Rémi Ochlik est un photographe de guerre français né le 16 octobre 1983 à Thionville et mort le 22 février 2012 à Homs en Syrie.
Il meurt à la suite d’un bombardement du régime syrien sur le centre de presse où il se trouvait, qui a également tué la journaliste Marie Colvin et blessé son collègue photographe, Paul Conroy.
Rémi Ochlik passe sa jeunesse à Florange en Moselle. Enfant il veut devenir archéologue. Il se passionne très tôt pour la photo avec son père et à seize ans, il fait ses premières photographies à l’aide d’un appareil confié par son grand-père. Il effectue sa scolarité à l’école Marcel-Pagnol de Serémange-Erzange, puis au lycée privé Saint Pierre Chanel de Thionville de 1996 à 2001.
« Comme tout le monde, j’ai commencé par photographier mes copains, mes copines. Je faisais mon labo, développements et tirages… C’était encore l’époque de l’argentique. Mes parents voulaient absolument que je fasse une école. Je suis donc parti à Paris. »
Diplômé de l’école parisienne Icart-Photo, Rémi Ochlik est engagé par Slavie Jovicevic, directrice de l’agence Wostok Press en 2003. Il couvre à Haïti en 2004, le coup d’État qui contraint le président Jean-Bertrand Aristide à quitter le pays. Ce premier reportage lui vaut le Prix jeune reporter décerné par l’association François Chalais et que son travail soit projeté en septembre 2004 au festival Visa pour l'image de Perpignan.
Cofondateur de l’agence IP3 Press avec Christophe Bertolin et Grégory Boissy, il couvre alors la guerre en République démocratique du Congo en 2008, l’épidémie de choléra à Haïti en 2010 ou encore l’élection présidentielle de 2011 dans ce même pays.
Ses photos ont été publiées par Le Monde Magazine, VSD, Paris Match, Time Magazine et The Wall Street Journal.
Rémi Ochlik se trouvait aux côtés du photographe Lucas Dolega lorsque ce dernier a été tué par la police en janvier 2011 à Tunis.
Le 12 février 2012, sa série de douze images intitulée « Bataille pour la Libye », est récompensée par le premier prix du World Press Photo dans la catégorie « Informations générales ». Il devait recevoir son prix à Amsterdam le 20 avril 2012.
Le printemps syrien : ultime reportage
Après avoir couvert la révolte tunisienne, égyptienne et libyenne de 2011, Rémi Ochlik entre clandestinement en Syrie et est tué le 22 février 2012, à l’âge de 28 ans, dans le bombardement par les forces armées syriennes d’une maison transformée en centre de presse dans le quartier rebelle de Baba Amr où Ochlik se trouvait avec la journaliste américaine Marie Colvin, 56 ans, du Sunday Times, morte avec lui.
Deux autres journalistes, Édith Bouvier du Figaro et Radio France internationale et Paul Conroy, photojournaliste britannique indépendant, ont été blessés au cours de la même attaque ainsi que Wael al-Omar, le traducteur de Marie Colvin. William Daniels, photographe pour le Figaro Magazine et Time, n’a pas été blessé, mais a tenu à rester avec Édith Bouvier jusqu’à son évacuation.
Selon l’ONG Reporters sans frontières, « le bâtiment aurait été visé de manière intentionnelle, étant de notoriété publique qu'il accueillait régulièrement des journalistes ».
Devant l’impossibilité d’acheminer en Europe les dépouilles en cours de décomposition des deux journalistes en raison des combats qui se poursuivent à Baba Amr, Rémi Ochlik et Marie Colvin sont enterrés provisoirement dans un cimetière de la ville le 27 février 2012 par la résistance syrienne. Les autorités syriennes annoncent avoir retrouvé leurs corps à Baba Amr, le quartier où ils ont été tués et qui a été repris par l’armée arabe syrienne.
Le parquet de Paris ouvere une enquête préliminaire pour « meurtre » afin de recueillir des données permettant d’identifier formellement le corps de Rémi Ochlik et de rapatrier sa dépouille en France.
Dans un communiqué du ministère syrien des Affaires Étrangères, « la Syrie présente ses condoléances aux familles des victimes et espère que les citoyens étrangers s’abstiendront d’entrer illégalement sur le territoire syrien et d’aller dans les régions où se trouvent des terroristes armés. »
Le corps de Rémi Ochlik est rapatrié en France le 4 mars 2012. Ses obsèques sont célébrées le 7 mars en région parisienne, suivies d’une cérémonie d’hommage organisée au musée du quai Branly avec notamment la présence du ministre de la Culture Frédéric Mitterrand.
Émilie Blachère, journaliste et compagne de Rémi Ochlik a enquêté et recueilli des témoignages et preuves qui lui permettent d'affirmer que le régime syrien a ordonné cette frappe et récompensé les responsables.