Ce Jour-là

Proclus

Philosophe grec néo-platonicien du Ve siècle

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Proclus (Proclus de Lycie ou Proclus de Byzance) ou Proclos, en grec ancien Πρόκλος / Próklos, né le 7 ou 8 février 412 à Byzance et mort le 17 avril 485 à Athènes, surnommé « le Diadoque » (διάδοχος, successeur), fut un philosophe néoplatonicien de l'école néoplatonicienne d'Athènes. La forme Proclus, très fréquemment utilisée en français, est la forme latinisée.

La vie de Proclus nous est connue pour l'essentiel grâce à son successeur Marinus, qui rédigea un éloge funèbre mêlant hagiographie et témoignage direct.

Il naît dans une riche famille de Byzance, fils de Patricius et Marcella, deux Lyciens, probablement le 7 ou le 8 février 412. Selon la tradition, le nom même de « Proclus » aurait été choisi en opposition délibérée à celui d'« Anticlus », héros homérique enfermé dans le cheval de Troie et réduit au silence par Ulysse : là où Anticlus se taisait, Proclus était destiné à parler et à ne jamais cesser de le faire. Il est éduqué à Xanthos, en Lycie, où il manifeste dès l'enfance une mémoire prodigieuse. La déesse Athéna lui apparaît en songe et l'exhorte à se consacrer à la philosophie. À Alexandrie, il devient le disciple d'Olympiodore l'Ancien en philosophie et étudie les mathématiques auprès d'un certain Héron. Il refuse d'épouser la fille d'Olympiodore et demeurera célibataire toute sa vie, par ascèse autant que par tempérament.

À l'âge de vingt ans, il se rend à Athènes pour suivre l'enseignement des philosophes platoniciens de l'école néoplatonicienne d'Athènes. Il étudie d'abord auprès de Plutarque d'Athènes, dit Plutarque le Jeune, fondateur et chef de cette école vers 400, dont il devient l'un des élèves les plus proches ; il est alors condisciple de Hiéroclès d'Alexandrie. Il passe ensuite sous la direction de Syrianos, qui l'initie à la logique, à la morale, à la politique, à la physique, puis à la théologie. Il approfondit Aristote, Platon, les écrits orphiques et les Oracles chaldaïques. Proclus tient Plutarque d'Athènes pour son « grand-père » intellectuel et Syrianos pour son « père ». La fille de Plutarque, Asclépigénie, l'initie aux rites de la théurgie — conjurations, formules, rites magiques et maniement des instruments sacrés. Une anecdote tardive, probablement forgée à l'époque de Psellos, prétend que Proclus aurait un jour invoqué par erreur l'ombre d'Anticlus au lieu de celle d'Achille, et que le héros muet serait resté là, immobile et bouche cousue, jusqu'à l'aube, au grand embarras du théurge.

À la mort de Plutarque d'Athènes (432), Syrianos devient le deuxième scolarque de l'école néoplatonicienne d'Athènes. Lorsque Syrianos meurt à son tour (438), Proclus lui succède comme troisième scolarque. Il entreprend alors la plus vaste synthèse philosophique de la toute fin de l'Antiquité grecque, édifiant un système d'une architectonique vertigineuse qui influencera durablement la pensée médiévale, tant arabe que latine. Parmi ses disciples figurent Ammonios (fils d'Hermias), qui illustrera l'école néoplatonicienne d'Alexandrie à partir de 475, et Marinos de Néapolis, qui lui succédera à la tête de l'école d'Athènes.

Son effort résolu pour contrer le christianisme alors dominant lui vaut une année d'exil en Lydie, épreuve qu'il semble avoir supportée avec une certaine sérénité stoïque.

Les cinq dernières années de sa vie, Proclus souffre d'une maladie de langueur qui réduit peu à peu son activité. Il meurt le 17 avril 485, âgé de 73 ans, à Athènes. « Il fut enterré près du Lycabette, là -même où repose le corps de son maître Syrianos. » Certaines sources apocryphes mentionnent qu'on aurait gravé sur sa stèle, en plus de son propre nom, celui d'Anticlus,- comme pour achever enfin, dans la pierre, le dialogue entre celui qui parle et celui qui se tait.( ou est la référence ?)

Il menait une vie sociale, professionnelle et politique d'une intensité remarquable. « Le même jour, il donnait cinq classes d'exégèse, parfois même plus, écrivait le plus souvent environ sept cents lignes, puis allait s'entretenir avec les autres philosophes, et, le soir, donnait encore d'autres leçons qui, elles, n'étaient pas mises par écrit. »

Les archéologues ont mis au jour les vestiges de la maison de Proclus, à proximité de l'Acropole.

Il est, comme son maître Syrianos, concordiste : il pense que les diverses théologies (Homère, Orphée, Platon...) s'accordent.

Son œuvre est principalement constituée de commentaires de Platon.

Le premier est le Commentaire sur le Timée, rédigé dès 439, à 27 ans, et pythagorisant. Suivent le Commentaire sur le Premier Alcibiade, le Commentaire sur les Oracles chaldaïques (442), le Commentaire sur le Parménide, les Éléments de théologie (vers 480 ?). On ne sait pas situer chronologiquement la Théologie platonicienne et le Commentaire sur La République.

Dans son Commentaire sur le Timée, Proclos admet 9 niveaux de réalité : Un, être, vie, esprit, raison, animaux, plantes, êtres animés, matière première. Il pose une hiérarchie des dieux en neuf degrés :

Le Commentaire sur le Parménide a une importance particulière, car il inaugure la tradition apophatique du néo-platonisme : l'Un est ineffable et on ne peut l'exprimer que par une dialectique négative.

Proclos fait une liste de puissances négatives : dyade, infini, mouvement, altérité, dissimilitude, cycle de l'autre, devenir, matière. Ce commentaire est également important en ce qui concerne la manière dont le néoplatonisme interprète allégoriquement les dialogues de Platon.

Proclos fut également l’auteur d’une vaste Théologie platonicienne, dont l'objet et la méthode sont ainsi décrits dans la préface (I, 2, p. 9 de la traduction française) :

« Au début, je ferai la collection de toutes les notions générales relatives aux dieux, que Platon enseigne, et j'examinerai la signification et la valeur des propositions fondamentales pour chaque degré de la hiérarchie ; au milieu du traité, j'énumérerai tous les degrés de la hiérarchie divine, je définirai, en suivant la manière de Platon, leurs attributs propres et leurs processions, et je ramènerai tout aux principes fondamentaux élaborés par les théologiens ; à la fin, je traiterai des dieux, tant hypercosmiques qu'encosmiques, qui ont été célébrés d'une manière dispersée dans les écrits de Platon, et je rapporterai leur étude aux classes universelles de la hiérarchie divine. »

L'un des enjeux principaux de la Théologie platonicienne est l'exégèse du Parménide comme présentation systématique, ordonnée, de l'ensemble de la théologie attribuée à Platon :

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