Ce Jour-là

République d'Abkhazie

République avec reconnaissance limitée du Caucase

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L’Abkhazie (en abkhaze : Аԥсны / Aṗsny ; en russe : Абхазия / Abkhazia), en forme longue la république d'Abkhazie (en abkhaze : Аԥсны Аҳәынҭқарра / Aṗsny Aħ˚yntkarra ; en russe : Республика Абхазия, Respoublika Abkhazia), est un État sécessionniste de Géorgie partiellement reconnu internationalement, qui a déclaré son indépendance à la suite de la chute de l'Union soviétique en 1992. Située entre les montagnes du Caucase et les rives de la mer Noire, elle s'étend sur 8 653 km2, et est peuplée de 243 958 habitants. Elle partage des frontières avec la Russie au Nord et la Géorgie au sud.

La république d'Abkhazie n’a, entre 1992 et 2025, été reconnue que par sept États : la Russie, le Nicaragua, le Vénézuéla, Nauru, les Tuvalu, le Vanuatu et la Syrie. Le Vanuatu, les Tuvalu et Nauru se sont toutefois rétractés par la suite. Pour l'Organisation des Nations unies, l’Abkhazie est un des territoires géorgiens occupés par la Russie, avec l'Ossétie du Sud, situés dans les frontières internationalement reconnues de la Géorgie, pour laquelle elle constitue la république autonome d'Abkhazie.

Les premières traces archéologiques d'un établissement humain dans le Caucase occidental remontent à environ 4 000 ans av. J.-C. Mais l'ancienneté de l'homme de Dmanissi voisin laisse à supposer que cette présence est certainement beaucoup plus ancienne.

Du IXe au VIe siècle av. J.-C., le territoire de l'Abkhazie moderne fait partie du royaume antique de Colchide.

En 63 av. J.-C., l'Abkhazie, qui, dans les sources classiques grecques et latines, est appelée Abasgie, fait partie du royaume d'Egrisie. Les commerçants grecs établissent des comptoirs le long du rivage de la mer Noire (alors appelée Pont-Euxin). Ils fondent la cité de Dioscurias, qui devient par la suite la ville moderne de Soukhoumi, capitale historique de l'Abkhazie.

L'Égrisie (ou Lazica) est conquise par l'Empire romain au Ier siècle, et reste romaine jusqu'au VIIe siècle. La présence romaine ne s'étend qu'aux villes portuaires. Un avant poste romain est installé à Dioscurias. Après le ive siècle, le royaume de Lazique retrouve une certaine indépendance, mais reste dans la sphère d’influence de l’Empire byzantin. Anacopia en devient la capitale. L'Etat lazique est majoritairement chrétien, avec le siège de l’archevêque à Pityus.

Vers le milieu du vie siècle, les Byzantins et la Perse sassanide voisine se battent pour la suprématie sur l’Abkhazie, un conflit connu sous le nom de guerre lazique. Pendant la guerre, les Abkhazes se révoltent contre l’Empire byzantin et demandent l’aide des Sassanides. La révolte est réprimée par le général Bessas.

Vers 778, le prince Léon II d'Abkhazie, avec l’aide des Khazars, déclare son indépendance de l’Empire byzantin et transfère sa résidence à Koutaïssi. Au cours de cette période, la langue géorgienne remplace le grec comme langue d’alphabétisation et de culture.

Au IXe siècle, l’Abasgie s'unit au royaume géorgien d'Iméréthie et prend le nom d’Abkhazie (Royaume d'Abkhazie). La faiblesse du roi Théodose III d'Abkhazie face aux nobles a achevé d'affaiblir le pays. L'eristavi (gouverneur) de Karthli, Ioané Marouchisdzé, s'allie alors avec la noblesse de l'Ibérie et de l'Abkhazie. Tous s'accordent sur le fait qu'il faut un nouveau roi puissant qui unifierait les deux pays. Le jeune Bagrat III, fils de Gourgen, roi titulaire d'Ibérie, et de Gourandoukht, fille du roi Georges II d'Abkhazie, héritier de la famille Bagration, est investi des attributs royaux en 978 apr. J.-C. Bagrat III de Géorgie, devenu roi d'Abkhazie, commence à ce moment à mettre de l'ordre dans les affaires abkhazes, calme les nobles et se place en monarque loyal et honnête. Il réunit en 1010 ap. J.-C. les différents royaumes géorgiens pour former le premier royaume de Géorgie.

Au XVIe siècle, le royaume géorgien se déchire entre les principales familles aristocratiques et est conquis par l'Empire ottoman sous lequel une partie des Abkhazes se convertit à l'Islam. Les Ottomans sont chassés par les Géorgiens, qui rétablissent la principauté autonome d'Abkhazie sous la dynastie des Sharvashidze, ou Charvachidzé selon la transcription française traditionnelle.

Aux XVIIIe et XIXe siècles, l'Empire russe conquiert le Caucase après une farouche résistance des populations musulmanes telles que les Balkars, les Karatchaïs ou les Tcherkesses. Chrétien, le prince d'Abkhazie fait appel aux Russes en 1810 pour libérer la région du joug turc, mais les Russes ne s'emparent graduellement de l'Abkhazie qu'entre 1829 et 1842, car de nombreux seigneurs musulmans leur résistent. Les Russes ne contrôlent vraiment la région qu'après 1864, lorsque la principauté abkhaze est absorbée par la Géorgie, déjà russe depuis 1810. Beaucoup d'Abkhazes turcisés après le XVIe siècle et donc musulmans (constituant 60 % de la population de la région selon les recensements de l'époque) émigrent vers l'Empire ottoman entre 1864 et 1878.

Les historiens abkhazes et turcs contemporains affirment que cet exil massif a laissé de nombreuses régions inhabitées et que ces dernières se sont ensuite peuplées d'Arméniens, de Géorgiens, de Pontiques venus d'Anatolie et de Russes. En revanche, pour les historiens géorgiens, grecs et européens, les Abkhazes actuels sont les descendants des Adyguéens et des Abazes descendus du versant nord du Caucase lors de la conquête russe, pour peupler l'Abkhazie où, depuis l'époque du royaume de Colchide, vivaient déjà des Géorgiens, principalement des Mingrèles et des Svanes. Quoi qu'il en soit, les Abkhazes sont minoritaires dans la région au début du XXe siècle et en 1990, ils ne composent que 17 % de la population abkhaze (contre 44 % de Géorgiens).

Sous l'Empire russe, l'Abkhazie fait partie du district géorgien de Koutaïs.

Après la révolution russe de 1917, l'Abkhazie fait partie de la république géorgienne proclamée en juin 1918 (et reconnue par les Alliés en janvier 1920), conquise par l'Armée rouge en janvier 1921. L’Abkhazie est devenue une république socialiste soviétique avec le statut de « république par traité » associée à la RSS de Géorgie. En 1922, un statut de république fédérée dans la nouvelle république socialiste fédérative soviétique de Transcaucasie est conféré. Lorsque la RSFS de Transcaucasie est divisée en trois, le pouvoir soviétique pratique en Abkhazie une politique pro-géorgienne : en 1931, Staline, lui-même Géorgien, fait de l'Abkhazie une république socialiste soviétique autonome subordonnée à la RSS de Géorgie, ferme les écoles abkhazes, fait écrire l'abkhaze en alphabet géorgien et impose l'utilisation du géorgien dans l'enseignement. Le dirigeant d’alors de l’Abkhazie, Nestor Lakoba, un ami de Staline, résistait à la collectivisation et protégeait certains autres dirigeants. Il suggéra Lavrenti Beria comme dirigeant de la Géorgie à un Staline lassé des clans et du népotisme qui avaient alors cours en Géorgie.

Beria, nommé secrétaire du Parti communiste géorgien, encouragea de nombreux Géorgiens et Russes à immigrer en Abkhazie. Les Abkhazes protestent contre cette « géorgisation » de l'Abkhazie lors de manifestations en 1932, 1957, 1964 et 1967 et 1978, qui sont autant d'échecs dont l'effet le plus immédiat est d'envoyer les participants et leurs familles en déportation.

Après la mort de Staline et de Beria, le pouvoir politique penche cette fois en faveur des Abkhazes : les écoles rouvrent, la langue s'écrit désormais en alphabet cyrillique (adapté), leurs propres radios et télévisions émettent en abkhaze et leur représentation ethnique dans l'appareil de la RSSA augmente. Cette évolution permet de raffermir la « conscience ethnique » abkhaze.

République socialiste soviétique abkhaze (1921-1931)

République socialiste soviétique autonome d'Abkhazie (1931-1992)

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