Rafah (en arabe : رَفَح (rafaḥ)) est une ville palestinienne située dans le Sud de la bande de Gaza, à la frontière égyptienne. La ville fut également connue sous le nom de Robihwa dans l'Égypte antique, Rafihu en Assyrie, Raphia chez les Grecs et les Romains.
L'histoire de Rafah remonte à plusieurs millénaires, lorsque les Pharaons la développent pour assurer le contrôle de leur domaine de Canaan.
C'est la ville la plus importante du Sud de la bande de Gaza avec plus de 250 000 habitants en 2023, dont une partie vit dans le camp de réfugiés fondé pendant la Nakba.
Elle est presque entièrement détruite par l'armée israélienne durant la guerre de Gaza.
La ville est située au sud de la bande de Gaza, à la frontière avec l’Égypte.
Le site antique de la ville présente des indices d'occupation allant du début de l'Âge du Bronze central II (vers 2000 av. J.-C.) jusqu'à l'époque byzantine. La première fois que Rafah, anciennement Raphia, est citée se situe pendant le règne du pharaon Séthi Ier — le toponyme, sous les formes Rapihu ou Rapouh (Rph), est inscrit par deux fois en relief sur le mur nord de la Grande salle hypostyle du site de Karnak. La campagne militaire de Sheshonq Ier en Israël remonte quant à elle à 925 av. J.-C. et le toponyme de la ville cananéenne serait mentionné dans la liste des lieux conquis par le souverain égyptien, lesquels sont inscrits en relief sur le pylône bubastite de Karnak.
En 720 av. J.-C., le roi assyrien Sargon II y défait les armées égyptiennes, alors alliées aux forces du souverain philistin Hanun de Gaza, et le 22 juin 217 av. J.-C. se déroule la première grande bataille, qui voit le roi d'Égypte Ptolémée IV Philopator vaincre le dernier grand roi séleucide Antiochos III lors de la Bataille de Raphia : environ 140 000 soldats se confrontent, et près de 180 éléphants sont utilisés.
Une source araméenne fait également de Rafah le lieu biblique de Chatzerim.
Pendant la période byzantine, Rafah est un diocèse, et une importante ville commerçante avant la période arabe. Elle vit ensuite son déclin puis son abandon jusqu'au XIIe siècle. La fondation, en 1387, de Khan Younès, sur la route de Gaza, détourne les échanges régionaux vers cette nouvelle ville. Avec les Mamelouks, elle redevint une station postale.
Au XVIe siècle les Ottomans y enregistrèrent un village de moins de vingt contribuables. Rafah apparaît dans les registres fiscaux ottomans de 1596 comme comptant 15 foyers, tous musulmans.
En 1799, l'armée française d'Orient, dirigée par le général Bonaparte, traverse Rafah lors de la campagne française en Égypte. Rafah est à la frontière entre les provinces d'Égypte et de Syrie. En 1832, la région est occupée par l'Égypte sous Muhammad Ali, occupation qui dure jusqu'en 1840.
L'explorateur français Victor Guérin, qui visite Rafah en mai 1863, remarque deux piliers de granit que les habitants appelaient Bab el Medinet, ce qui signifie « la porte de la ville ». En 1881, l'archiduc Louis-Salvator de Habsbourg-Toscane écrit : « Des fragments de piliers de granit gris, toujours debout, jonchent la route, les champs et le sable, et nous en avons vu un gisant à moitié enfoui dans le sol... Ces piliers sont les vestiges d'un ancien temple, Raphia, et revêtent une importance particulière aux yeux des Arabes, qui les appellent Rafah, car ils marquent la frontière entre l'Égypte et la Syrie. ».
En 1917, l'armée britannique s'empare de Rafah et l'utilise comme base arrière pour attaquer les Ottomans à Gaza. La présence de cette base fait partir les habitants et en 1922, la population n'est plus que de 600 personnes pour remonter à 2 500 habitants en 1948.
Après la guerre israélo-arabe de 1948, la ville passe sous contrôle égyptien et accueille deux camps de réfugiés arabes provenant du territoire d'Israël fraîchement créé.
Occupation et colonisation israélienne
L’armée israélienne, lors de son occupation de quatre mois de la bande de Gaza, en 1956-1957, perpètre un massacre dans le camp de Rafah, tuant 111 personnes, selon les Nations unies, deux fois plus selon les sources palestiniennes.
En 1967, après la guerre des Six Jours, la ville passe sous occupation israélienne, au cours de laquelle de nouvelles tueries sous perpétrées contre la population. La population atteignait alors 55 000 habitants, dont seulement 11 000 habitent la ville proprement dite.
Au mois de janvier 1972, 20 000 personnes sont expulsées et leurs maisons détruites afin de construire une colonie israélienne.