Régine, de son vrai nom Régina Zylberberg, est une chanteuse, actrice et femme d'affaires franco-belge née le 26 décembre 1929 à Etterbeek (Belgique) et morte le 1er mai 2022 dans le 17e arrondissement de Paris.
Surnommée la « Reine de la nuit » pour les nombreuses discothèques qu'elle a animées, elle ouvre sa première boîte de nuit dénommée Chez Régine à Paris, à Saint-Germain-des-Prés, puis s'installe à Montparnasse au New Jimmy's. Elle ouvrira des discothèques qui porteront son nom dans le monde entier. Elle a connu de nombreux succès dans la chanson avec Les P'tits Papiers, La grande Zoa, Patchouli-chinchilla ou Azzurro.
Régina Zylberberg naît le 26 décembre 1929 en Belgique à Etterbeek, l'une des dix-neuf communes de la région de Bruxelles-Capitale. Ses parents, qui ont vécu huit ans en Argentine[réf. souhaitée], sont des juifs ashkénazes polonais. Son frère cadet, Maurice Zylberberg, ultérieurement connu sous le nom de Maurice Bidermann, futur industriel dans le textile et l'habillement, naît dans la même ville en 1932. Elle a également, par son père, une demi-sœur cadette prénommée Évelyne.
Après la Pologne, l'Argentine et la Belgique, en 1932, Joseph Zylberberg, son père, une fois la boulangerie familiale perdue au poker à Anderlecht, s'installe à Paris où, quelques mois plus tard, elle et son frère viennent le rejoindre. Ils vivent à Belleville, où Joseph Zylberberg est boulanger, et sont parfois mis dans des pensionnats. Après les avoir remis à leur père, sa mère est repartie vivre en Argentine. Malgré les tentatives de celle-ci pour renouer avec sa fille devenue adulte, Régine refusera catégoriquement de la revoir.
Lors du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, comme beaucoup de petits Parisiens, elle est évacuée de la capitale et trouve refuge à Saint-Léon (Allier) au château de Coulon. Une fois l'armistice signé, elle doit rentrer à Paris, mais par une ordonnance allemande en date du 27 septembre 1940, définissant le premier statut des Juifs, ceux-ci ont été interdits de retour en zone occupée. Son train est à l'arrêt pour un contrôle et à la vue de son nom Zylberberg, les Allemands ordonnent qu'elle descende du train où l'attend un camion de la Croix-Rouge française, qui l'emmène avec d'autres enfants au château de la Brosse, où elle retrouve par hasard son frère Maurice. Elle retrouve ensuite à Aix-en-Provence son père qui la place dans un couvent à proximité, sous un faux nom, avec la complicité des sœurs. Pouvant sortir du couvent, elle retrouve son père tous les dimanches. C'est à Aix-en-Provence que naît sa passion pour le chant et sa vocation pour la fête, faisant ses premiers pas sur scène au casino d'Aix. La petite Régine reste des nuits entières à attendre son père qui joue au casino d'Aix-en-Provence, songeant à celle qu'elle pourrait devenir.
Après l'arrestation de son père à Lyon, elle est placée dans la famille Heymann, également juive, membre de l'Union générale des israélites de France à Lyon, 77, rue de la Villette, où ceux-ci tiennent un home pour personnes âgées. Alors âgée de 13 ans et demi, elle y tombe amoureuse de Claude, 16 ans, avec lequel elle a sa première relation amoureuse et qui lui promet de l'épouser quand elle aura 15 ans. Le 13 juin 1944, le jeune Claude Heymann, neveu du grand-rabbin de Lyon, Bernard Schonberg, est arrêté par la Milice à la grande synagogue de Lyon et meurt assassiné en déportation.
Régine rejoint son père à la Libération à Paris, où il tient le café La Lumière de Belleville, et y travaille au comptoir. Elle découvre les bals américains, le jazz, le bebop et autres danses qui deviennent sa passion.
Après son divorce en 1949, elle est représentante en soutiens-gorge et en lingerie. Au début des années 1950, elle est vendeuse dans une boutique de Juan-les-Pins, où elle fréquente les boîtes à la mode et les « stars », ce qui fait naître sa vocation d'animer les soirées dansantes.
À partir de 1952, Régine occupe successivement plusieurs postes, « dame pipi », barmaid et disquaire dans un club branché de la nuit parisienne, 18, rue de Beaujolais, le Whisky à gogo, notamment fréquenté par l'écrivaine Françoise Sagan mais également bien d'autres personnalités célèbres à l'époque. Le nom vient du titre français du film Whisky Galore ! d'Alexander Mackendrick et va donner son nom au Whisky a Go Go aux États-Unis. L'établissement parisien, fait de caves sur plusieurs niveaux, reste considéré comme la première discothèque du pays. Régine innove également lorsqu'elle fait remplacer le premier juke-box importé en France par deux tourne-disques afin d'éviter le silence entre deux titres. Elle invente aussi la bouteille d'alcool nominative. Elle souhaite que la clientèle, jusqu'alors hétéroclite, soit triée : la notion de « club privé » est imposée. Elle se fâche avec Paul Pacini, propriétaire du site ; encouragée par Serge Gainsbourg, elle veut son propre lieu.
Elle ouvre, en 1956, une boîte de nuit, Chez Régine, située à Saint-Germain-des-Prés, rue du Four, à la sortie du métro Mabillon. Sagan, qui baptise Régine « la reine noire de nos nuits blanches », assurera la notoriété du lieu, tout comme Georges Pompidou, Brigitte Bardot, Rudolf Noureev ou encore Serge Gainsbourg.
En 1961, elle ouvre le New Jimmy's au 124, boulevard du Montparnasse, où elle diffuse des musiques américaines, lançant et faisant découvrir le twist et le cha-cha-cha au Tout-Paris. Chez Régine de la rue du Four, renommé Le Club 65, est alors repris par Gérald Nanty. En mai 1961, le temps du Festival de Cannes, elle ouvre Chez Régine à Cannes, fréquenté par de nombreuses stars.
Ayant animé 22 clubs à travers le monde, elle gagne le surnom de « Reine de la nuit », indiquant cependant n'avoir « jamais fumé ni bu ». Parmi les villes prestigieuses où elle s'implante, généralement fréquentées par la jet set, figurent le Régine's à New York (ouvert le 6 mai 1976 dans le building du Delmonico Hôtel et qu'elle décide de fermer en 1991), Miami (ouvert en juin 1983 au 13e et dernier étage du Gran Bay Hôtel dans le quartier de Coconut Grove), Monte-Carlo, Rio de Janeiro, Le Caire, Saint-Tropez, Deauville, Santiago, Kuala Lumpur, Istanbul, Marbella, Montréal, Genève ou encore Düsseldorf. Des personnalités internationales fréquentent ses établissements, comme Björn Borg, Andy Warhol, Elizabeth Taylor, Julio Iglesias ou encore Michael Jackson. Pour permettre à ses fidèles clients de voyager de club en club autour du monde, elle crée une carte de membre vendue 600 dollars, qui comptera jusqu'à 20 000 possesseurs dans les années 1980[réf. nécessaire].
En 1988, elle obtient de la ville de Paris la concession du restaurant Ledoyen à Paris ; elle ouvre Le Rage, un restaurant lounge, sur Park Avenue à New York. Elle crée des lignes de vêtements, des parfums, un magazine, patronne des croisières sur le Queen Elizabeth 2.
Au début des années 1990, elle prend la direction du Cheval-Blanc Régine's Hôtel, un hôtel quatre étoiles à Nîmes (dirigé auparavant par la famille nîmoise Layalle), tandis que Simon Casas était directeur des arènes de Nîmes situées juste en face. Régine achète une maison près de Nîmes, et s'y installe avec son mari Roger Choukroun afin de gérer au plus près cet établissement de luxe, soutenue par son ami Jean Bousquet, maire de la ville. L'hôtel 4 étoiles est alors l'un des plus chics et l'un des plus en vogue à Nîmes, notamment lors des ferias où l'on peut croiser le Tout-Paris : Yves Mourousi, Jean Marais, Andrée Putman, Eddie Barclay, Jean-Paul Gaultier, Inès de la Fressange... Le mobilier de l'hôtel est signé Philippe Starck et la décoration est confiée à Jean-Michel Wilmotte. Situé face aux Arènes, Le Cheval-Blanc Régine's Hôtel devient vite un temple de la nuit nîmoise, et Régine y organise des fêtes mémorables. En 1994, alors que le jeune Thierry Marx, fraîchement décoré d'une étoile au guide Michelin, a enfin donné du caractère à la cuisine, l’aventure s’achève par un flop retentissant. Quelques mois plus tard, l'ensemble du matériel de l'hôtel est vendu aux enchères, épongeant une partie du gouffre financier évalué à 62 millions de francs.