Ce Jour-là

Référendum constitutionnel turc de 2017

Référendum ayant lieu en Turquie

Anúncio

Le référendum de 2017 en Turquie est un scrutin qui a eu lieu le 16 avril 2017. Il vise à inscrire dans la Constitution de 1982 les amendements de 2017 qui constituent le passage des institutions d'un régime parlementaire vers un régime présidentiel.

Le projet de réforme constitutionnelle entend supprimer le poste de Premier ministre, ses pouvoirs étant conférés au président qui deviendrait le chef de l'exécutif, tandis qu'un poste de vice-président de la république de Turquie est créé. Il s'agit aussi de faire coïncider les dates des élections législatives et présidentielles et enfin à réformer la Justice. En effet, alors que la Constitution de 1982 garantit l'indépendance de la justice, dans ce projet de révision constitutionnelle, le président et le Parlement interviendront directement dans la nomination de membres du Haut Conseil des juges et procureurs (en) (HSYK), chargé de nommer et de destituer les magistrats ; l'opposition affirme que cela conforterait la dérive autoritaire constatée depuis l'échec de la tentative de coup d'État du 15 juillet 2016 suivie par l'arrestation de milliers de personnes, notamment des magistrats, policiers, journalistes, militaires et universitaires.

Le référendum est convoqué le jour de l'adoption de la dernière partie de l'amendement de janvier 2017. La date de sa tenue doit alors être annoncée après l'approbation du projet de révision constitutionnelle par le président Recep Tayyip Erdoğan. Celle-ci est théoriquement prévue le dimanche 16 avril 2017 ou à une date antérieure. Le 1er février 2017 le groupe parlementaire du Parti de la justice et du développement annonce la date du 23 avril 2017 en invoquant des « impératifs climatiques » justifiés dans les provinces orientales. Le 10 février 2017, le président Erdoğan approuve le projet et convoque finalement le référendum pour le 16 avril 2017.

En France, en Allemagne, en Suisse, en Autriche et au Danemark, le scrutin a lieu en continu du 27 mars au 9 avril 2017.

L'article 94/A de la loi électorale turque du 26 avril 1961 interdit les campagnes électorales à l'étranger. Cette interdiction n'est pas respectée par la plupart des partis politiques turcs, y compris par le Parti républicain du peuple (CHP) et le Parti de la justice et du développement (AKP). Cela s'explique notamment par l'absence de sanction spécifique, même si le Conseil électoral supérieur (Yüksek Seçim Kurulu) est compétent dans ce domaine.

À partir du 3 mars 2016, des meetings favorables au « oui » et auxquels devait notamment participer le ministre des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu, sont annulés en Allemagne. Le président turc Recep Tayyip Erdoğan dénonce alors des « pratiques nazies ».

Le 11 mars 2017, des meetings sont de nouveaux annulés aux Pays-Bas et Çavuşoğlu et Fatma Betül Sayan Kaya, ministre de la Famille, sont empêchés d'y assister. Erdoğan évoque alors des pratiques « nazies et fascistes », provoquant une nouvelle crise diplomatique. Des rassemblements similaires sont également annulés en Suisse et en Autriche. Cependant, le 12 mars, le gouvernement français autorise la participation du ministre turc des Affaires étrangères à un meeting à Metz, provoquant une polémique.

Dans la nuit du 14 mars, plusieurs comptes Twitter, dont UNICEF, Amnesty International, ministère français de l'Économie et des Finances ou encore Forbes, France 3 Normandie et Envoyé spécial, ont été piratés pour faire la propagande d'Erdoğan, du « oui » au référendum et traiter l'Allemagne et les Pays-Bas de « pays nazis ».

Le 19 mars, Erdoğan réitère ses accusations et accuse personnellement la chancelière Angela Merkel. En réaction, celle-ci menace d'interdire ces meetings.

Le 21 mars, Ankara décide d'annuler tous les meetings pro-oui prévus en Allemagne jusqu'au référendum.

La campagne pour le « non » a notamment été soutenue par Tuna Bekleviç, fondateur du Parti du « non ».

Le 10 mars 2017, une campagne en turc en faveur du « non » au référendum est lancée sur les chaînes allemandes appartenant au groupement public ARD.

Dès l'annonce des premiers résultats, le « oui » est en tête du scrutin, avec une très courte majorité.

Selon l'agence Anadolu, les Turcs de la diaspora ont voté à 59,09 % pour le « oui ».

Près de 60 % des inscrits ont participé au scrutin en Belgique et le « oui » l'emporte à 74,98 % (agence Anadolu).

En Suisse, 54 436 des 95 263 électeurs inscrits ont voté et le « oui » n'a obtenu que 38,08 % des voix (agence Anadolu).

En Allemagne, 63,07 % des votants ont voté « oui » (agence Anadolu).

En Autriche, le « oui » obtient 73,23 % (agence Anadolu). Il l'emporte également en France (64,86 %) et aux Pays-Bas (70,94 %), toujours selon l'agence Anadolu.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Référendum constitutionnel turc de 2017 | World in Stories