La République italienne (en italien : Repubblica Italiana) est un État satellite de la Première République française établi en Italie du Nord entre 1802 et 1805. Sa capitale est Milan. Elle est créée le 26 janvier 1802 par les députés de la République cisalpine qui, réunis extraordinairement à la consulte de Lyon, proclament la transformation de celle-ci en République italienne, avec pour président Napoléon Bonaparte, Premier consul de la République française.
Après la proclamation (28 floréal an XII : 18 mai 1804) et le sacre de Napoléon Ier comme empereur des Français (2 décembre 1804) et son couronnement comme roi d'Italie (qui a eu lieu le 26 mai 1805 dans la cathédrale de Milan), la République italienne cesse d'exister et évolue en royaume d'Italie (1805 – 1814).
La République italienne succède à la République cisalpine, qui a modifié sa constitution pour permettre à Napoléon Bonaparte de devenir son président. La nouvelle constitution change le nom de l'État en « République italienne », il s'agit des mêmes régions qui ont constitué la République cisalpine, principalement de Lombardie et la Romagne.
La République a un territoire de plus de 42 500 km², et une population de 3 240 000 habitants répartis en 12 départements. Milan en est la capitale et le principal centre, avec 124 000 habitants en 1764. Le pays est prospère, malgré les pillages qu'il subit dans les siècles précédents. Son économie repose sur la culture des céréales et l'élevage. On note aussi l'essor des industries légères, notamment la production de la soie.
Le drapeau de la République italienne maintient les trois couleurs nationales italo-milanaises, mais avec une nouvelle disposition, moins révolutionnaire que le Tricolore. Le blason est précisé dans un décret du 13 mai 1802. Un traité d'alliance et de commerce avec la république de Saint-Marin est signé le 10 juin 1802, et le concordat avec le Saint-Siège le 16 septembre 1803.
Le gouvernement crée une Garde nationale, une gendarmerie nationale, et d'une police financière, le système métrique est introduit et une monnaie nationale est prévue, mais n'est jamais frappée au cours de la période républicaine.
En 1805, à la suite du sacre de Napoléon Ier comme empereur des Français, la République italienne est transformée en royaume d'Italie (1805-1814), avec Napoléon comme roi et son beau-fils Eugène de Beauharnais comme vice-roi.
Selon la Constitution italienne de 1802, la souveraineté réside dans trois collèges électoraux de deux à trois cents membres : le collège des propriétaires, le collège des chercheurs, et le collège des commerçants, le premier ayant son siège à Milan, le deuxième à Bologne, et le troisième à Brescia. Tous les collèges élisent une commission de gouvernement et de contrôle suprême, appelée la Censure, composée de vingt-et-un membres et basée à Crémone.
Le chef de l’État est le président de la République, Napoléon Bonaparte, élu pour 10 ans.
Le président a les pleins pouvoirs exécutifs, nomme le vice-président et le secrétaire d'État, prend l'initiative législative et diplomatique, choisi les ministres, les agents publics, les ambassadeurs et chefs de l'armée, convoque les conseils exécutifs, et prépare le budget. Le vice-président, Francesco Melzi d'Eril, agit pour le président pendant son absence. Il gère les affaires intérieures de l'État au cours des trois années de vie de la République. S'étant toujours refusé à se soumettre à Napoléon, Melzi est déchu après la proclamation de la monarchie, époque où on lui préfère des hommes plus contrôlables, mais son caractère lui assure le profond respect de Napoléon durant toutes les années de l'Empire français. Melzi a également introduit la conscription obligatoire en Italie.
La Consulta est une commission de huit membres dirigé par le président de la République et chargé de la politique étrangère. Les commissaires ont été nommés par la Censure, sur désignation par les trois collèges : de nombreux anciens membres du Directoire cisalpin sont dans le bureau. La Consulta ratifie les traités, approuve les décrets spéciaux concernant la sécurité d'État, et en cas de décès ou de démission du président, nomme son successeur. Le ministre des Affaires étrangères est choisi parmi les commissaires.
Le Conseil législatif est une commission d'au moins dix membres nommés par le président pour trois ans. Sa mission était de permettre au président de soumettre la législation, l'aider dans l'élaboration de lois et d'être présent quand elles sont discutés au parlement.
Le secrétaire d'État est le chef de l'administration publique. Il promulgue les lois, garde le sceau de l'État, et contresigne les actes présidentiels. Le premier secrétaire fut Diego Guicciardi, bientôt suivie par Pellegrino Nobili et, enfin, par Luigi Vaccari.
Napoléon Bonaparte, président de la République ;
Francesco Melzi d'Eril, vice-président.
Le gouvernement était composé de sept ministres.
Ministre des Relations extérieures
1802-1804 : Sisto Canzoli, titulaire du portefeuille ;