Le prix Goncourt est un prix littéraire français, créé par testament par Edmond de Goncourt en 1892, qui récompense des auteurs d'expression française et qui est décerné annuellement par l'Académie Goncourt. La « Société littéraire des Goncourt », dite « Académie Goncourt », est officiellement fondée en 1903, et le premier prix Goncourt décerné le 21 décembre 1903.
Ce prix littéraire est décerné chaque année par l'Académie Goncourt, au début du mois de novembre, après trois sélections successives, les deux premières intervenant en septembre et en octobre, parmi les romans publiés dans l'année en cours.
Il a pour but de récompenser « le meilleur ouvrage d'imagination en prose, paru dans l'année ». Il est attribué presque exclusivement à un roman.
Il s'agit du plus ancien et du plus prestigieux prix littéraire français.
En 1862, les frères Goncourt décident qu’après leur mort, leurs biens seront vendus, leur capital placé et les intérêts de cette somme utilisés par leur Académie Goncourt pour rémunérer dix auteurs à hauteur de 6 000 francs or par an (avec cette rente à vie, les dix académiciens peuvent ainsi vivre de leur plume) et pour décerner un prix annuel de 5 000 francs or. Cependant, l'Académie Goncourt devant être reconnue d'utilité publique, elle doit placer ses fonds sous forme de portefeuille comprenant des obligations d'État, certes peu rémunératrices mais jugées sûres. Hélas, celles-ci n'étaient pas indexées sur l'inflation (inexistante en 1900) : avec la Première Guerre mondiale, puis la création du franc Poincaré en 1928, ce portefeuille obligataire s'effondre au fil des dévaluations successives ; les montants des rentes et du prix suivent la même tendance que la valeur du capital de l'académie littéraire. On aboutit à la somme de 50 nouveaux francs en 1962.
Depuis 1903, un chèque est remis au lauréat du prix Goncourt, lequel distinguait à l'origine des romans naturalistes pour échapper à l'érudition qu'affectionnaient les académiciens. Aujourd'hui, du fait de l'inflation, le montant du chèque ne représente plus qu'un prix symbolique — actualisé à 10 euros — mais la « notoriété » promise au lauréat dès la fin de la Première Guerre mondiale par l'académicien Jean Ajalbert, qui a vu son œuvre accéder au palmarès des meilleures ventes, est une récompense bien plus convoitée. Sa valeur étant plus symbolique que pécuniaire, il est de coutume que le lauréat encadre le chèque, mais on sait que Jacques Chessex a, lui, décidé de l'encaisser.
En outre, en marge du prix Goncourt, l'académie décerne les prix Goncourt de la poésie (qui a pris en 2012 le nom de « prix Goncourt de la poésie Robert Sabatier »), de la nouvelle, de la biographie (devenu « prix Goncourt de la Biographie Edmonde Charles-Roux » en hommage à la présidente de l'Académie, après son décès) et du premier roman.
Installation au restaurant Drouant
Depuis octobre 1914, les dix membres de l'Académie Goncourt se réunissent au restaurant Drouant, rue Gaillon, dans le deuxième arrondissement de Paris, chaque premier mardi du mois depuis 1920 dans leur salon, au premier étage du restaurant. Le prix est attribué début novembre. Si, après quatorze tours de scrutin, aucun lauréat n’est élu, le président a une voix double pour déterminer une majorité de votes.
Évolution du prix au cours du XXe siècle
Le prix ne peut être décerné qu'une seule fois à un même écrivain. Ce principe n'a connu qu'une exception, consécutive à la supercherie de Romain Gary qui a reçu le prix en 1956 pour son roman Les Racines du ciel, puis en 1975, sous le pseudonyme d'Émile Ajar, pour le roman La Vie devant soi.
Depuis 1926, le prix Goncourt est indissociable du prix Renaudot, créé cette année-là par dix critiques littéraires qui attendaient la proclamation faite par le président de l'Académie Goncourt. Sans lui être organiquement lié, le jury du Renaudot joue le rôle de complément naturel du jury du Goncourt, ce rôle étant accentué par l'annonce du résultat, qui intervient simultanément et dans le même cadre.
En 1941, les autorités de Vichy sont intervenues dans l’attribution pour éviter que le roman de Raymond Guérin, Quand vient la fin, jugé démoralisant, soit couronné. Le prix est allé à Henri Pourrat, écrivain régionaliste prônant le retour à la terre.
En 1951, Julien Gracq refuse le prix Goncourt attribué pour Le Rivage des Syrtes.
L'élection en 1971 de Bernard Clavel au sein du jury du prix Goncourt provoque la démission de trois jurés. Bernard Clavel apparaît alors comme un candidat de gauche, opposé à Félicien Marceau, candidat jugé de droite.
En 1988, l'Académie Goncourt a accueilli avec bienveillance la création du prix Goncourt des lycéens par la Fnac en collaboration avec le rectorat de Rennes.
Évolution du prix au cours du XXIe siècle
Le 5 février 2008, les jurés du Goncourt ont modifié certaines règles de fonctionnement à des fins de transparence, pour répondre aux critiques récurrentes qui leur étaient faites : ils ont décidé à l'unanimité que la qualité de juré était incompatible avec une fonction rémunérée dans une maison d'édition ; ils ont également prévu que les jurés n'ayant pas assisté aux réunions mensuelles pendant un an devaient démissionner ; et, enfin, ils ont instauré une limite d'âge, fixée à 80 ans, pour les futurs membres de l'Académie Goncourt.