Le racisme est à la fois un rapport social et une idéologie. En tant que rapport social, il est souvent analysé dans le cadre de la colonisation et de l'impérialisme comme un système de domination sur les personnes racisées. Selon les sciences sociales, le racisme s’inscrit dans une dynamique de domination sociale à prétexte racial.
En tant qu'idéologie, le racisme est caractérisé par la hiérarchisation de catégories de personnes, cette logique pouvant aller jusqu'à déshumaniser celles infériorisées. Cette idéologie voit son émergence avec le racisme scientifique, qui se fonde sur le postulat de l'existence de races au sein de l'espèce humaine. Malgré son invalidation scientifique, cette croyance existe toujours de nos jours.
L'idéologie raciste peut être systématisée à l'échelle institutionnelle et amener à privilégier une catégorie de personnes par rapport à une autre, qui se trouve reléguée à une classe sociale jugée inférieure et subit alors, de manière intersectionnelle, le mépris de classe en plus du racisme.
Cette hostilité envers une autre catégorie sociale (que la différence soit culturelle, ethnique – ou tout simplement due à une couleur de peau) se traduit aussi par des formes de xénophobie ou d'ethnocentrisme à l'échelle individuelle et collective. Certaines formes d’expression du racisme, comme les injures racistes, la diffamation raciale, la discrimination, sont considérées comme des délits dans plusieurs pays.
Les idéologies racistes ont servi de fondement à des doctrines politiques conduisant à l'eugénisme, à pratiquer des discriminations raciales, des ségrégations ethniques et à des injustices et des violences pouvant aller, dans les cas extrêmes, jusqu'au génocide et à d'autres crimes. Ainsi le racisme en actes se manifeste par des actions individuelles (violences, insultes…) ou des systèmes de domination institutionnalisés (apartheid, ségrégation, colonisation, esclavage…). Le racisme est aussi un regard, un prisme qui oriente et instruit la perception.
Le terme est apparu à l'époque moderne. Selon le TLFi, le mot racisme serait apparu en 1902 alors que le mot raciste daterait de 1892.
Selon Charles Maurras, Gaston Méry (1866-1909), pamphlétaire, journaliste collaborateur à La Libre Parole — le journal antisémite et polémiste d'Édouard Drumont — est la première personne connue à avoir utilisé le mot « raciste » en 1894.
Toutefois l'adjectif « raciste » et le nom « racisme » ne s'installent dans le vocabulaire général en France qu'à partir des années 1930. Léon Trotski l'emploie en 1930 dans son Histoire de la révolution russe, pour qualifier les tenants modernes des théories racistes, ce qu'il développera encore en 1933 vis-à-vis du nazisme.
Les deux mots font leur entrée pour la première fois dans le dictionnaire français Larousse en 1932.
Idéologies, perception et pratique
La littérature met, au XIXe siècle, en avant le caractère pluridimensionnel du racisme. On peut distinguer :
sa dimension conceptuelle et idéologique : il s’appuie sur des systèmes de discours qui prétendent à la scientificité ;
sa dimension perceptive : il constitue un regard, un prisme qui oriente et instruit notre perception de « l'Autre » ;
sa dimension pratique : le racisme en actes se manifeste par des actions individuelles (violences, insultes…) ou des systèmes de domination institutionnalisés (apartheid, ségrégation, colonisation, esclavage…).
Race en tant que construction sociale
Si la notion de « race humaine » et le concept du racisme sont partie liée, l’étude de leurs relations nécessite d’opérer une première distinction entre la race en tant que mésusage des sciences et la race en tant que construction sociale que l’on peut définir comme étant un signe ou un ensemble de signes par lesquels un groupe, une collectivité, un ensemble humain est identifié, dans le contexte historique donnant naissance au racisme scientifique. La "race" est une identité socialement construite, variant suivant les sociétés et les époques et non pas un phénomène naturel. Les définitions de « race » se sont appuyées sur de présupposés caractères physiologiques, ou comportementaux qui seraient distinctifs et qui relèveraient de la biologie.
La classification biologique des êtres humains démontre que la notion de race humaine n'est pas pertinente pour caractériser les différents sous-groupes géographiques de l'espèce humaine, car la variabilité génétique entre individus d'un même sous-groupe est plus importante que la variabilité génétique moyenne entre sous-groupes géographiques.
Le consensus scientifique actuel rejette l’existence d'arguments scientifiques qui pourraient légitimer la notion de race, reléguée à une représentation arbitraire selon des critères morphologiques, ethnico-sociaux, culturels ou politiques. Cette autonomie se manifeste pleinement depuis la seconde moitié du XXe siècle où les effets du système de perception raciste perdurent en dépit d'un usage moins fréquent, et malgré le rejet du concept de race par la communauté scientifique.