Régine Cavagnoud, née le 27 juin 1970 à Thônes, en Haute-Savoie, et morte le 31 octobre 2001 à Innsbruck, en Autriche, est une skieuse alpine française.
Elle fait ses débuts en Coupe du monde en décembre 1990 et remporte sa première épreuve en janvier 1999 dans la descente de Cortina d'Ampezzo. Au cours de sa carrière, elle est sacrée championne du monde de super-G lors des mondiaux de Sankt Anton am Arlberg en 2001.
Régine Cavagnoud a pris 199 départs en Coupe du monde. Elle compte huit victoires, pour un total de vingt-trois podiums. Elle se classe à deux reprises à la troisième place du classement général de la Coupe du monde, en 2000 et 2001, et remporte le globe de cristal du super-G cette dernière année. Elle compte également cinq titres de championne de France.
Deux jours après avoir pris la troisième place du slalom géant d'ouverture de la saison 2001-2002 à Sölden, en Autriche, Régine Cavagnoud heurte un entraîneur allemand alors qu'elle effectue une descente d'entraînement sur le glacier du Pitztal, le 29 octobre 2001. Transportée à l'hôpital universitaire d'Innsbruck, elle y meurt deux jours plus tard, victime de lésions cérébrales irréversibles.
Régine Cavagnoud naît le 27 juin 1970 à Thônes, dans le département de la Haute-Savoie. Elle grandit à La Clusaz avec son père François, qui exerce la profession de menuisier, sa mère Simone et sa grande sœur Valérie. Elle commence le ski à l'âge de trois ans et dispute sa première compétition, qu'elle remporte, deux ans plus tard dans sa station. Elle intègre le Club des Sports de La Clusaz où elle est entraînée par son cousin Gaston Cavagnoud. Régine Cavagnoud intègre l'équipe de France espoirs à l'âge de 15 ans pour la saison 1985-1986, où son entraîneur la suit. Les blessures ne l'épargnent pas : la saison suivante, elle est victime d'une rupture des ligaments croisés du genou gauche, en 1988 elle se fracture l'épaule droite, enfin en 1989 elle souffre d'une rupture des ligaments croisés du genou droit. Lors des championnats du monde juniors de ski alpin de 1987, elle se classe 6e du slalom géant disputé à Sälen en Suède, puis 7e de la descente d'Hemsedal en Norvège.
Débuts en Coupe du monde et première participation aux Jeux olympiques (1990-1992)
Régine Cavagnoud fait ses débuts en Coupe du monde le 22 décembre 1990 dans la combiné de Morzine, duquel elle se classe 10e, ce qui lui permet de marquer ses premiers points. Le mois suivant, elle dispute ses premiers championnats du monde à Saalbach-Hinterglemm, en Autriche. Elle y est engagée sur deux épreuves : le super-G dont elle se classe 12e, puis le combiné dont elle prend la 10e place. Elle obtient ensuite des résultats encourageants en prenant les 6e et 7e place des deux descentes de Coupe du monde organisées à Vail, dans le Colorado. Alors qu'elle n'a pris part qu'à trois courses, Régine Cavagnoud se classe 50e du classement général de la Coupe du monde pour sa première saison, et 19e du classement spécifique de la descente.
Lors de la saison 1991-1992, Régine Cavagnoud participe plus régulièrement aux épreuves de Coupe du monde, mais n'obtient pas mieux qu'une 15e place dans la descente de Schruns avant de prendre part à ses premiers Jeux olympiques, organisés à Albertville. Elle y obtient son meilleur résultat dans la discipline du combiné avec une dixième place. Elle termine également 17e en descente et 26e en super-G. Moins d'un mois après les Jeux, elle se classe 10e de la descente de Vail, ce qui constitue son meilleur résultat de la saison en Coupe du monde, dont elle prend la 51e place du classement général.
Premiers podiums et période difficile (1993-1998)
Alors qu'elle se classe systématiquement au-delà de la 15e place lors de la première partie de la saison 1992-1993, Régine Cavagnoud montre une progression dans ses résultats dès le début de l'année 1993 : 9e et 7e des deux descentes organisées à Cortina d'Ampezzo, elle se classe également 10e du super-G disputé dans la station italienne. Engagée aux championnats du monde de Morioka, elle prend la 11e place de la descente et la 15e du super-G. Régine Cavagnoud obtient ensuite ses deux premiers podiums en Coupe du monde, lors de l'étape suisse dans la station de Veysonnaz. D'abord 4e lors de la première descente, elle se classe 2e le lendemain toujours en descente, puis 3e le surlendemain en super-G, une course remportée par sa compatriote Carole Merle. Elle s'affirme alors comme l'une des meilleures descendeuses du circuit, achevant la saison au 8e rang du classement spécifique de la discipline, au 10e rang en super-G et au 13e rang du classement général de la Coupe du monde.
La saison 1993-1994 est plus difficile pour Régine Cavagnoud : elle connaît des douleurs dorsales qui l'obligent à s'entraîner avec une minerve. Elle se classe néanmoins 9e et 7e de la descente et du super-G de Cortina d'Ampezzo et 7e du super-G de Sierra Nevada. Elle participe aux Jeux olympiques de Lillehammer où elle termine 11e du super-G, 18e du slalom géant et seulement 26e de la descente.
Régine Cavagnoud peine à retrouver son meilleur niveau : elle ne se classe qu'à trois reprises parmi les dix premières d'une épreuve de Coupe du monde lors de la saison 1994-1995, son meilleur résultat étant une 7e place dans le super-G de Lake Louise. Elle remporte toutefois son premier titre de championne de France de descente. L'année suivante, elle n'obtient qu'un top 10 lors de l'avant dernière descente de la saison en finissant 8e à Narvik. Quelques jours auparavant, à l'occasion des mondiaux de Sierra Nevada, elle ne s'était classée que 25e du super-G et 26e de la descente. En fin de saison, Régine Cavagnoud remporte deux nouveaux titres de championne de France, l'un en slalom géant, l'autre en super-G. La saison 1996-1997 est de meilleure facture : elle obtient son meilleur résultat dans la descente de Cortina d'Ampezzo avec une 7e place, entre à quinze reprises dans les points mais ne compte que quatre top 10. Lors des mondiaux de Sestrières, elle se classe 21e du super-G et 26e de la descente, puis obtient son deuxième titre de championne de France de la descente.
Lors de la saison 1997-1998, Régine Cavagnoud montre des signes de progression : elle se classe à cinq reprises dans le top 10 en Coupe du monde, dont une 5e place à Val-d'Isère derrière sa compatriote Mélanie Suchet et devant une autre Française, Carole Montillet. Ces résultats lui permettent de terminer la saison dans les dix meilleures descendeuses de la Coupe du monde (9e), une performance qu'elle n'avait pas réalisée depuis 1993. Régine Cavagnoud participe à Nagano à ses troisièmes Jeux olympiques. D'abord 11e du super-G, elle prend part à la bonne performance des skieuses françaises lors de la descente : elle se classe 7e, tandis que Florence Masnada obtient la médaille de bronze et Mélanie Suchet la 4e place.
Premiers succès et nouvelle blessure (1998-1999)
Régine Cavagnoud obtient ses premiers succès lors de la saison 1998-1999. Dès le début de la saison, elle fait preuve de régularité aux alentours de la dixième place : 9e puis 12e en slalom géant, à Sölden et Park City, 8e puis 9e lors des deux descentes de Lake Louise, 11e puis 9e en super-G, à Lake Louise et Mammoth Mountain. Le 10 décembre, elle monte sur le podium du super-G de Val-d'Isère, son premier podium depuis plus de cinq ans. Elle confirme sa forme ascendante lors de l'étape de Coupe du monde de Veysonnaz, en Suisse. Cinquième de la première descente, elle prend la 2e place le lendemain, derrière l'Autrichienne Alexandra Meissnitzer. Décevante à Semmering, puis Maribor, où elle n'obtient au mieux qu'une 19e place, elle se classe ensuite 4e du super-G de Sankt Anton am Arlberg.
Régine Cavagnoud réussit la meilleure semaine de sa carrière sur les pistes de Cortina d'Ampezzo : elle y remporte deux victoires, une 3e et une 4e places en seulement quatre jours. Dans la première course de la semaine, elle s'impose en descente devant l'Italienne Isolde Kostner, qui avait remporté cette descente les trois saisons précédentes. Ce premier succès en Coupe du monde dans la carrière de Régine Cavagnoud est aussi le premier d'une française en descente depuis Caroline Attia en 1982. Elle déclare à l'issue de la course : « Pour la première fois depuis longtemps j'ai réussi à mettre en pratique durant toute une course ce que je parviens à faire lors des entraînements. J'en ai ressenti un plaisir de skier unique et surtout un déclic qui m'a libérée. » Troisième du premier super-G, elle remporte le second le lendemain, avec un écart de plus d'une seconde sur sa plus proche poursuivante. Elle conclut sa bonne prestation en prenant la 4e place du slalom géant, son meilleur résultat jusqu'alors dans cette discipline, et reconnaît que la fatigue due aux quatre jours de courses consécutifs lui a probablement coûté un meilleur résultat : « Je me suis fait chahuter sur les mouvements de terrain. J'ai manqué de tonus, alors, après m'être fait éjecter deux fois, je me suis un peu crispée. Quatre épreuves de suite, c'est beaucoup. On a l'impression de disputer toute la saison dans la même station. » Les résultats de Régine Cavagnoud à Cortina d'Ampezzo en font l'une des favorites pour les championnats du monde de Vail, disputés une dizaine de jours plus tard. Elle doit toutefois déclarer forfait pour la compétition : elle se blesse au genou droit en chutant lourdement lors du premier entraînement de la descente et souffre d'une déchirure ligamentaire. Elle ne peut dès lors disputer les dernières épreuves de Coupe du monde de la saison, mais se classe néanmoins 7e du classement général, ce qui constitue alors le meilleur résultat de sa carrière, ainsi que 4e du classement spécifique du super-G et 8e du classement spécifique de la descente.