Ce Jour-là

Prise de Bologne

1945

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La prise de Bologne, le 21 avril 1945, constitue l'une des dernières batailles de la campagne d’Italie et la dernière du Deuxième corps polonais, avec la victoire de ce dernier et des armées alliées qui le flanquaient, la Ve armée américaine et la VIIIe armée britannique.

Cette bataille doit être replacée dans un contexte politique et géostratégique très sombre[évasif] pour la Pologne. L'armée polonaise de l'Ouest, et particulièrement le deuxième corps, ont assisté avec consternation et amertume à l’écrasement du soulèvement de Varsovie. Par ailleurs, un bras de fer oppose le Gouvernement polonais en exil et le général Anders au Premier ministre britannique Winston Churchill. Pour les Polonais, l’enjeu est vital : il s’agit de rentrer victorieux dans un pays libre aux frontières reconnues.

Le général Anders a détaillé ce moment dans ses mémoires :

« … Tout en luttant par les armes contre les Allemands, les Polonais étaient, en même temps, en conflit avec la Russie soviétique et avaient des griefs ou même plus que des griefs contre la Grande-Bretagne et les États-Unis, du fait que ces deux puissances n’accordaient aucun appui à la Pologne, en ce qui concernait ses affaires avec la Russie. En conséquence, on nous attribua une propension particulière à la querelle et une nature aventureuse. Était-ce juste cependant ? »

Les conversations de Yalta, du 4 au 11 février 1945, qui avaient, après celles de Téhéran, été gardées rigoureusement secrètes, furent portées à la connaissance d’Anders le 12 février. Après en avoir référé au Premier ministre Mikolajczyk, le général Anders écrit au commandant de la 8e armée britannique, le général McCreery :

« Nous vivons les moments les plus durs de notre vie. La récente décision de la Conférence des Trois, qui abandonne en fait notre Patrie et notre Nation comme butin aux bolchéviks, nous fait tomber les armes des mains…

Nous avons laissé sur notre route, que nous considérions comme le chemin de combats nous conduisant en Pologne, des milliers de compagnons d’armes. C’est pourquoi le soldat du 2e corps polonais a ressenti la récente décision prise au cours de la conférence des Trois, comme la plus grande injustice, et qui est en contradiction avec son sentiment de l’honneur militaire…

Le soldat me demande pour quel but désormais il doit combattre ? Je ne sais que répondre à cette question. Une chose terrible vient de se produire. …

… Je constate la nécessité de retirer immédiatement du secteur de combat les troupes du 2e corps polonais et cela en raison : 1° de l’état d’esprit des soldats caractérisé ci-dessus ; 2° du fait que ni moi-même, ni aucun des chefs subalternes ne pourrions aujourd’hui trouver, dans nos consciences, une raison plausible pour exiger des soldats du 2e corps polonais de nouveaux sacrifices… »

Le général obtient de se rendre à Londres pour conférer avec son gouvernement et s’entretenir directement avec Churchill. L’entretien, tenu le 21 février 1945, est houleux :

« Churchill – Vous n’êtes pas content du résultat de la conférence de Yalta ?

Anders expose le point de vue polonais en employant les mêmes arguments qu’avec le maréchal Alexander

Churchill (avec violence) – Tout cela est de votre faute. Depuis bien longtemps, je vous conseillais de régler la question des frontières avec la Russie soviétique en lui abandonnant les territoires à l’est de la ligne Curzon. Si vous m’aviez écouté, toute l’affaire aurait pris un aspect totalement différent. Nous n’avons jamais garanti les frontières orientales de la Pologne. Nous possédons aujourd’hui nous-mêmes suffisamment de troupes et n’avons pas besoin de votre concours. Vous pouvez retirer vos divisions ; nous nous en passerons…. »

Le 26 février 1945, le président de la République, Wladyslaw Raczkiewicz, confia à Anders le poste de Commandant suprême par intérim. Le général Bohusz-Szyszko lui succède à la tête du Deuxième corps.

Mais les commandants américain et britannique, les généraux Richard McCreery et Mark Wayne Clark et le maréchal Harold Alexander exigèrent d’Anders le maintien des troupes polonaises, car les Alliés ne disposaient d’aucune troupe pour les remplacer. Anders finit par céder.

L’offensive des Alliés en Italie inaugurait la campagne pour la vallée du Pô. Le plan du général Clark, commandant du 15e groupe d’armées américain, consistait à déborder, par les deux ailes, les forces allemandes dont le gros était disposé à l’est de Bologne.

La VIIIe armée britannique devait avancer en direction de Ferrare, par Argenta, en partant du cours inférieur de la rivière Senio.

La Ve armée américaine, venant du Sud de Bologne, contournerait la ville par l’ouest, en avançant dans la direction de Vérone.

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