Régis Blachère, né à Montrouge le 30 juin 1900 et mort à Paris le 7 août 1973, est un orientaliste, islamologue et arabisant français.
La famille de Régis Blachère déménage au Maroc en 1915, où il commence l'étude de l'arabe. Il achève ses études secondaires au lycée de Casablanca. Encouragé par Henri Massé, il entreprend des études d'arabe et d'islamologie à l'Institut des Hautes Études Marocaines et travaille au collège musulman de Rabat.
Il poursuit et termine ses études supérieures de langue et de littérature arabe à la faculté des Lettres de l'université d'Alger, où il a notamment comme professeur William Marçais. Il obtient sa licence en langue arabe en 1922, puis son agrégation d'arabe en juillet 1924.
Il revient à Rabat, où il enseigne au collège musulman jusqu'en 1929, puis à l'Institut des hautes études marocaines jusqu'en 1935.
Cette même année, suite au départ en retraite du professeur d'arabe Maurice Gaudefroy-Demombynes de l'École des langues orientales, Régis Blachère retourne en métropole pour y prendre sa place. En mars 1936, il soutient sa thèse de doctorat à la Sorbonne (sur Al-Mutanabbi). Il enseigne à la Sorbonne de 1950 à sa retraite en 1970, occupant la chaire de « philologie et littérature arabe du Moyen Âge ».
Il fut aussi directeur d'études à l'École pratique des hautes études (1950-1968), directeur de l'Institut d'études islamiques de l'université de Paris (1956-1965), directeur du Centre de lexicographie arabe, associé au CNRS (1962-1971) et membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, élu le 2 juin 1972.
Secrétaire de la fédération SFIO du Maroc en 1934, Régis Blachère est d'abord hostile au nationalisme arabe. Reconnaissant ensuite la fin du régime colonialiste dans le monde, il manifesta son soutien aux mouvements de libération et à la cause nationale arabe.
Il s'intéressa aux œuvres de Saïd al-Andalusî, Saïd al-Baghdadi (~950 - ~1026), Al-Qastalli, Al-Walīd II, Al-Mutanabbi, Ibn Zamrak, Aboû Nouwâs, Bachchâr ben Bourd, Ibn al-Qârih, Ibn Khaldoun et d'autres poètes arabes du Moyen-Âge.
On lui doit une Grammaire de l'arabe classique (1937) ainsi qu'une traduction critique du Coran (1947) avec un essai de reclassement des sourates dans l'ordre chronologique de leur révélation.
Il se pencha ensuite sur l'histoire de la littérature arabe et entreprit la mise en chantier d'un dictionnaire arabe-français-anglais.
Analecta, Institut français de Damas, Damas, 1975.
Le Coran, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », no 1245), 2002 (ISBN 2-130-52760-4)
Dans les pas de Mahomet, Hachette, Paris, 1956.
Dictionnaire arabe-français-anglais (Langue classique et moderne), G.-P. Maisonneuve, 1960.
Dictionnaire arabe-français-anglais Arabic/French/English Dictionary - Langue classique et moderne, Maisonneuve et Larose, Paris, 1967.
Éléments de l'arabe classique, Quatrième édition revue et corrigée, G.-P. Maisonneuve, 1958.
Exercices d'arabe classique, Adrien Maisonneuve, Paris, 1970 (ISBN 2-7200-1017-0)
Extraits des principaux géographes arabes du Moyen Âge.