Ce Jour-là

Raymond Renefer

Peintre, illustrateur et graveur français (1879-1957)

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Raymond Renefer, pseudonyme de Jean-Constant-Raymond Fontanet, né à Bétheny (Marne) le 2 juin 1879 et mort à Andrésy (Yvelines) le 14 octobre 1957 est un peintre, illustrateur et graveur français.

Classé parmi les postimpressionnistes, les Peintres de la réalité moderne ou encore les Intimistes, Renefer a souvent été associé à Corot, Marquet et Signac. Il a participé activement aux salons parisiens pendant plus de 40 ans. Il a exposé aux côtés de Lebourg, Marquet, Signac, Bonnard, Cassatt, Lebasque, de Vlaminck, Luce, Adler, Antral, Mainssieux, Ceria, Guyot, Foujita, Van Dongen, etc.

Renefer est aussi un professeur de dessin et « maître à graver » ; ses écrits expliquent l’art et ses techniques.

Jean Constant Raymond Fontanet naît le 2 juin 1879 à Bétheny, près de Reims. Sa sœur jumelle, Valentine, décède l'année suivante à 18 mois. Ses parents, Martin Fontanet, ingénieur civil, et Marie Gilberte Chaudouet résident rue de Cambronne à Paris. Sa mère est issue d'une famille d'Andrésy, près de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).

Renefer est élève des Beaux-Arts dans la classe de Paulin; le jeune étudiant en architecture préfère déjà longer les berges de la Seine et prendre ses crayons pour capter les reflets et la lumière de ses quais. Contre la volonté de ses parents, il décide de suivre une carrière artistique et prend le nom de Renéférant et plus tard raccourcir son nom à Renefer.

L'artiste habite Paris pendant plus de 50 ans et restera attaché à dessiner et peindre les paysages urbains avec une prédilection pour les berges de la Seine, des quais de Javel au pont de l'Alma, mais aussi Saint-Lazare, les Batignolles, Montmartre. Il rend régulièrement visite à son oncle à Andrésy où il s'installe définitivement en 1942.

Les premiers succès d'un artiste libre

Ses premières expositions, des croquis et gravures de Paris, ont lieu dans l'atelier parisien de l'architecte et aquarelliste Maurice Yvon dont il épouse la fille Yvonne. Le jeune couple habite rue de la Tour et donne naissance à une fille en 1908, Raymonde Augustine, aussi appelée « Mondinette » ou « Belle Petite Monde ». Renefer participe à de très nombreux salons parisiens. Dès 1904, remarqué pour la qualité de ses estampes, il devient sociétaire du Salon des artistes français. Il rejoint rapidement la Société des peintres et graveurs de Paris. Deux ans plus tard, le jeune artiste entre au Salon d'automne pour y exposer pendant quatre décennies. En 1909, il devient un membre actif du Salon des indépendants auprès de Paul Signac puis Maximilien Luce. Nouveau sociétaire, Renefer est tour à tour membre du comité, secrétaire rapporteur, trésorier et membre de la commission de placement. En 1951, il en devient membre d'honneur, une exposition posthume est organisée après sa disparition. Entre 1908 et 1956, l'artiste prolifique aura exposé entre 10 et 20 nouvelles œuvres par an dans les salons les plus importants de cette époque.

Les critiques sont unanimes. Dès sa première exposition, l'État acquiert une première série de dessins et d'eaux-fortes, aujourd'hui conservés à Paris au musée Carnavalet et au musée du Domaine départemental de Sceaux.

Les expositions se succèdent et Renefer prend une place importante dans le cercle artistique de l’époque. Les galeries s'intéressent à lui et exposent ses dessins, aquarelles et huiles sur toile qui prennent progressivement une place de choix. La galerie Haussmann, rue La Boétie, organise sa première grande exposition de peintures en 1913. Intitulée Les Ponts de Paris, elle réunit 50 œuvres.

Renefer s'essaie aux dessins humoristiques et fait un aparté en tant que dessinateur de théâtre en collaborant à la revue Le Monde artiste illustré.

Pour sa peinture, les critiques d’art reconnaissent son talent et le compare à Albert Marquet et Jean-Baptiste Camille Corot. Appréciant son souci des valeurs justes, son réalisme et sa sensibilité, ils le classent parmi les nouveaux peintres de la réalité à la suite des post-impressionnistes et dans la lignée des peintres qui, de Eugène Boudin à Albert Lebourg, honorèrent leur époque.

La vie d'artiste de ce jeune papa est foisonnante : la journée dans les rues de Paris, sur les quais, puis dans son atelier pour la réalisation de ses estampes, l'organisation des Salons, les expositions. Enfin, quelques soirées consacrées à l'illustration pour le théâtre.

En 1914, lors de sa mobilisation dans le 1er régiment du génie, l'artiste est déjà reconnu comme un talentueux dessinateur et graveur. Les premières recherches indiquent qu'il réalise la topographie des champs de bataille. Il est décoré de la croix de guerre en novembre 1918 pour avoir « exécuté maintes fois de périlleuses reconnaissances dans les secteurs de la Woëvre, de Champagne, de l'Oise, de l'Aisne, se portant spontanément aux points les plus exposés pour exécuter les travaux et croquis relatifs à son service ». Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1928.

L'artiste a tous les jours l'occasion de crayonner quelques croquis sur ses nombreux carnets, s'attachant à témoigner de la vie au front, et de l'homme dans les villages et paysages dévastés. L'éditeur d'art Gaston Boutitie lui commande des eaux-fortes de Verdun et de la Somme en 1916. Il réalise deux port-folios de 15 gravures décrivant la vie au front par l'eau-forte. Il témoigne du quotidien des hommes dans le conflit comme le ferait aujourd'hui un reporter de guerre. Il ne le fera pas pour la propagande ou comme les modernes, pour dénoncer le progrès des machines de guerre et la destruction, mais avec humanisme, pour témoigner de la vie de ces soldats dans le no man's land. C'est pour la vérité de son témoignage, la justesse de son trait que l'éditeur proposa à Renefer d’illustrer la première édition du Feu d’Henri Barbusse, en 1917. « J’acceptais et exécutais 60 dessins gravés sur bois et 10 eaux-fortes. J’avais évidemment les sujets sous les yeux ! Je me souviens que pour être tranquille, je travaillais dans les boyaux d’évacuation des tranchées.[réf. nécessaire] ». Les eaux-fortes sont réalisées en un seul état. Noël Clément-Janin écrit à propos de cet ouvrage : « Ce qui importe c'est de voir, en regard du récit, une image aussi véridique que lui. C'est si l'on veut, une illustration parallèle, dont l'idée part du texte, mais dont l'exécution s'appuie sur la réalité. Une telle illustration ne pouvait être faite qu'à cette heure même où la lutte continue, par un artiste au front, ayant continuellement ses références sous les yeux.

M. Barbusse a montré ce qu'il a vu et M. Renefer aussi. Ce livre contient donc Deux Vérités qui marchent côte à côte, avec leur personnalité bien distincte, l'une en trois cents pages, l'autre en dix eaux-fortes et quatre-vingt bois ! M. Renefer a été aussi riche en matière que M. Barbusse, et son talent, déjà confirmé par ses albums d'eaux fortes et de lithographies en reçoit une définitive consécration. »[réf. nécessaire]

Sa Correspondance de guerre, le plus souvent illustrée de croquis aquarellés, est aujourd'hui redécouverte. Renefer écrit à sa fillette de 8-10 ans, lui envoyant quelques dessins parfois drôles et toujours très démonstratifs. Pour cette correspondance, et particulièrement son carnet intitulé Carnet de Poilu, leur vie racontée aux enfants par Renefer, il relate pour sa fille qu'il nomme affectueusement « Belle Petite Monde » en trente aquarelles le quotidien des poilus : le soldat Renefer souhaite distraire et expliquer sa perception de la guerre à sa fille. L’artiste-poilu exprime aussi les prisonniers, les avions, les maisons en ruine, les civils en errance, la réalité est sous-jacente. Renefer passe un message de mémoire poignant, qui fait de lui un passeur de mémoire pour les générations actuelles et futures et donc à nous, enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants de la « génération sacrifiée ». Ce carnet est la source d'inspiration des classes participantes au concours national « Les Petits Artistes de la Mémoire, la Grande Guerre vue par les enfants », soutenue pour le Centenaire par l'Éducation nationale.

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