La rafle du ghetto de Rome est un « coup de filet » ayant conduit à l'arrestation de 1 259 personnes, dont 363 hommes, 689 femmes et 207 enfants appartenant à la communauté juive. Cette rafle a été effectuée par les troupes allemandes de la Gestapo le samedi 16 octobre 1943 entre 5 h 30 et 14 h, principalement dans la Via del Portico d'Ottavia et les rues adjacentes, ainsi que dans d'autres quartiers de Rome.
Après avoir libéré quelques ressortissants étrangers ou issus de mariage mixte, 1 023 personnes ont été déportées au centre de mise à mort d'Auschwitz-Birkenau. Seuls, quinze hommes et une femme survécurent.
Les premiers Juifs se sont installés à Rome au IIe siècle av. J.-C. et leur nombre a augmenté après la première guerre judéo-romaine menée par le futur empereur Titus (66-70 ap. J.-C.).
En 1555, le Pape Paul IV ordonna l'installation de tous les Juifs de Rome dans une zone du rione Sant’Angelo, entre le Portique d’Octavie et la rive du Tibre. L'endroit, clos par des murs, doté de portes fermées du crépuscule à l'aube, est rapidement baptisé « ghetto », à l'instar de celui de Venise.
En 1825, le pape Léon XII agrandit le ghetto jusqu'à atteindre la Via della reginella.
En 1848, Pie IX fait abattre les murs du ghetto et donne la liberté de résidence dans Rome aux Juifs. Néanmoins, le rione continua à être habité majoritairement par des juifs.
Au début de l'occupation allemande, en septembre 1943, la communauté juive comptait environ entre 8 000 et 12 000 personnes.
Après l'armistice de Cassibile et l'occupation allemande de Rome le 10 septembre 1943, Herbert Kappler, lieutenant colonel de la SS, commandant de la SD et de la Gestapo à Rome, reçut le message suivant de Heinrich Himmler, ministre de l'intérieur commandant des forces de sécurité de l'Allemagne nazie et théoricien de la solution finale de la question juive : « Les récents événements italiens imposent une solution immédiate au problème juif dans les territoires récemment occupés par les forces armées du Reich ».
Le 24 septembre, Himmler, dans un télégramme secret à Kappler, est encore plus explicite : « Tous les Juifs, sans distinction de nationalité, âge, sexe et condition devront être transférés en Allemagne où ils seront liquidés. Le succès de l'entreprise devra être assuré par l'effet de surprise ».
Durant l'après-midi du 26 septembre 1943, Kappler convoque dans son bureau de la villa Wolkonsky Ugo Foà, Grand rabbin de la communauté juive de Rome et le président Dante Almansi. Il leur ordonne de recueillir dans les trente six heures au moins 50 kg d'or les menaçant d'abord de déporter deux cents Juifs romains en Allemagne puis toute la communauté juive. En échange de l'or, Kappler promet la sécurité des juifs.
Le matin suivant, la collecte de l'or débute à l'intérieur de la synagogue. Au cours de l'après-midi, le Saint Siège communique officieusement qu'il autorise le prêt de lingots d'or afin de garantir les 50 kg d'or demandés par les Allemands, mais cela ne fut pas nécessaire.
Le mardi 28 à 18 heures, après un délai supplémentaire de quatre heures accordé par Kappler, les responsables de la communauté juive romaine se présentent à la villa Wolkonsky afin de remettre l'or demandé. Kappler les fait escorter jusqu'au 155 de la Via Tasso où l'or est pesé au moins deux fois et, à la fin, le poids retenu est de 50,3 kg.
Kappler envoie aussitôt l'or à Berlin, au chef de l’Reichssicherheitshauptamt, le général Ernst Kaltenbrunner, avec une lettre d'accompagnement dans laquelle il exprime ses doutes sur la faisabilité de la déportation et propose d'utiliser les Juifs romains comme main d'œuvre pour le travail obligatoire.
Kaltenbrunner lui répond sèchement : « C'est précisément l'extirpation immédiate et complète des Juifs en Italie qui est primordiale, compte tenu de la situation politique actuelle et de la sécurité générale en Italie ».
Une fois la guerre terminée, l'or a été retrouvé tel quel dans la caisse, dans un coin du bureau de Kaltenbrunner.
Le 14 octobre, Kappler ordonne la mise à sac de deux bibliothèques de la communauté juive et du collège rabbinique et fait charger le butin dans deux wagons dirigés vers l'Allemagne.
Les agents de Kappler prennent possession des catalogues complets comportant les noms et les adresses des Juifs romains. Au repérage des domiciles, participent aussi les commissaires de police italiens Raffaele Aniello et Gennaro Cappa. Le même jour, Kappler envoie une lettre à Hoess, commandant du camp de concentration d'Auschwitz, lui indiquant qu'entre le 22 et le 23 octobre, il recevrait un « chargement » de plus de 1 000 juifs italiens et qu'il devait se préparer à leur réserver un « traitement spécial ».
« Et, en arrivant, elle avait trouvé le quartier désert, les portes grandes ouvertes, personne dans les maisons et personne dans la rue. Personne. Et elle s’était informée, elle avait demandé çà et là, au cafetier aryen. Et elle avait demandé partout. Même le temple qui était désert… et j’ai couru ici et là, de l’un à l’autre… Ils sont au Collège Militaire… à la Stazione Termini… à la Tiburtina »