Ce Jour-là

Ravensbrück

Camp de concentration nazi

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Ravensbrück ou le camp de concentration de Ravensbrück est un camp de concentration nazi situé sur l'ancienne commune d'Allemagne de Ravensbrück, englobée depuis 1950 dans la ville de Fürstenberg/Havel, à 80 km au nord de Berlin. Le camp était réservé aux femmes, mais des enfants s'y trouvaient aussi. Mis en place par le Troisième Reich de 1939 à 1945, le camp fut construit sur les bords du lac Schwedtsee dans une zone de dunes et de marécages du nord du Brandebourg.

Succédant en 1939 au camp de concentration de Lichtenburg, le camp de Ravensbrück devint rapidement le centre de détention de femmes le plus important du pays : au moins 123 000 femmes et enfants y furent déportés.

Le camp, destiné en premier lieu aux détenues politiques (opposantes politiques, communistes, résistantes polonaises, allemandes, françaises, belges, néerlandaises et prisonnières de guerre russes) accueille également des détenues juives, tziganes et roms. Il fournit en main-d'œuvre féminine l'ensemble des industries d'armement allemandes et les mines de sel, sur place ou au sein de l'une des 70 antennes disséminées de la mer Baltique à la Bavière. Une immense usine Siemens était voisine du camp et exploitait les prisonnières.

Les détenues provenant de tous les pays d'Europe occupés par l'Allemagne, dont les Polonaises ont constitué le premier contingent.

À partir d'avril 1941, 20 000 hommes y furent également détenus, mais dans un camp annexe. Le camp ne sera libéré par l'Armée rouge que le 30 avril 1945, deux jours avant la chute de Berlin.

Au total général quelque 28 000 personnes trouvèrent la mort dans le complexe concentrationnaire de Ravensbrück.

Les premières prisonnières, 974 dont au moins 137 Juives, furent transférées du camp de concentration de Lichtenburg en Saxe.

À la fin de l'année 1942, la population carcérale passa à 10 000 détenues. Parmi elles, des enfants arrivés avec leurs mères juives ou roms, ou nés sur place. Leur nombre augmenta considérablement entre avril et octobre 1944 ; une première vague, composée d'enfants tziganes amenés avec leurs mères arriva après la fermeture du camp rom d'Auschwitz, suivie par les enfants polonais du ghetto de Varsovie après l'échec de l'insurrection, puis par ceux du ghetto de Budapest à la suite de la fermeture de ce dernier. La plupart moururent de dénutrition. Le nombre de prisonniers atteignit plus de 45 000 en janvier 1945

Les détenues portaient un triangle coloré selon leur catégorie, une lettre au centre indiquant leur nationalité : rouge pour les prisonnières politiques, jaune pour les Juives, vert pour les criminelles de droit commun, violet pour les Témoins de Jéhovah, noir pour les Tziganes et les prostituées, etc. Certaines eurent le crâne rasé à l'arrivée, ce qui ne fut toutefois jamais le cas des « aryennes ». En octobre 1942, toutes les détenues juives furent déportées à Auschwitz. En effet, Himmler avait décidé de rendre les camps allemands Judenfrei, c'est-à-dire sans Juifs. En 1943, le camp accueillit des Juives de « sang mêlé ». À partir de 1944, des Juives hongroises y arrivèrent.

Depuis les années 2010 et l'avancée des recherches sur le génocide rom et sinté, dont les études sont toujours en cours sur place, il est avéré que de nombreuses Tziganes y ont été torturées puis déportées à Auschwitz. Le nombre de victimes est encore à l'étude.

Au total, 123 000 femmes auraient été déportées à Ravensbrück. Une liste incomplète, établie par l'administration du camp[réf. nécessaire], énumère 25 028 noms de femmes déportées à Ravensbrück. Elle comporte 24,9 % de Polonaises, 19,9 % d'Allemandes, 15,1 % de Juives (en majorité hongroises), 15 % de Russes, 7,3 % de Françaises, 5,4 % de Tziganes et 12,4 % d'autres origines, réparties dans les catégories suivantes : 83,54 % de politiques, 12,35 % d'anti-sociaux, 2,02 % de criminels, 1,11 % de Témoins de Jéhovah, 0,78 % de « hontes de la race » et 0,2 % d'autres cas. Cette liste est l'un des rares documents sauvés de la destruction qui précéda la fuite des SS devant les forces alliées par les Mury (en), un groupe clandestin de guides polonaises formé au camp dans le but de fournir de la nourriture et des soins médicaux aux détenues les plus faibles.

Claire Pahaut a publié en 2024 une liste nominative avec leur parcours individuel de 2,250 femmes qui furent déportées à Ravensbrück à partir de la Belgique ou qui s'y sont installées après la guerre.

Le camp rassemblait plusieurs types de détenues :

les détenues politiques, républicaines espagnoles et résistantes, comme Conxita Grangé i Beleta, et de nombreuses françaises, enfermées pour leurs propres faits de résistance ou pour les faits de résistance de leurs maris ou de leurs frères, femmes de soldats et d'officiers entrés en résistance : Violette Szabo, Jacqueline Pery d'Alincourt, Claire Audibert née Doré-Graslin épouse du général Audibert, Anne de Bauffremont, Simone de Bretteville, Lili de Chambure, Laure Diebold, Yvonne Jaubert épouse du colonel Léon Duboin, Marie Graziella Ély née Ortoli, épouse du général Paul Ély, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Anise Girard-Postel-Vinay, comtesse Yvonne de La Rochefoucauld, Elise Berthe Mérit épouse du général Lelong, Jeanne L'Herminier, Suzanne Olivier (1922-1968), comtesse Amalric de Rambuteau (arrière-arrière-petite-fille du roi Louis-Philippe Ier), Simone Saint-Clair, Anne-Marie Renaud de Saint Georges, Katharina Staritz, Germaine Tillion, Marie-Claude Vaillant-Couturier, Hilda Sturm etc. et des républicaines espagnoles comme Conxita

les prisonnières de guerre (services de santé et de transmissions de l'Armée rouge) ;

les détenues raciales : Juives, Tsiganes, Roms ;

les détenues de droit commun et prostituées.

Les prisonnières de Ravensbrück furent l'objet de sévices permanents, battues, astreintes au travail et assassinées lorsqu'elles n'en étaient plus capables, ou pour un acte de rébellion ou sans raison particulière. Les prisonnières jugées inaptes au travail étaient tuées par balle jusqu'en 1942. Après cette date, elles furent transférées à Auschwitz et vers d'autres centres d'extermination. Plusieurs furent exécutées à l'infirmerie du camp par injection létale.

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