Ce Jour-là

Privat de Mende

Évêque, martyr et saint chrétien

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Privat de Mende est un saint de l'Église catholique, né vraisemblablement près de Clairmont, et qui serait mort vers 255 ou 260. Il est connu pour son martyre sur les versants du mont Mimat à Mende en Gévaudan. Son ermitage est un lieu de pèlerinage, qui fut très populaire au Moyen Âge. La date de sa mort est cependant contestée, certains avançant parfois le Ve siècle, mais grand nombre d'écrits tendent à prouver que la date du IIIe siècle est la plus probable.

Il fait partie des grands saints des Gaules avec Denis de Paris, Saturnin de Toulouse, Martial de Limoges, Martin de Tours, Ferréol de Vienne et Julien de Brioude.

Grégoire de Tours donne à Privat le qualificatif de « épiscopus urbis gabalitanæ », soit « évêque du pays de Gabalum ». Il serait ainsi le premier évêque du Gévaudan, bien qu'un certain Sévérien y fût longtemps célébré.

Le terme Gabalum renvoie à la capitale du pays gabale, aussi connu sous le nom d'Anderitum. Cependant, Grégoire de Tours n'évoque pas précisément la cité de Gabalum au sens moderne du terme, mais plus comme étant l'ensemble du pays.

Privat aurait été envoyé par Austremoine depuis Clairmont pour évangéliser le Gévaudan. La place logique de l'évêché semble donc être cette Anderitum, ou Gabalum, et non Mende où a eu lieu le martyre. Mende n'est d'ailleurs considéré que comme un bourg. Faute de preuves tangibles, il n'y a donc aucune certitude que le siège de l'évêché du Gévaudan se soit trouvé à Mende, et ce jusqu'au Xe siècle, où l'évêque Étienne est le premier à signer comme évêque de Mende.

Au IIIe siècle, la Gaule est envahie par les Alamans, menés par leur chef Chrocus, à qui les historiens attribuent de nombreux pillages dont le temple de Mercure sur le puy de Dôme. Quand ils arrivent en pays gabale, les habitants se sont réfugiés dans la forteresse de Grèzes. Privat est en période de jeûne, et s'est retiré dans une grotte du mont Mimat, au-dessus du bourg de Mimate. Pendant deux ans les habitants se défendent contre l'envahisseur qui les assiège.

Les Alamans finissent par trouver Privat et veulent se servir de lui comme otage. Ils espèrent ainsi parvenir à faire ouvrir la forteresse, par la pitié du peuple pour son évêque. Selon Grégoire de Tours, Privat aurait refusé de livrer son peuple malgré tous les supplices barbares qu'on pourrait lui faire subir : « Le bon pasteur refusa de livrer ses brebis aux loups, et pays gabon voulut le contraindre de sacrifier aux démons ».

Depuis ces grottes qu'il avait aménagées sur les hauteurs, et jusqu'au village de Mende, il est alors tiré, frappé, mutilé, assommé à coups de bâton. Cependant, Privat ne laisse à aucun moment son peuple se sacrifier pour lui. Il est laissé pour mort par les Alamans. Ces derniers, exténués, auraient ensuite laissé libres les Gabales en leur promettant la paix.

Privat, lui, succombe à ses blessures dans les jours qui suivent. Il aurait été enterré vers le lieu où prit fin son martyre, son corps ayant été transporté par saint Ilpide. C'est là où fut enterré Privat que se sont construites plusieurs églises successives, jusqu'à ce que le pape Urbain V décide de la magnifier, en érigeant la basilique-cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Privat de Mende.

Le sentier d'interprétation du causse installé par la ville de Mende, ainsi qu'une légende populaire, rapportent une autre version de son martyre. Ainsi il aurait été enfermé dans un tonneau, des clous étant pointés vers l'intérieur. Jeté dans la falaise, il aurait ainsi roulé de son ermitage jusqu'au pied du bourg. Ce sont des ronces qui auraient arrêté sa chute.

Dans un cas comme dans l'autre, c'est sur une petite colline au-dessus de Mende que prit fin son supplice. Cette colline, aujourd'hui à côté du quartier de la Vabre, porte le nom de « colline du bourreau ».

Cependant Grégoire de Tours donne peut-être une trop grande importance à Privat. Il pourrait n'être en fait qu'un simple ermite et non pas un chef. Son acte de résistance, refusant de livrer ses compatriotes n'en reste pas moins un fait. Les Alamans ont pu, qu'il soit ou non un réel chef, jouer sur le fait de la solidarité entre chrétiens pour obtenir l'ouverture de la forteresse.

Le terme d'évêque lui aussi est sujet à caution, en effet, en 314, Genialis représente le Gévaudan au concile d'Arles en tant que diacre et non d'évêque. Cette notion d'évêque a pu n'arriver que plus tard dans la région. Si son identité est difficile à établir, l'authenticité de son existence ne présente, en revanche, pas de doute.

La date du martyre de Privat est sujette à caution. La tradition suit bien souvent Grégoire de Tours en plaçant celui-ci au IIIe siècle, sous le règne des empereurs Galien et Valérien. Cependant, l'existence réelle de Chrocus, chef des Alamans, n'a jamais été réellement prouvée. De plus, plusieurs Chrocus (ou Crocus) semblent avoir envahi la Gaule, aux IIIe, IVe et Ve siècles, et tous n'étaient pas Alamans. Ainsi, on parle de la présence d'un roi vandale, nommé ainsi, qui aurait pillés Nîmes en 407. Ceci remet donc en question la date de la présence des Alamans en Gévaudan, et par conséquent du martyre de Privat. Les historiens hésitent donc entre ces différentes périodes. Le pseudo-Frédégaire, par exemple, décrit l'invasion de la Gaule par un certain Chrocus, mort à Arles, au Ve siècle seulement.

Le fait qu'il ait été missionné par Austremoine tend cependant à prouver que Privat a bien vécu au IIIe siècle.

On associe bien des miracles à l'ermitage de saint Privat dans les grottes qu'il aurait aménagées au-dessus de Mende. Ce lieu, plusieurs ermites y ont élu domicile au fil des siècles.

C'est en 1873 que fut percée la grotte du Calvaire, et bâties les stations du chemin de croix qui y mène encore de nos jours. Cette grotte où a été aménagé un autel, permet de célébrer des offices en plein air. Elle est située en dessous des grottes naturelles où Privat se serait retiré. Ces deux grottes naturelles, fermées par une structure, ont longtemps été ouvertes au public. La plus haute des deux semblant être celle où les Alamans auraient trouvé l'évêque des Gabales. De nombreux ex-voto, ainsi que des béquilles sont présentes dans la première des deux grottes.

L'ermitage a longtemps été un lieu de pèlerinage, qui permit à la ville de Mende, devenue successivement siège épiscopal et capitale du Gévaudan, de prospérer. Vers 1315, l'évêque Guillaume VI Durand y instaure une collégiale, sous le vocable de Saint-Privat-La Roche. Elle disparaît en 1562, incendiée durant les guerres de Religion. La collégiale est rétablie en 1584, et les frères ermites ont pour tâche de veiller sur les grottes. Ils y installent une maison en 1673. Cet ermitage là est détruit à la suite de la Révolution française, en 1793. Ceci fut la conséquence de la saisie des biens du clergé.

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