Un réfugié – au sens de la Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés – est une personne qui se trouve hors du pays dont elle a la nationalité ou dans lequel elle a sa résidence habituelle ; qui craint avec raison d’être persécutée du fait de son appartenance communautaire, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques ; et qui ne peut ou ne veut se réclamer de la protection de ce pays ou y retourner en raison de ladite crainte.
Les personnes essayant d'obtenir le statut de réfugié sont appelées demandeurs d'asile. Les demandes d'asile faites dans les pays industrialisés se fondent le plus souvent sur des critères et des motifs politiques et religieux.
Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR ou HCR dans l'espace francophone) a pour but de défendre les droits et la sécurité des réfugiés et des demandeurs d'asile. Cette organisation onusienne estime qu'en 2015, il y avait 16,1 millions de réfugiés dans le monde, soit 60 % de plus que lors de l'actuelle décennie. De son côté, l'UNRWA, une organisation qui aide seulement les Palestiniens au Proche-Orient estime, qu'il y avait en outre 5,2 millions de réfugiés palestiniens (car l'UNRWA considère également les descendants de réfugiés comme eux-mêmes réfugiés, à la différence du HCR). Selon l'UNICEF, environ 31 millions d'enfants étaient réfugiés fin 2015, et 17 millions étaient déplacés à l'intérieur de leur pays.
Le droit des réfugiés est la branche du droit international qui traite les droits et la protection des réfugiés. Selon la Convention relative au statut des réfugiés de 1951 (aussi nommée Convention de Genève) et le « Protocole relatif au statut des réfugiés » de 1967, les pays doivent accorder l'asile aux réfugiés et ne peuvent pas forcer un réfugié à retourner dans son pays d'origine. Cependant, de nombreux pays ne prennent pas en compte ce traité : au 1er décembre 2006, 147 pays en sont signataires, dont les membres du G7 et la Chine.
Généralement, les réfugiés sont des personnes fuyant la guerre ou qui ont connu diverses guerres et révolutions. Ils peuvent aussi fuir des persécutions, des catastrophes naturelles ou écologiques, ou autres.
Le statut de réfugié étant par définition réservé à une personne craignant d'être persécutée en raison de sa « race », de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social (y compris, depuis une décision de la CJUE en 2024, celui des femmes) ou de ses opinions politiques. Toutefois, de nombreuses personnes fuyant des pays instables ou en guerre ne sont pas concernées par ce type de protection. De nombreux États proposent des protections alternatives pour les personnes fuyant des risques de violences indiscriminées (c'est-à-dire qu'elles ne sont pas visées directement mais pourraient être les victimes collatérales de conflits). Il s'agit par exemple de la protection subsidiaire, dont les modalités de protection et de séjour diffèrent de celles du statut de réfugié.
Organisations prenant en charge les réfugiés
C'est le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés qui est mandaté par l'ONU pour se charger des réfugiés.
Le Comité américain pour les réfugiés et les immigrants est une organisation non gouvernementale qui a pour mission de répondre aux besoins et aux droits des migrants dans le monde entier en militant pour l’avancement des politiques publiques pour qu’elles soient justes et humaines, en facilitant et en fournissant directement des services professionnels, et en promouvant la pleine participation des migrants à la vie communautaire.
En France, c'est l'Office français de protection des réfugiés et apatrides qui est chargé de statuer sur la qualité de réfugié ou d'apatride. Elle se charge également d'assurer une protection juridique et administrative aux réfugiés. Selon l'analyse du professeur de sociologie politique Jérôme Valluy, qui parle d'un « grand retournement du droit de l'asile », elle rejette plus de 90 % des demandes d'asile en première instance, chiffre qui descend entre 70 et 75 % selon les années après recours auprès de la Cour nationale du droit d'asile.
En Belgique, le CGRA (en français) ou CGVS (en néerlandais) est chargé de statuer sur le statut de réfugié ou de protection subsidiaire des demandeurs d'asile. Entre 2008 et 2013, la Belgique met en place le Fonds européen pour les réfugiés (FER) qui permet le cofinancement à 50 ou 75 % de projets ayant pour but l'intégration des réfugiés dans les pays membres de l'Union européenne. Pour prendre la suite du FER, l'Union européenne crée le Fonds asile, migration et intégration (FAMI) en 2014.
Au Canada, la prise en charge des réfugiés est assurée par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), qui veille à leur sélection et à leur établissement au pays. Le gouvernement canadien coordonne également des partenariats avec les provinces, les organismes communautaires et les acteurs internationaux, comme le HCR, afin d’assurer une transition sécuritaire et structurée.Tous les réfugiés réinstallés doivent faire l’objet de vérifications liées à la sécurité, à la criminalité et à la santé. Parmi les personnes demandant refuge au Canada, certaines ne sont toutefois pas admissibles, notamment celles reconnues coupables d’un crime grave ou ayant déjà reçu un refus d’asile. En cas de rejet, la Section d’appel des réfugiés offre la possibilité de contester la décision. Enfin, l’IRCC vise à soutenir l’établissement et l’adaptation des personnes réfugiées, qu’elles soient réinstallées depuis l’étranger ou qu’elles aient obtenu l’asile une fois au Canada.
Chaque année, le « U.S. Committee for Refugees and Immigrants » (USCRI) produit le World Refugee Survey et évalue les 60 pays comptant le plus grand nombre de réfugiés. L’évaluation des pays du USCRI est fondée sur quatre critères :
Le refoulement / protection physique, qui est le maintien de la sécurité des réfugiés et ne pas les forcer à retourner aux endroits où ils craignent la persécution ;
La détention, qui est ne pas les détenir pour être réfugiés ou pour exercer leurs droits ;
La liberté de circulation et de séjour, qui leur permet de vivre et de se déplacer là où ils le choisissent plutôt que de les confiner dans des camps ou dans des endroits restreints ;
Le droit de subvenir à leurs besoins, ce qui permet aux réfugiés de travailler pour des salaires, de pratiquer des professions et de gérer des entreprises.
Tous les critères d’évaluation du USCRI sont tirés de la Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés. Selon le USCRI, les pires pays pour les réfugiés en 2007 étaient le Bangladesh, la Chine, l'Inde, l'Irak, le Kenya, la Malaisie, la Russie, le Soudan et la Thaïlande. En revanche, le Bénin, le Brésil et le Gabon ont reçu d'excellentes notes à tous les critères du système de classement du USCRI.