Sous la Restauration, une deuxième réorganisation de l'armée a lieu en 1815 (la première a eu lieu en 1814), par la création des légions départementales.
Les légions départementales étaient des unités d'infanterie de l'armée française aux effectifs équivalents à ceux d'un régiment.
Établies par une ordonnance du Roi datée du 11 août 1815, leur mise sur pied s'inscrit dans le cadre d'une réorganisation de l'armée visant à rompre avec l'héritage politico-militaire du Premier Empire.
Licenciement de l'armée napoléonienne
L'armée s'étant massivement ralliée à Napoléon lors de son retour de l'île d Elbe, Louis XVIII doit reprendre la route de l'étranger. Juste avant de quitter le territoire français, il publie, le 23 mars 1815, à Lille, une ordonnance licenciant l'armée. Quelques fidèles le suivent à Gand.
Le 18 juin 1815, la défaite de Waterloo met fin à la dernière aventure napoléonienne et le 22 juin, l'Empereur abdique une seconde fois.
Le 8 juillet Louis XVIII est de retour à Paris. Le roi ne pardonne pas à l'armée l'entrain avec lequel les régiments avaient abandonné la cocarde blanche pour reprendre la cocarde tricolore et obéir à l'Empereur. Il maintient son ordonnance du 23 mars qui licenciait toutes les troupes et veut réorganiser l'armée sur de nouvelles bases qui brisent tous les souvenirs de l'Empire.
Ainsi, le 14 juillet, après la soumission au gouvernement royal du maréchal Davout, commandant des forces armées repliée derrière la Loire, le roi dissout et licencie l'armée Impériale par une nouvelle ordonnance royale en date du 16 juillet 1815 : « Considérons qu'il est urgent d'organiser une nouvelle armée attendu que d'après notre ordonnance du 23 mars celle qui existait se trouve licenciée.... ».
Le 15 juillet, tous les bataillons de garde nationale sont renvoyés dans leurs foyers, les régiments de tirailleurs fédérés supprimés, les bataillons de militaires retraités sont licenciés et la levée de la conscription de 1815 est suspendue : les conscrits déjà incorporés sont renvoyés dans leurs foyers.
Une ordonnance du 16 juillet maintient le licenciement de tous les régiments de la garde, de la ligne et légers, des bataillons des colonies, des bataillons coloniaux, du bataillon de l'île d'Elbe, des bataillons de chasseurs des Alpes et des Pyrénées et des régiments de la marine.
Seuls restent sur pied les compagnies de vétérans, les bataillons de chasseurs corses et les régiments étrangers, à l'exception du régiment polonais qui doit passer au service de la Russie. Tous les régiments à licencier qui se trouvaient dans les villes du Nord et de l'Est sont dirigés vers la rive gauche de la Loire.
Création des légions départementales
Par ordonnance du 11 août 1815, Louis XVIII crée les légions départementales.
L'ordonnance du 11 août 1815 forma l'infanterie en 87 légions, ayant chacune 2 bataillons d'infanterie de ligne, 1 bataillon de chasseurs à pied, de trois cadres de compagnies formant le dépôt, une compagnie d'éclaireurs à cheval et une compagnie d'artillerie.
Chaque légion prit le nom du département, dans laquelle elle avait été organisée, et un numéro. Chacune d'elles se composait d'hommes nés dans ce même département, à l'exception des officiers. Les légions prirent entre elle le rang des départements où elles avaient été formées. Le numéro d'ordre du département était aussi celui des légions.
Cette institution qui n'eut qu'une très courte durée, ne fut pas entièrement complétée. Toutefois, elle reçut une dernière modification, conformément à l'ordonnance du 17 février 1819, par l'adjonction de huit nouvelles légions, créées le 17 février de cette même année. C'est ainsi que :
8 départements eurent 2 légions à 3 bataillons
3 départements eurent 1 légion à 4 bataillons