Régis Clère, né le 15 août 1956 à Langres et mort le 9 juin 2012 à Dijon, est un coureur cycliste français. Professionnel de 1981 à 1992, Il prend part à des compétitions sur piste et sur route. Champion de France sur piste en 1981 et sur route en 1982, il gagne également quatre étapes du Tour de France (dont un contre-la-montre par équipes) et deux du Tour d'Espagne au cours de sa carrière. Par ailleurs, il porte le maillot amarillo de leader de cette course pendant neuf jours en 1981. Durant son passage chez les professionnels il est l'un des coéquipiers de Joop Zoetemelk, Bernard Vallet et Mariano Martinez entre autres.
Débuts cyclistes et carrière chez les amateurs
Fils de paysans, il se passionne assez tôt pour le cyclisme. Il espère ainsi échapper à sa condition. Dès ses jeunes années, il se fait remarquer par son caractère offensif et dur au mal.
C'est en 1978 qu'il commence à se faire connaitre des amateurs de cyclisme lorsqu'il se classe troisième du Tour de la Haute-Marne.
En 1979, il remporte la course en ligne des Jeux Méditerranéens. La même année, il s'adjuge le chrono du Tour de l'Avenir et devance à cette occasion la star du cyclisme soviétique Sergueï Soukhoroutchenkov d'une seconde. Il est également vainqueur d'une étape de la Route de France et second du classement général de cette course.
La saison suivante, il gagne de nouveau l'étape contre-la-montre du Tour de l'Avenir devant Youri Barinov, une autre icône de l'école soviétique, et confirme son talent dans cet exercice en obtenant quelques belles places d'honneur lors d'épreuves chronométrées. Il est ainsi troisième du Grand Prix de France et quatrième du Grand Prix des nations. Il décroche aussi la médaille de bronze lors des championnats de France de cyclisme sur route amateurs, participe à la Course de la Paix ainsi qu'aux Jeux olympiques de Moscou où il termine quarante-troisième de la course en ligne et fait équipe avec Marc Madiot. Séduits par ses bonnes performances et son profil, les dirigeants de la prestigieuse équipe Miko-Mercier-Vivagel lui offrent un contrat chez les professionnels en fin d'année.
1981-1983 : un début de carrière étincelant chez les professionnels
En 1981, pour ses premiers pas chez les professionnels, le néophyte de la formation Miko-Mercier-Vivagel se classe deuxième de l'Étoile de Bessèges, huitième du Grand Prix d'Aix-en-Provence et neuvième du Tour du Haut-Var en février avant de remporter la Flèche Azuréenne, son premier succès professionnel, en mars. Quelques semaines plus tard, il est troisième du Critérium international derrière Bernard Hinault et Jacques Bossis puis dixième de Paris-Nice. Toujours au premier semestre, il dispute le Tour d'Espagne et porte le maillot jaune de leader pendant neuf jours. Il s'adjuge également deux étapes : le prologue et la quinzième étape b puis termine finalement neuvième de son premier grand tour. Durant l'été il découvre les routes du Tour de France. À l'issue des trois semaines de course il est cinquante-et-unième du classement général après avoir pris la deuxième place de la onzième étape derrière le Belge René Martens mais devant Gilbert Duclos-Lassalle. En fin de saison il est second du Grand Prix de Fourmies et quinzième du Grand Prix des Nations. Sur la piste il décroche le titre de champion de France de la course aux points et la médaille d'argent en poursuite individuelle.
Au premier semestre 1982 il monte sur la dernière marche du podium du Tour d'Armorique et du critérium Châteauroux-Limoges puis devient champion de France sur route à Bailleul devant Bernard Vallet et Jacques Michaud. Durant l'été il participe pour la deuxième fois au Tour de France. Remarqué pour son tempérament offensif pendant l'épreuve il est déclaré vainqueur du Prix de la combativité de cette course. Après la Grande boucle il se classe troisième du Bol d'or des Monédières et second du Grand Prix de Plouay. Vétu du maillot tricolore de l'équipe de France il prend part en septembre aux championnats du monde de cyclisme sur route qu'il boucle en vingtième position. Au cours des derniers mois de l'année il s'offre le prologue de l'Étoile des Espoirs puis retrouve l'équipe de France avec laquelle il termine sixième du championnat d'Europe de course à l'américaine. Toujours sur la piste, il est médaillé de bronze de la course aux points des championnats de France de cyclisme.
En mars 1983 il commence sa saison par une douzième place sur Paris-Nice et une quatrième au Critérium international. Toujours au printemps il se classe neuvième du Tour de Midi-Pyrénées, huitième des Quatre Jours de Dunkerque et second du Trophée des grimpeurs à Chanteloup-les-Vignes. Il participe aussi aux Classiques ardennaises Liège-Bastogne-Liège (où il tente de s'imposer en s'échappant à quarante kilomètres de l'arrivée) et Amstel Gold Race. Lors du Tour de France, il remporte la deuxième (contre-la-montre par équipes) ainsi que la onzième étape courue entre Bagnères-de-Luchon et Fleurance. Durant la deuxième partie de la saison il est huitième du Grand Prix de Plouay et de l'Étoile des Espoirs, il fait aussi partie des coureurs sélectionnés pour participer aux championnats du monde de cyclisme sur route. Engagé au Grand Prix de Fourmies en septembre, il boucle l'épreuve nordiste en neuvième position. Associé au Danois Kim Andersen il est également septième du Trophée Baracchi une épreuve italienne contre-la-montre disputée par équipes de deux coureurs.
1984-1986 : trois années en demi-teinte, passage chez Peugeot et Miko-Carlos
Membre de la formation Coop-Hoonved-Rossin (nouveau nom de l'équipe cycliste Mercier) il ne remporte aucune victoire d'envergure mais accumule de nombreuses places d'honneur au cours de l'année 1984. Il monte ainsi sur la troisième marche du podium au Circuit de la Sarthe derrière son coéquipier Claude Moreau et le coursier belge Yvan Lamote au mois d'avril avant d'occuper la même position lors des critériums de Joigny et Lanester où il est cette fois devancé par l'ancien vainqueur de Milan-San Remo Marc Gomez et Marc Madiot. Au cours des mois de mai et juin il termine septième du Tour de l'Oise (qui deviendra plus tard le Tour de Picardie) et du Grand Prix de Plumelec. Il doit abandonner le Tour de France à moins de cinq étapes de l'arrivée mais renoue avec les accessits dès le Grand Prix de Plouay où il s'adjuge la dixième place. Sur la piste, il se classe troisième du championnat de France de poursuite et cinquième des Six jours de Grenoble où il fait équipe avec le spécialiste belge Constant "Stan" Tourné.
À la suite de la disparition de son équipe, Régis Clère change d'employeur et signe un contrat avec la prestigieuse formation française Peugeot-Shell-Michelin en 1985. Sous ses nouvelles couleurs il obtient une dixième place au Grand Prix d'Antibes en février puis se classe trente-cinquième de Paris-Roubaix moins de deux mois plus tard. Contrairement aux années précédentes il ne participe pas au Tour de France mais retourne dans la péninsule ibérique pour courir le second Tour d'Espagne de sa carrière. Il entame correctement l'épreuve et pointe à la treizième place du classement général à l'issue du prologue mais doit rapidement abandonner. Au deuxième semestre il est septième de la dix-huitième édition du Tour du Limousin que remporte le coureur normand Thierry Marie et de Créteil-Chaville (l'actuelle classique Paris-Tours). Il termine également douzième de Paris-Bruxelles en septembre. Sur la piste il décroche une nouvelle médaille d'argent lors du championnat de France de poursuite et se classe douzième des Six Jours de Paris au mois de novembre.
C'est avec la tunique de la nouvelle équipe Miko-Carlos que vient de créer Jean-François Chaurin qu'il court en 1986. Il rejoint à cette occasion plusieurs de ses compatriotes comme Vincent Lavenu (futur manager d'AG2R La Mondiale), Laurent Biondi et Franck Pineau. Il obtient quelques accessits au premier trimestre et se classe par exemple septième du Grand Prix de Fayt-le-Franc en Wallonie puis troisième du Grand Prix de Mauléon-Moulins, un critérium organisé dans les Pays de la Loire. Au mois d'avril, il termine seizième de la classique belge Liège-Bastogne-Liège à un peu plus d'une minute du vainqueur l'Italien Moreno Argentin. Il signe une quinzième place aux Quatre Jours de Dunkerque. Pour la deuxième année consécutive, il ne participe pas au Tour de France, Miko-Carlos n'étant pas retenue par les organisateurs. Ce choix de la direction du Tour mécontente les sponsors de l'équipe qui cessent alors de financer la formation française, laquelle disparait en fin d'année. Le coureur de la Haute-Marne se tourne donc vers l'étranger pour poursuivre sa carrière professionnelle et signe un contrat avec les Espagnols de la formation Teka.