Professeur ou professeure, souvent noté Pr ou Prof., est un terme utilisé comme un titre universitaire lié à l'histoire des universités. Il trouve ses origines dans les titulaires d'une chaire universitaire, ainsi amené à professer leurs savoirs à la manière des archevêques qui professaient depuis leur chaire ecclésiastique. Il qualifie un expert qui étudie, professe et débat de connaissances dans un art ou une science. Selon l'usage en langue française, ce titre est utilisé en tant que qualificatif du genre d'une personne, par exemple « M. le professeur Pierre-Gilles de Gennes ».
Les professeurs sont des spécialistes reconnus comme tels par leurs confrères (ou par la communauté scientifique s'il s'agit de professeurs de sciences par exemple). Leurs fonctions les amènent le plus souvent à des activités énumérées ci-dessous :
présenter des séminaires dans leur domaine d'étude (à associer à la racine latine du mot professer) qui peut porter sur les sciences, les techniques, la littérature, la médecine, les domaines juridiques ou encore économiques ;
approfondir leur domaine d'étude en effectuant des recherches ;
enseigner au sein des structures universitaires (et d'enseignement supérieur) ;
encadrer des activités de recherches académiques (direction d'études doctorales) ;
assurer des fonctions administratives, de management et de politique scientifique (doyens, directeur de laboratoire, président de conseil…).
Le titre de professeur n'est pas nécessairement associé à la fonction d'enseignant. De nombreux professeurs travaillent hors des structures universitaires ; au titre d'expert juridique dans un palais de justice, au titre de médecin hospitalier dans un centre hospitalier, ou parfois au sein d'une entreprise dans le cadre du développement d'innovations associées à un domaine de recherches étudié.
La fonction de professeur des écoles et de professeur du second degré, qui correspond à un niveau de master (de second cycle universitaire), ne saurait être confondue avec le titre de professeur qui nécessite au préalable l'obtention d'un doctorat (troisième cycle universitaire) et, en France, l'Habilitation à diriger des recherches.
Le titre de professeur obtient progressivement un caractère universel comparable à celui de docteur. Cependant d'un pays à l'autre, les différents rangs associés aux parcours académiques des enseignants-chercheurs changent et ne trouvent pas nécessairement d'équivalence ailleurs. Durant ce parcours, quel qu'il soit, le titre de docteur est d'usage, jusqu'à l'obtention du titre de professeur qui « couronne » la carrière universitaire.
Le titre de professeur est donc associé à la plus haute distinction universitaire.
En Amérique du Nord, l'usage est de remplacer le titre de docteur (noté Dr.) par le titre de professeur (noté Pr), par exemple « Pr Richard Phillips Feynman ». Dans les pays d'héritage anglo-saxon (notamment Royaume-Uni, Irlande, Australie, Nouvelle-Zélande, mais pas le Canada), les titres académiques (Doctor et Professor) étaient historiquement usités à la façon des titres de noblesse, qu'on utilise sous la forme entière « Professor Stephen Hawking » ou abrégée « prof. Stephen Hawking » (N. B. On pourra en l'occurrence préciser Lucasian Professor of Mathematics, en référence à la prestigieuse chaire d'université du professeur Stephen Hawking, qui est notamment celle du prof. Isaac Newton, ou encore du prof. Charles Babbage) ;
En Europe centrale, l'usage, inspiré de l'Allemagne, est de combiner le titre de docteur, préalable nécessaire à l'obtention du titre de professeur, et celui de professeur sous la formulation Professor Doktor (notée Prof. Dr.), par exemple « Prof. Dr. Max Planck », auquel on peut également ajouter le titre d'ingénieur (Ing.) bien que ce dernier ne soit pas un prérequis. En France, l'usage du titre de professeur est moins fixé et systématique. Il est réservé aux enseignants et aux seuls membres du corps des professeurs des universités.
En France (ainsi que dans les pays dont le système universitaire est inspiré du modèle français, en Suisse francophone, en Belgique, en Algérie, au Maroc ou en Tunisie par exemple) l'usage voulait que le titre de professeur soit utilisé comme qualificatif du genre, par exemple « madame le professeur Marie Curie », mais l'usage actuel est de féminiser le titre (la professeure Karine Lacombe)
Différents textes de loi et administrations en Belgique, en France, en Suisse et au Québec demandent de féminiser la fonction et le titre de professeur qui prend alors la forme « professeure ».
Ce point est cependant débattu. L'Académie française rappelle par exemple que si les formes féminines sont d'usage lorsque des noms de métiers sont désignés (par exemple : la prof d'espagnol), « Le grade ne peut être identifié à la personne qui l'occupe, le titre à la personne qui le porte, etc. ; pour cette raison, l'utilisation ou l’invention de formes féminines n’est pas souhaitable. ». Si l'on suit[Qui ?] cette règle, il faudrait donc par exemple écrire « Madame le professeur Marie Curie » puisque le mot ferait référence au titre et non à la personne. La situation est néanmoins en évolution, et cette même académie émet en 2019 un rapport indiquant :
« Cette distance entre la fonction, le grade ou le titre et son détenteur a été soulignée au moment où les femmes eurent accès à des fonctions jusque-là occupées par les hommes. Elle ne constitue pas pour autant un obstacle dirimant à la féminisation des substantifs servant à les désigner. Mais elle peut expliquer en partie les réserves ou les réticences observées dans l’usage. »
Et conclut que « dans bon nombre de cas, l'usage est encore loin d’être fixé et qu’il continuera d’évoluer. »