par ailleurs, au XXe siècle, le marxisme a eu une certaine influence sur la fondation de la discipline des Relations Internationales.
Le besoin de développer une étude scientifique de la politique internationale est apparu comme évidente au lendemain de la Première Guerre mondiale pour comprendre les causes d'un conflit tellement dévastateur. Une série d'institutions sont mises en place suivant les préceptes d'une nouvelle morale internationale dont l'exemple est incarné par le discours des « 14 points » du président Woodrow Wilson (8 janvier 1918) :
développement du droit international pour favoriser la résolution pacifique des différends ;
mise en place d'organisations internationales ;
construction d'une nouvelle moralité internationale en faveur de la paix ;
promotion de la démocratie et du libre-échange.
En dépit du volontarisme de leurs promoteurs, ces institutions n'ont pas réellement fonctionné. La Société des Nations, en particulier, est handicapée par le refus du Congrès américain à l'adhésion des États-Unis ; le Pacte Briand-Kellogg, bannissant l'emploi de la force dans les relations internationales, est trop ambitieux. L'échec de la SDN a été consommé par l'invasion de l'Éthiopie par l'Italie de Mussolini. En somme, le système de sécurité collective mis en place par la SDN était condamné à échouer: les États étaient obligés d'accepter certaines règles dans la conduite de leur politique étrangère ; mais ces règles très contraignantes ignoraient les situations où la rationalité même pouvait pousser les États à violer le statu quo : la Seconde Guerre mondiale qui éclate en 1939 est la preuve empirique de l'échec de l'idéalisme wilsonien.