La République centrafricaine (en sango Ködörösêse tî Bêafrîka /kōdōrōsésè tí bé.àfríkà/), communément appelée la ou le Centrafrique, encore désignée de manière informelle par le sigle RCA, est un État d'Afrique centrale, dont la population est estimée à environ 6 100 000 habitants en 2023, pour une superficie d'environ 623 000 km2. Le pays est enclavé par le Tchad au Nord, le Soudan au Nord-est, le Soudan du Sud à l'Est, la république démocratique du Congo au Sud, la république du Congo au Sud-Ouest et le Cameroun à l'Ouest. Le pays est membre de l'Union africaine, de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) et de la Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD). Le pays vient de sortir fragilisé de plus de deux décennies de crises militaro-politiques. Il se classe au 188e rang sur 191 au classement des indices du capital humain et de développement humain (IDH) en 2022.
Le pays est partagé entre des savanes au nord et des forêts équatoriales au sud et connaît pour l'essentiel un climat tropical. La République centrafricaine dispose par ailleurs de nombreuses ressources naturelles, notamment l'uranium, l'or, les diamants, le bois, le pétrole, etc. mais qui ne sont toujours pas exploitées de façon optimale.
Le territoire de la République centrafricaine correspond à celui de la colonie française d'Oubangui-Chari, qui fait partie de l'Afrique-Équatoriale de 1910 à 1960. Après l'indépendance, le pays a eu à sa tête différents régimes autoritaires, notamment celui de Jean-Bedel Bokassa, président, puis empereur autoproclamé. La France, ancienne puissance coloniale, continue d'y jouer un rôle important. Les premières élections libres avec multipartisme ont lieu en 1993. Elles portent au pouvoir Ange-Félix Patassé, renversé en 2003 par François Bozizé. Celui-ci, réélu en 2005 et 2010, est à son tour renversé en 2013 par la Seleka, une alliance de milices dirigée par Michel Am-Nondokro Djotodia, pendant la deuxième guerre civile centrafricaine. En 2016, Faustin-Archange Touadéra est élu président de la République, puis réélu en 2020. Malgré plusieurs cessez-le-feu, une guerre civile se déroule depuis 2004 et le gouvernement central ne contrôle qu'une partie limitée du territoire national, fluctuant selon les offensives des différentes factions.
Ce pays est ainsi désigné pour sa position géographique au centre du continent.
Le Centrafrique est un pays enclavé, sans accès à la mer donc. L'essentiel de la frontière sud du pays suit le cours du fleuve Oubangui et de son affluent, le Mbomou. La partie nord du pays constitue le haut bassin du fleuve Chari. Le mont Ngaoui avec ses 1 420 m est le point culminant du pays. Le pays est partagé entre les savanes du nord et les forêts équatoriales du sud. La nation dispose par ailleurs de nombreuses ressources naturelles (dont minérales et ligneuses), notamment l'uranium, l'or et les diamants. Le pétrole et l'énergie hydroélectrique (chutes de Boali) sont d'autres ressources potentiellement importantes mais encore inexploitées à ce jour.
La République centrafricaine est reconnue pour sa biodiversité exceptionnelle, comprenant une faune et une flore variées réparties entre forêts tropicales, savanes et zones humides. Parmi ses zones emblématiques, la Réserve de Chinko abrite des éléphants, des lions, des primates et plus de 100 espèces d’oiseaux. Cette région est un refuge pour de nombreuses espèces en danger, malgré les menaces du braconnage et des conflits humains qui ont entraîné des déclins notables dans certaines populations animales.
Sur le plan de la flore, le pays présente une mosaïque de paysages allant des savanes boisées, riches en arbres comme les isoberlinias, aux forêts-galeries longeant les rivières. Ces écosystèmes jouent un rôle clé dans la régulation du climat et la préservation de la biodiversité. C'est pourquoi des initiatives locales et internationales, comme celles menées dans les réserves de Dzanga-Sangha et de Zemongo, cherchent à protéger ces habitats uniques et à promouvoir la conservation, en sensibilisant les communautés locales et en développant des stratégies de gestion durable.
Catastrophes naturelles et risques environnementaux
Le pays souffre d'inondations en raison du manque d'entretien des fleuves et des débits impressionnants qu'engendre la saison des pluies en Afrique centrale. La déforestation est, quant à elle, constatée dans les zones de brousse (où les paysans utilisent le bois pour leurs propres consommations), mais semble endiguée dans les zones forestières (similairement à la forêt du bassin du Congo). Les sources du ministère des forêts et du développement rural semblent prouver que depuis 30 ans, la forêt gagne sur la savane. De gros efforts d'aménagement et de protection des forêts sont en effet engagés durablement, avec pour objectif d'éviter l'érosion, de protéger la faune et de préserver cette richesse rare qu'est la grande forêt centrafricaine.
Le climat tropical domine l'essentiel du pays avec une saison humide de mai à octobre et une saison sèche de novembre à avril. Au Sud, à la frontière des deux Congo (république du Congo et république démocratique du Congo), le climat est de type équatorial, intertropical de Carnot à Berbérati à l'ouest, subsahélien vers Birao au Nord avec une saison sèche pouvant aller de 8 à 9 mois, et intertropical mais frais et orageux sur les reliefs
La République centrafricaine comporte deux grands bassins séparés. L'un s'écoule vers le nord (bassin du Tchad) avec des cours d'eau comme le Logone, l'Ouham et le Chari. L'autre bassin est formé des affluents de l'Oubangui qui coulent vers le bassin du Congo, au sud. Les bordures occidentale et orientale du plateau comportent les reliefs les plus importants. Le plateau est entouré au nord-ouest avec des gradins du massif granitique de Yadé s'étageant de 1 000 m à 1 400 m (à l'exception du mont Ngaoui : 1 410 m) ; au nord-ouest, trois petites chaînes quartziques, les ensembles Délembé-Sergobo, Ouanda Djallé-Mont Koumou et Kotto-Bahr formant les massifs du Dar Challa et des Bongo, culminent au mont Toussoro avec 1 330 mètres.
La moyenne annuelle des températures avoisine 26 °C. À Bangui, les maxima sont de l'ordre de 38 °C et les minima de 15 °C. Le pluviomètre indique en moyenne : pour la saison pluvieuse 226 mm (juillet), et pour la saison sèche 5 mm (décembre).
La RCA est véritablement au cœur de l'Afrique entourée de six pays, riche de ressources naturelles mais aussi avec tout ce qu'une telle position implique quant à l'équilibre politique et social précaire de la région environnante ; la République centrafricaine est entourée de pays dont les tensions se répercutent sur son territoire. La période s'étalant de 1990 jusqu'à 2010 a vu de nombreux conflits périphériques pénétrer le pays puis entre 2010 et 2016 s'est vu installer un conflit dont la forme visible est la déchirure chrétienne-musulmane au point où les musulmans se sont majoritairement réfugiés au nord du pays. Il y a aussi l'Armée de résistance du Seigneur, un mouvement originaire d'Ouganda que l'on dit toujours être présent dans le sud-est du pays, proche du Soudan du Sud. Enfin, le pays servirait parfois de base arrière à des braconniers.
Des pierres taillées datant au moins du IXe millénaire avant notre ère ont été retrouvées au cours de fouilles effectuées en République centrafricaine. Toutefois, l’absence de restes humains associés empêche l’attribution de ces outils à une population précise (pygmées ou autre peuple autochtone). Par la suite, la transition du paléolithique vers le néolithique dans la région fut un processus graduel sans rupture culturelle brutale.
Populations adamawa-oubanguiennes et bantoues
À partir du IIIe millénaire avant notre ère, l’établissement et l’expansion vigoureuse sur le sol centrafricain des populations parlant les langues du groupe Adamaoua-Oubangui s’opposent à l’expansion bantoue qui trouve alors un exutoire vers le Sud et l’Est du continent. Le noyau géographique originel des populations de langues Adamaoua-Oubangui serait tout proche car situé dans le massif de l'Adamaoua aux confins des actuels Cameroun, Nigeria, Tchad et République centrafricaine. De l’autre côté des contreforts occidentaux de l'Adamaoua (qui culmine à 3 400 m au Tchabal Mbabo dans les monts Gotel) était situé, sur la rivière Cross, le noyau originel des populations bantoues. Les deux groupes de populations vont connaître, au IIIe millénaire, une expansion simultanée à la suite de la domestication de l’igname et du palmier à huile.