Ce Jour-là

Rassemblement national

Parti politique français

Anúncio

Le Rassemblement national (RN) — précédemment Front national (FN) jusqu'en 2018 — est un parti politique français d'extrême droite fondé en 1972 et successivement présidé par Jean-Marie Le Pen (1972-2011), Marine Le Pen (2011-2021) et Jordan Bardella (depuis 2021).

Le parti est fondé notamment par Jean-Marie Le Pen, les anciens Waffen-SS Pierre Bousquet et Léon Gaultier, des sympathisants néonazis tels que François Duprat et des nostalgiques de l'Algérie française, tels que Roger Holeindre, membre de l'Organisation de l'armée secrète (OAS).

Longtemps marginalisé, le Front national émerge dans le paysage politique français au cours des années 1980, notamment à partir des élections européennes de 1984. Candidat à l'élection présidentielle à cinq reprises, Jean-Marie Le Pen parvient à accéder au second tour du scrutin de 2002 face à Jacques Chirac, dans un contexte où domine le bipartisme. En 2017 puis en 2022, Marine Le Pen parvient également au second tour de l'élection présidentielle.

Le RN se situe à l'extrême droite de l'échiquier politique. Les représentants du parti récusent en général cette appartenance, pour lui préférer d'autres qualificatifs ; il est aussi considéré comme un parti attrape-tout. Ce débat est récurrent depuis la politique dite de « dédiabolisation » engagée sous la présidence de Marine Le Pen. Souvent rattaché au courant national-populiste, il se distingue par sa xénophobie, notamment à travers son opposition à l'immigration et la défense du principe de « préférence nationale ». Au niveau européen, le RN est membre du parti Patriotes.eu.

Depuis les années 2010, l'influence de la Russie de Vladimir Poutine sur le parti est remarquée, notamment à travers son financement par des fonds russes et le lobbying pro-russe qu'exerce le RN en France et en Europe. Plusieurs de ses membres ont été condamnés, dont notamment Jean-Marie Le Pen pour négationnisme, d'autres pour incitation à la haine raciale.

À partir des années 2020, le parti connaît une forte progression électorale qui lui permet d'obtenir une représentation significative à l'Assemblée nationale malgré le mode de scrutin majoritaire qui lui était défavorable pendant plusieurs décennies.

Le Front national pour l'unité française (FNUF, ou son acronyme raccourci par commodité dès l'origine, FN) est lancé le 5 octobre 1972, lors d'une réunion privée tenue devant quelque 70 personnes à la salle des Horticulteurs, rue de Grenelle à Paris, sous les auspices du mouvement Ordre nouveau. Le logotype du Front national est choisi lors de ce congrès fondateur. La constitution légale du parti date du 27 octobre 1972, jour du dépôt à la préfecture de Paris de ses statuts par Pierre Bousquet et Jean-Marie Le Pen. Pierre Bousquet, ancien Waffen-SS au sein de la 33e division SS Charlemagne (dont est aussi issu Jean Castrillo, avec qui il quittera le FN en 1980 pour fonder le Parti nationaliste français), deviendra le premier trésorier du FN. Léon Gaultier, également ancien Wafen-SS, Roger Holeindre, engagé dans l'Organisation de l'armée secrète, et François Duprat, sympathisant néonazi, font partie des membres fondateurs. Ces statuts confirment la nomination de Jean-Marie Le Pen comme président du FN par Ordre nouveau, qui cherche, dans le choix de cette personnalité, à se donner une façade respectable pour entrer dans l'arène électorale.

Durant une dizaine d'années, le Front national reste un mouvement marginal, au cours de ce qui est communément désigné comme une « traversée du désert » par les historiens aussi bien que par les militants du parti. La préoccupation majeure semble être de conserver le maigre capital de militants nécessaires à la survie du parti. François Duprat, ancien d'Ordre nouveau, joue un rôle moteur durant toute cette période.

La version « officielle » de la naissance du parti privilégie le rôle fondateur unique de Jean-Marie Le Pen. Ce dernier n'a cependant joué qu'un rôle limité dans la fondation proprement dite du Front national, l'initiative en revenant au mouvement Ordre nouveau, ce que le dirigeant historique ne conteste toutefois pas. Comme le montre notamment le politologue Alexandre Dézé :

« Cette version officielle procède en réalité d'une réécriture des origines de l'histoire frontiste, qui a notamment pour fonction d'occulter les conditions objectives de lancement du FN. Ce que dissimule, en effet, ce récit constitutif de la mythologie frontiste, ce n'est pas seulement la complexité et l'incertitude qui entourent la création du Front national, mais aussi le fait que les responsables du groupuscule néofasciste Ordre nouveau (ON) en sont les véritables instigateurs. Jean-Marie Le Pen n'est en réalité que l'une des pièces de la « stratégie de front national », conçue initialement par les dirigeants d'ON comme une étape électoraliste sur le chemin de la « Révolution nationaliste et populaire. »

— Alexandre Dézé, Le Front national : à la conquête du pouvoir ?

Rôle fondateur d'Ordre nouveau

Dans la perspective des élections législatives de 1973, le mouvement Ordre nouveau entreprend, à partir de la fin 1971, de constituer un « rassemblement de la droite nationale » allant des anciens poujadistes aux franges pétainistes ou néo-nazies les plus extrêmes. Le nouveau parti, baptisé Front national pour l'unité française, puis plus simplement Front national, est officiellement fondé le 5 octobre 1972. Ses statuts sont déposés le 27 octobre de la même année.

Selon l'analyse d'Alexandre Dézé, la création du Front national obéit à une quadruple logique de la part du mouvement Ordre nouveau à l'aube des années 1970. Il s'agit, en premier lieu, dans une « logique de compétition », d'occuper l'espace politique de l'extrême droite et de s'affirmer comme la « concrétisation de l'unité du nationalisme français ». Puis, dans une « logique de conversion » et particulièrement sous l'impulsion de François Duprat, Ordre nouveau redéfinit progressivement ses modes d'actions au bénéfice de la participation au système électoral, après un tout premier test en juin 1970 lors de législatives partielles suivi d'une participation aux municipales de mars 1971 : il s'agit alors en large partie de trouver des débouchés politiques aux jeunes cadres du mouvement. S'y ajoute une « logique de collaboration » avec les notables de la frange « nationale », afin d'élargir les moyens politiques d'Ordre nouveau au-delà de ce seul mouvement. On voit enfin à l'œuvre une « logique de rationalisation » dans le discours adressé aux militants, visant à montrer les limites de l'activisme et à convaincre du bien-fondé d'un mode d'action désormais strictement légaliste.

Les dirigeants d'Ordre nouveau, particulièrement François Duprat et Alain Robert, s'inspirent alors essentiellement du modèle du Movimento sociale italiano (MSI), parti néofasciste italien fondé en 1946 par des proches de Mussolini, qui vient alors de fusionner avec les monarchistes et d'adopter une ligne de « droite nationale » (Destra nazionale) : le MSI est à cette époque le plus puissant parti d'extrême droite européen. Comme le note Erwan Lecœur, Ordre nouveau « veut faire du rassemblement qui prend forme à la fin de cette année le pendant français de la réussite du MSI » ; de fait, « La flamme tricolore (sigle du Front national), comme une partie du programme sont copiées sur le MSI ». Nicolas Lebourg et Joseph Beauregard soulignent de même que « le logotype de la flamme tricolore […] témoigne à la fois du parallélisme modernisateur avec l'Italie (chacun sait qu'il s'agit du symbole du MSI, avec le code couleur idoine bien sûr) », de « la continuité légitimatrice avec Ordre Nouveau (qui en use déjà pour la coquille vide qu'est son syndicat, l'Union générale du travail) », mais y ajoutent « la tradition historique avec le Rassemblement national populaire de Déat (dont les trois flambeaux ressemblaient fort à cette flamme) ». D'après l'historienne Valérie Igounet, « l'appropriation de la flamme italienne par le Front national symbolise, avant tout, une affiliation à une certaine mystique fasciste », mais s'explique aussi « parce qu’il n'a ni les réserves financières, ni les moyens logistiques pour conceptualiser un logo ». Le MSI est aussi le premier imprimeur du Front national, fournissant gratuitement ses premières affiches alors que le parti manque de moyens. Selon Zvonimir Novak, spécialiste de l'imagerie des supports politiques, « cette flamme fait référence à celle des poilus durant la guerre de 14-18, la flamme éternelle de la France, celle du soldat inconnu ».

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Rassemblement national | World in Stories