Les relations franco-chinoises (chinois traditionnel : 中法關係 ; chinois simplifié : 中法关系) se réfèrent aux relations internationales entre la Chine et la France.
La connaissance de la Chine, remonte aux Grecs et aux Romains qui la nommaient Sinae, This, ou Sères chez les géographes Ératosthène et qui correspond à la Chine Méridionale, ou peuplés pour Ptolémée des Séres, le peuple de la Soie comme le nomme aussi Pline ou Virgile. Ce peuple est décrit comme : « Les Sères vivent à côté de l'Inde, à l'extrémité orientale du monde; ils recueillent la soie sur leurs arbres porte-laine. C'est un peuple juste et pacifique qui coule des jours heureux dans un pays de délices. ». Une ambassade des Sères auraient été reçu par l'empereur Auguste. C'est donc au travers les échanges de la route de la soie, soie dont les Romains étaient très demandeurs que se créent les connaissances et l'image d'une Chine, pays heureux de l'Extrême-Orient. À partir du IXe siècle, la Chine est connue comme le pays de l'argile fin.
À partir du XIIIe siècle, et les voyages diplomatiques pontificaux ou royaux de Jean de Plan Carpin en 1245, de Jean de Montecorvino, pour le pape Clement V établi en Avignon, parti à pied à la recherche des chrétiens nestoriens en 1247, d'André de Longjumeau (1249) et Guillaume de Rubrouck en 1253 auprès des empereurs mongols, enfin avec le Voyage de Marco Polo, les contacts et description du pays des Cins ou Cathay, (la désignation de la Chine) se font plus précis.
En 1588, le texte du portugais Juan Gonzalez de Mendoza est traduit en français Histoire du grand royaume de la Chine dont Michel de Montaigne s'inspire pour écrire dans ses Essais : « Royaume dont le gouvernement et les arts, sans fréquentation et sans connaissance des nôtres, surpassent nos exemples en plusieurs parties d'excellence, et dont l'histoire m’apprend combien le monde est plus ample et plus divers que ni les anciens ni nous ne pénétrons . »
Les relations avec la Chine relèvent ensuite du commerce de la porcelaine d'abord au travers des commerçants levantins, puis à partir du XVe siècle, des Portugais et des Espagnols, porcelaine dont on trouve la trace dans les inventaires royaux français. Si la noblesse française collectionne depuis le XIVe siècle la porcelaine chinoise, les empereurs chinois eux collectionnent les émaux de Limoges.
Dans le chapitre du traité de 1637 de Song Yingxing'(宋應星) le Tiangong Kaiwu, (天工開物) consacré à l'histoire et la technique de la porcelaine, (traduit en français par Thien-kong-khaï-Wouen 1856) , les français apparaissent relevant du « royaume des démons » dans la description des porcelaines à inscrustations qui s'inspirent des émaux cloisonnés de Limoges. Les mots émaux (Fa-long) et Français (Fo-long) sont confondus en un "Falan".
Reconnaissance entre l'Empereur Kangxi et le roi Louis XIV
Les jésuites français pressent les rois de France de les envoyer dans l'empire de Chine. Ainsi en 1685, Louis XIV envoie une délégation de 6 jésuites sous l'appellation de "mathématiciens du roi" pour établir des relations diplomatiques avec les empereurs chinois de la dynastie des Qing. La mission, qui concomitamment a des projets d'évangélisation, rencontre alors l'empereur chinois Kangxi (alors orthographié Xangxi dans les textes) au nom du Roi Soleil et souligne la similarité des destinées des deux princes, en effet, tous deux se prétendant les serviteurs d'un « Dieu » pour contrôler leurs régions respectives. Reconnaissant la puissance du royaume de France en Europe, l'empire de Chine est lui considéré comme le plus puissant en Asie de l'Est. En 1686, Louis XIV a reçu une ambassade du Siam pour affirmer les liens militaires avec la France, mais le roi du Siam est renversé en 1688, son successeur n'ouvrant son pays qu'aux Hollandais. L'empereur Kangxi envoie en France le Père Bouvet en tant que « Délégué Impérial ». L'ambassadeur est reçu par Louis XIV qui lui remet cadeaux et portraits à présenter à la cour de Pékin.
Devant surveiller la collection de manuscrits offert à la cour de France par Kangxi, le chinois Shen Fuzong arrive en France en 1684, puis ensuite en 1702-04, vient Arcade Huang (connu sous le nom de Huang Jialü (1679-1716)) . Le 2 novembre 1698, un vaisseau français L'Amphitrite accoste à Canton. Parti de La Rochelle le 16 mars 1698, avec à son bord le peintre Gherardini et des artisans miroitiers, il est reçu par les chinois comme un « vaisseau du roi, un vaisseau de tribut, qui marque la soumission du Roi de France à l'Empereur Xangxi ». En 1700, lors d'une fête à Versailles, Louis XIV apparaît vêtu de vêtements chinois, porté sur un palanquin précédé de musicien habillé « à la chinoise ». La même année Kangxi offre à Louis XIV, « une armure d'acier couverte de satin noir, des tasses de porcelaine doublées d'argent et un grand rouleau peint représentant la marche d'un général ». S'ouvre en France, une période de sinophilie, caractérisée en France par le goût du style chinois, du style rocaille propre au XVIIIe siècle. Alors qu'à Pékin les empereurs Yongzheng et Qianlong construisent le Yuan Ming Yuan en y intégrant des éléments français notamment des vitres issus de la première verrerie de Chine, le Bolichang qui a été fondée grâce à l'arrivée d'un jésuite qui « sache le secret de fabrication d'une bon émail et du verre » à la suite de la requête du supérieur Français de la compagnie de Jésus en Chine, Jean de Fontenay. En 1766, Louis XV offre à l'empereur Qianlong une des tapisseries de la série de la « Tenture chinoise » dessinée par François Boucher qui présente « le pays des délices ». En 1723, les missionnaires chrétiens, les yangguizi 洋鬼子, « démons occidentaux » sont expulsés de Chine. Cependant les jésuites ont rapporté en Europe le modèle des grandes écoles et des concours de mandarins, (du portugais mandarim, de mandar, commander). Sur ce modèle chinois Napoléon Ier crée les grands concours de fonctionnaires.
Le consulat de Canton est abandonné en 1785 et depuis 1815, la France n'a plus accès au commerce avec la Chine sans passer par les fourches caudines britanniques. En 1808, le sinologue et dernier consul de France de Guignes publie "Son voyage à Péking, Manille... entre 1784 et 1801" à Paris, un ensemble de 70 gravures d'après ses dessins. Napoléon fait publier un dictionnaire Chinois-Français-Latin en 1811, Abel-Rémusat inaugure des cours de langues et civilisation chinoise au collège de France en 1814. En 1842, un consulat est ouvert à Canton par le roi Louis-Philippe. En 1843, le sinologue Bazin aîné (1799-1862) ouvre un cours de chinois à l’École des langues orientales vivantes à Paris, puis un premier ambassadeur est nommé en 1847 le baron Forth-Rouen en Chine. En 1856, allié aux Britanniques, le gouvernement de Napoléon III participe à la Seconde guerre de l'opium entre 1856 et 1860 au cours de laquelle le Palais d'été est détruit. Cette victoire impose les traités inégaux et ouvre la voie à la politique de colonisation de l'Asie du Sud-Est.
La guerre franco-chinoise entre 1881 et 1885, défait les projets de Prosper Giquel et inaugure la période de l'Indochine française. Il s'ensuit la révolte des Boxers contre les colons américains, européens et japonais qui se conclut par le traité qui assure l'hégémonie occidentale sur le territoire chinois. Après la première guerre mondiale les concessions allemandes et autrichiennes sont redistribuées entre vainqueurs par le Traité de Versailles, sans accord de la république de Chine ce qui ouvre la voie à la colonisation japonaise sur le Shandong.
À Paris, pendant le XIXe siècle, se forge une image d'épinal exotique du chinois « mystérieux » au travers du théâtre, de l'opéra-comique et du cirque alors qu'à la fin du siècle on présente des adaptations traduites du théâtre chinois classique.
A la fin du XIXe siècle, des missions scientifiques archéologiques françaises sont menées avec l'accord du gouvernement chinois en particulier liés à la découverte des Manuscrits de Dunhuang.
Création d'une ambassade de la dynastie Qing en France