Ce Jour-là

Puyi

Dernier empereur chinois mandchou de la dynastie Qing, plus tard gouverneur puis empereur du Mandchoukouo

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Puyi (né à Pékin le 7 février 1906 et mort dans la même ville le 17 octobre 1967), également orthographié Pou-yi ou P'ou-yi (en chinois simplifié : 溥仪 ; chinois traditionnel : 溥儀 ; pinyin : pǔyí), nom de naissance : Aisin Gioro Puyi (en mandchou : ᠠᡳᠰᡳᠨᡤᡳᠣᡵᠣ?), mais appelé également de son nom de règne Xuantong, est le douzième et dernier empereur de la dynastie Qing, la dernière qui régna sur l'Empire chinois.

Puyi est le fils de Youlan (en) et de Zaifeng, deuxième prince de Chun, lui-même deuxième fils de Yixuan, premier prince de Chun et septième fils de l'empereur Daoguang. Il est né dans la trente-deuxième année du règne de l'empereur Guangxu.

Le dernier empereur (1908-1912)

Guangxu étant toujours sans enfant à 37 ans, sa tante Cixi (Tseu-Hi), l'impératrice douairière de Chine et détentrice réelle du pouvoir, nomme par décret Puyi pour assurer sa succession. L'enfant a alors 2 ans et 10 mois.

Au lendemain de cette nomination, Guangxu est empoisonné à l'arsenic à l'instigation de Cixi, il meurt. Le surlendemain, c’est Cixi elle-même qui rend l'âme.

L'intronisation officielle de Puyi se déroule le 2 décembre 1908, son père assurant la régence.

À l'époque, la Chine connaît de nombreux désordres, et depuis longtemps la dynastie mandchoue est contestée (révolte des Taipings au siècle précédent, révolte des Boxers de 1899 à 1901, mouvements insurrectionnels du Guangdong et du Guangxi entre 1905 et 1911).

Le général Yuan Shikai, nommé pour mater les mouvements de révolte, et notamment le soulèvement de Wuchang du 10 octobre 1911, se retourne contre le pouvoir en place et pousse le jeune empereur à abdiquer le 12 février 1912, mettant fin à la dynastie Qing et à la période féodale.

Prisonnier dans la Cité interdite (1912-1924)

Malgré la proclamation de la république de Chine le 1er janvier 1912, donc quelques jours avant sa destitution de jure et selon les huit « Articles veillant au traitement favorable de l'Empereur après son abdication », arrangement conclu entre la maison impériale Qing et le gouvernement républicain, il reçoit de ce dernier l'autorisation de conserver son titre et de demeurer — et même de fait est obligé de vivre — dans la Cité interdite. Lui et sa famille gardent l’usage de la « cour intérieure » (partie nord de la cité), tandis que la « cour extérieure » (partie sud) revient aux autorités républicaines. En outre, il bénéficie d'une liste civile confortable.

En 1917, un général conservateur partisan des Qing, le général Zhang Xun, profitant du désaccord du président de la République et de son Premier ministre au sujet des puissances à soutenir dans le conflit européen de la Grande Guerre, envoie ses troupes à Pékin, soit près de 5 000 hommes. Le 1er juillet 1917, il rétablit Puyi dans sa fonction d'empereur, ce qui suscite une réaction unanime des républicains et des seigneurs de guerre. Le 13 juillet suivant, Duan Qirui, le Premier ministre démis, pousse Puyi à abdiquer de nouveau, douze jours après son intronisation. Cet événement est appelé la restauration mandchoue de 1917.

Dès 1919, Puyi reçoit une éducation occidentale de son précepteur, un Écossais diplômé d'Oxford, Reginald Johnston, officier du bureau colonial britannique parlant le mandarin et féru d'histoire ainsi que de poésie chinoises. Reginald Johnston n’est pas vraiment un enseignant, mais exerce une grande influence sur Puyi. Sous sa conduite, ce dernier s’intéresse à tout ce qui vient d'Occident. Grâce à lui, il apprend l'anglais dès l'âge de 13 ans, au point de demander à Johnston de l’aider à lui trouver un nom anglais. Parmi la liste des noms de souverains britanniques que lui procure Johnston, Puyi choisit celui de Henry. C'est encouragé par l'éducation de Reginald Johnston que Puyi se coupe la natte, symbole du pouvoir mandchou comme les Taipings qui se coupèrent la natte en signe de protestation contre le pouvoir en place.

En 1924, dans la tourmente qui entoure le renversement du président de la République Cao Kun lors du coup de Pékin, les accords passés sont annulés. Puyi est expulsé de la Cité interdite, enceinte dont il n'était pas sorti depuis 15 ans, par les troupes de Feng Yuxiang. Il retourne dans le palais paternel.

Il tente, par le truchement de Reginald Johnston, de s'expatrier en Angleterre. Mais, pour ne pas froisser la Chine, les Britanniques lui refusent tout visa. Il se tourne alors vers l'empire du Japon qui, en 1925, accepte de l'accueillir dans l'enclave de Tianjin. Il y mène une vie mondaine dans les milieux occidentaux des concessions.

Chef d'État du Mandchoukouo (1932-1945)

Les Japonais convoitent les richesses de la Mandchourie (fer et charbon, notamment), et à ce titre préservent Puyi, en qualité de représentant de la dynastie mandchoue qui avait encore ses fidèles.

En 1931, le Japon fait la conquête de ce territoire, et crée un État fantoche sous le nom de « Grand État mandchou de Chine » (ou Mandchoukouo, pinyin : Mǎnzhōuguó). Malgré les protestations du Kuomintang auprès de la Société des Nations, et les déclarations de cette dernière, qui considérait que le Mandchoukouo faisait partie intégrante de la Chine, les Japonais placent Puyi à sa tête en 1932, après l'avoir enlevé lors de l'incident de Tientsin, mais sans lui donner de pouvoirs réels.

Le Japon, soucieux de jeter des bases durables sur le sol chinois, met alors en place un vaste plan d'émigration vers le Mandchoukouo de populations japonaises et coréennes — la Corée ayant été annexée par le Japon en 1910 — le but étant de faire venir un million de personnes en 20 ans. Cet afflux de migrants se fait aux dépens des populations locales qui se voient dépossédées de leurs terres.

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