Les Pueblos, de l'espagnol pueblo (village), sont des Amérindiens vivant dans des pueblos, qui sont des maisons juxtaposées en pierre (comme les Hopis) ou en adobe (comme dans la vallée du Rio Grande). Par extension, on utilise le terme pour désigner leurs habitants, bien que les pueblos ne forment pas un peuple unique. Au contraire, il s’agit de tribus distinctes parlant chacune leur langue et ayant chacune leurs spécificités culturelles. On les regroupe cependant sous le nom de Pueblos en raison de leur architecture commune.
Chaque pueblo a son propre gouvernement. Les centres religieux se trouvent dans des kivas. Traditionnellement, les Pueblos vivaient de l’agriculture et leurs poteries, tissages et bijoux sont réputés. Les deux tribus les plus importantes sont les Hopis et les Zuñis. Les Pueblos de l'époque précolombienne sont appelés Anasazis.
Les conquistadores sous les ordres de Francisco Vásquez de Coronado arrivent au pueblo des Zuñis en 1540, croyant avoir trouvé une des sept cités d'or de Cibola. En 1598, l'année de la création d'une colonie permanente d'Espagnols dans ce qui est aujourd'hui le Nouveau-Mexique, le pueblo Acoma fut presque entièrement détruit par les troupes de Juan de Oñate en réponse à la mort de treize de ses soldats. En signe de paix on y construisit une mission catholique en 1629. Toutefois des tensions persistèrent et menèrent à la révolte des Pueblos en 1680 : ils organisèrent une attaque commune, surmontant la difficulté qu'étaient leurs nombreuses langues et dialectes. Les causes de la révolte sont l'exploitation de la main d'œuvre indienne, l'obligation de payer un impôt aux Espagnols et la christianisation forcée. Jusqu'en 1698, il n'y eut plus un seul Espagnol dans la région.
Après la guerre américano-mexicaine (1846-1848), le Nouveau-Mexique et l'Arizona devinrent, en 1848, territoires des États-Unis, avec le statut d'États en 1912.
Les sociétés des Pueblos, à part les Tewas, sont matrilinéaires. Certaines tribus sont exogames, d'autres endogames. La communauté est organisée en clans, qui portent des noms de plantes, d'animaux ou de phénomènes naturels. Bien que les bâtiments soient construits par les hommes, ils sont la propriété des femmes. Quand un jeune homme se marie, il rejoint la famille de sa femme. Chez les Tewas, le jeune couple rejoignait soit le clan de l'homme ou de la femme, en tenant compte de la situation économique de chacun.
Chaque pueblo a un gouvernement autonome dirigé par les sociétés d’hommes. La culture a évolué lors de la grande migration de la fin du XIIIe siècle, devenant beaucoup moins hiérarchisée et plus communalisée, avec des khivas partagés par plusieurs familles et davantage d'espaces communs. Elle est également devenue moins violente. Les Espagnols, et plus tard les Américains, instaurent un gouverneur civil, en principe une personnalité qui avait leur confiance. Mais de fait, c'étaient les dirigeants des pueblos qui contrôlaient les nominations, ce qui explique pourquoi des rites traditionnels ont été conservés malgré la présence de missionnaires catholiques depuis le XVIIe siècle.
Les Pueblos étaient agriculteurs et cultivaient surtout du maïs, des courges et des haricots. En 1844, l'explorateur, marchand et naturaliste Josiah Gregg affirme qu'ils sont les seuls, au Nouveau-Mexique, à cultiver la vigne. Depuis le VIe siècle, ils élevèrent également des dindons. Il n’y avait que peu d’échanges entre les différents pueblos. Dans les années 1950, l'anthropologue Fred Eggan a distingué différents modèles d'agriculture entre les Pueblos de l'ouest et ceux de l'est, les Zunis et les Hopis du désert pratiquant davantage une aridoculture tandis que les Pueblos de l'est pratiquent plutôt une culture fondée sur l'irrigation.
Les hommes filaient et tissaient des vêtements avec le coton qu’ils cultivaient. Les métiers à tisser étaient installés dans les kivas. Les armes étaient l’arc et les flèches, la lance, différentes massues, ainsi qu’une sorte d’épée en obsidienne, comme en utilisaient les Aztèques. Ils avaient également des boucliers en cuir de bison et plus tard aussi en cuir de vache.
Les paniers et autres ustensiles en vannerie étaient utilisés partout, ainsi que la poterie. Chaque pueblo utilise des décorations qui lui sont propres.
À côté du christianisme, les Pueblos pratiquent toujours leurs cultes animistes traditionnels. Ce ne sont pas des divertissements pour touristes. Au contraire, les pueblos sont souvent interdits aux étrangers au moment des grandes cérémonies.
Les rites et cérémonies se déroulent sous la responsabilité des sociétés secrètes. Les objets sacrés sont conservés dans les kivas où se déroulent également certaines cérémonies, d’autres à l’extérieur. Dans ce cas, elles sont accessibles aux femmes qui n’ont pas le droit de pénétrer les kivas. Il existe des cérémonies de pluie, de récolte, de chasse, de guerre, etc. Chez les Hopis, elles régissent toute la vie quotidienne. Les esprits sont représentés par des Kachinas. Un danseur qui met le masque de son kachina devient cet esprit. À Santa les femmes avaient le droit d’être danseuses de kachina à la différence des autres pueblos où elles étaient au mieux acceptées comme membres des sociétés de kachinas.
À la mort d’une personne, elle était enterrée sans cérémonie et ses biens brûlés. En effet, les maladies et la mort étaient pour les Pueblos le fait de magie noire. Ceux qui avaient été en contact avec un mourant ou un cadavre devaient suivre une cérémonie de purification.
Actuellement, il y a des pueblos dans le centre-nord, le nord-ouest et le centre du Nouveau-Mexique, la majorité dans la vallée fertile du Río Grande. En Arizona se trouvent les villages Hopis. Ces pueblos étaient déjà habités lors de l'arrivée des Espagnols au XVIe siècle. Ces derniers avaient connaissance d'environ 70 pueblos.
Les Anasazis avaient un territoire comprenant les territoires toujours habités, une grande partie du sud-ouest et de l'ouest de l'actuel Colorado, toute la partie nord de l'Arizona, ainsi qu'une partie de l'actuel État d'Utah. Certains pueblos ont été abandonnés à la suite de périodes de sécheresse. Les vestiges de pueblos les plus célèbres sont Chaco Canyon et Bandelier dans le Nouveau-Mexique, Mesa Verde (Colorado) et Canyon de Chelly (Arizona).
Les pueblos sont des habitations construites sur plusieurs étages. Le plus haut encore habité aujourd’hui est le Pueblo de Taos, avec cinq étages. Chaque étage est un peu en retrait par rapport à celui d’en dessous. Ils sont reliés entre eux par des échelles. Les pièces d'un même étage sont reliées entre elles par des portes intérieures. Sur les places se trouvent les kivas souterraines, des lieux de cérémonies religieuses réservés aux hommes, auxquels on accède par le toit.
Période Basketmaker II (100–500)
On peut dater le début de la construction de pueblos dans la période Basketmaker II. À cette époque les Anasazis commencent à construire des maisons en puits (pit houses) avec des murs en bois calfeutrés de torchis. Ces constructions sont rondes, d’un diamètre de 2,50 m à 9 m. Elles n’ont qu’un seul étage. Les provisions sont stockées dans des paniers en vannerie, (basketmaker est le mot anglais pour vannier).
Pendant les siècles suivants (période Basketmaker III), l’agriculture se développe avec l’apparition du haricot et du coton. On trouve les premières poteries grises. Des fouilles dans Chaco Canyon, par exemple dans les vestiges du village de Shabik’eshchee, montrent des changements dans l’architecture. Si au début de cette ère les maisons sont toujours rondes et abaissées d’environ un mètre dans la terre, elles sont plus tard rectangulaires et collées les unes aux autres, formant des rues et des places. Pour la première fois, on distingue des bâtiments pour les cérémonies, toujours ronds : ce sont les premiers kivas, qui n’ont pas encore l’entrée dans le toit mais sur le côté.