Ce Jour-là

Résistance intérieure française

Ensemble des mouvements et réseaux clandestins qui durant la Seconde Guerre mondiale ont poursuivi la lutte contre l'Axe et ses relais collaborationnistes sur le territoire français

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La résistance intérieure française (RIF) ou résistance française de l'intérieur (RFI), appelée en France la Résistance, englobe l'ensemble des mouvements et réseaux clandestins qui durant la Seconde Guerre mondiale ont poursuivi la lutte contre l'Axe et ses relais favorables à la collaboration franco-allemande sur le territoire français depuis l'armistice du 22 juin 1940 jusqu’à la Libération de la métropole en 1944.

Alors que Radio Londres est régulièrement et le plus souvent brouillée par les Allemands et toute la presse légale soumise à la censure allemande qui les accuse de « terrorisme », les Résistants ont pour activité première la diffusion d'une presse clandestine abondante et variée : entre 1940 et 1944, près de 1 200 titres (journaux) clandestins ont existé, qui ont tiré au total environ 100 millions d’exemplaires, Combat tirant parfois jusqu'à 300 000 exemplaires par jour, Le Franc-Tireur jusqu'à 165 000, Libération jusqu'à 145 000 et Défense de la France jusqu'à 450 000.

Malgré les difficultés à agir, sans guère de moyens, face à un occupant massivement présent et armé, les mouvements organisés de Résistance ont rassemblé 2 à 3 % de la population française, et n'auraient pu survivre ni agir sans de multiples complicités populaires au-delà de leurs rangs. Sans en être officiellement membres, cent mille mineurs du Nord-Pas-de-Calais font grève en mai-juin 1941 pour priver d'énergie et de transports la machine de guerre allemande, tandis que les grèves patriotiques d'octobre 1942 en France partent d'un atelier SNCF à Oullins, près de Lyon.

Les actions de renseignement militaire et de sabotage sont très nombreuses aussi, tout comme la fabrication de faux papiers pour l'évasion et le sauvetage de prisonniers de guerre, de réfractaires au STO, d'Alsaciens et de Mosellans fuyant l'Alsace-Moselle annexée et de Juifs persécutés. Elle a peu à peu trouvé des lieux isolés où dissimuler des maquis qui ont préparé la libération de nombreuses petites villes.

Cette « armée des ombres » a rassemblé des hommes et des femmes de tous horizons, recrutés en fonction de leur capacité à intervenir au bon endroit et au bon moment, mais aussi à échapper aux repérages, filatures, arrestations et tortures, sans dévoiler d'informations à l'ennemi : RSHA (Office central de la sécurité du Reich dont fait partie la Gestapo), Abwehr, Wehrmacht et autorités françaises du régime de Vichy.

Le général de Gaulle, chef de la France libre réfugiée à Londres, tisse des liens avec la Résistance intérieure via les réseaux du BCRA ou d'envoyés tels que Jean Moulin, Pierre Brossolette, Jacques Bingen et Christian Pineau. La création du Conseil national de la Résistance par Jean Moulin, le 27 mai 1943, puis celle des Forces françaises de l'intérieur (FFI) par Jacques Bingen, le 1er février 1944, marquent les jalons essentiels d'un processus d'unification parfois difficile, sous l'égide de Londres puis du gouvernement provisoire d'Alger.

France libre et Résistance intérieure

Le 18 juin 1940, sur les ondes de la BBC, le général de Gaulle a appelé à la radio tous les Français qui avaient une quelconque compétence militaire à venir le rejoindre à Londres. Ceux qui ont répondu à son appel sont considérés comme membres de la « France libre » ou résistants de l'extérieur.

La résistance de l'intérieur concerne ceux qui sont restés en France, soit en zone occupée, soit en zone libre, et se sont organisés pour transmettre des renseignements militaires aux Alliés ou mener des actions contre les forces de l'Allemagne nazie et les structures du gouvernement de Vichy. Les initiatives isolées se structurent progressivement et le mot de « résistant » s'impose d'après le nom du bulletin du réseau du musée de l'Homme, Résistance, publié dès décembre 1940.

La France libre crée en métropole des réseaux de renseignements dès octobre 1940 et les premiers contacts avec les mouvements de résistance intérieure sont établis à compter d'octobre 1941. L'unification des deux résistances sous l'égide du général de Gaulle est opérée notamment par Jean Moulin en 1942-1943. C'est pour symboliser cette résistance commune de la « France captive » et de la « France libre » que cette dernière est renommée « France combattante » en juillet 1942.

Dès l'année 1941, on peut distinguer parmi les différents groupes de résistance balbutiants deux types d'organisation : les réseaux et les mouvements.

Selon Claude Bourdet, « un réseau, c'est une organisation créée en vue d'un travail militaire précis, essentiellement le renseignement, accessoirement le sabotage, fréquemment aussi, l'évasion de prisonniers de guerre et surtout de pilotes tombés chez l'ennemi… Un mouvement, au contraire, a pour premier objectif de sensibiliser et d'organiser la population de la manière la plus large possible… ».

Au début de l'Occupation, les réseaux et mouvements de résistance sont très isolés ; mais progressivement, la Résistance tend à s'unifier. Cependant, même si la construction de l'unité de la Résistance française peut être présentée dans un ensemble simple et linéaire, elle ne doit pas occulter certains aspects qui échappent à l'histoire de son unification :

Ainsi, les nombreux réseaux contrôlés par les Britanniques ou les Américains ne sont pas concernés par l'unification de la résistance tandis que ceux de la résistance communiste ne le sont que partiellement : le contact entre les envoyés de de Gaulle et les communistes ne s'établit qu'à la fin de 1942. De même, la libération de la Corse en septembre 1943, qui constitue un des plus grands faits d'armes de la Résistance, est surtout l'œuvre de FTP communistes qui ne sont pas encore intégrés à l'Armée secrète et de giraudistes, qui ne sont pas partie prenante dans l'unification politique de la Résistance.

De la résistance individuelle à la résistance unifiée

L'évolution de la Résistance est née du refus de la défaite et de l'occupation, ainsi que de la lutte contre le nazisme et le fascisme. Dans ses Mémoires, Daniel Cordier a écrit que le combat des résistants a été fondé sur « des valeurs incluant la vérité, le débat démocratique et la liberté d'opinion et d'expression, au même titre que la libération, l'honneur ou l'amour de la patrie ». Aussi, l'appel du général de Gaulle de juin 1940 a non seulement encouragé des individus à rejoindre la France libre, mais en a aussi lancé quelques-uns dans la résistance intérieure. La Résistance quitte alors la réaction purement individuelle pour s'organiser.

Les résistants se regroupent avec les noyaux initiaux et deviennent des mouvements dont l'action vise l'information pour réaliser un journal clandestin afin de contrecarrer la propagande du gouvernement de Vichy et celle des Nazis.

En zone nord de France, la présence des Nazis rend très périlleuse l'activité des mouvements nés très tôt : l'Organisation civile et militaire, la Libération Nord, les différentes organisations de Résistance et de Libération, le Front National pour l'indépendance de la France, la Défense de la France (et bien d'autres), même s'ils n'ont pas ou peu de lien entre eux.

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