Sous l'Ancien Régime, le prévôt des marchands de Paris, assisté de quatre échevins, s'occupait de l'approvisionnement de la ville, des travaux publics, de l'assiette des impôts et avait la juridiction sur le commerce fluvial. Il était élu tous les deux ans et son rôle était l'équivalent de celui de maire de Paris dans l'ancien régime.
Cette institution succède sous Louis IX à une corporation, la Hanse parisienne des marchands de l'eau, laquelle toutefois subsiste au sein de la nouvelle jusqu'en 1652.
La prévôté des marchands de Paris a été instituée sous Philippe Auguste, mais le premier prévôt dont le nom nous soit connu est Evrard ou Evrouin de Valenciennes, mentionné sous Louis IX, dans un texte d'avril 1263. Le poste a été supprimé après la prévôté d'Étienne Marcel et la révolte des Maillotins, en 1383. Rétabli en 1412, il n'a presque plus joué de rôle politique jusqu'à sa disparition en 1789.
Naissance de la prévôté des marchands
Au Moyen Âge, les marchands formaient une association, la hanse parisienne des marchands de l'eau, et s'étaient donné un règlement dont ils débattaient dans le parloir des marchands et qu'ils chargèrent un prévôt de faire appliquer. La puissante corporation, détentrice depuis 1170 du monopole de l'approvisionnement par voie fluviale jusqu'à Mantes, constitua progressivement la municipalité de Paris, sans avoir été investie de la charge par le roi de France.
Le roi Louis IX leur substitue un fonctionnaire royal. Il nomme à cet effet, en 1258, le prévôt Étienne Boileau. Celui-ci établit les statuts réglementaires des divers corps de métier exerçant dans la ville. Entre 1261 et 1269, il consigne ces prescriptions dans le recueil Livre des métiers.
La corporation des nautes — « les marchands de l’eau » — avait obtenu une juridiction installée en 1250 près du Grand Châtelet au lieu-dit « la vallée de la misère » sur le quai de la Mégisserie dans une maison à l'enseigne du bénitier puis transférée au début du XIIIe siècle au « parloir aux bourgeois », à l'emplacement de l'actuel no 20 de la rue Soufflot. Les bourgeois obtinrent un prévôt des marchands dont les compétences étaient limitées au domaine commercial, par opposition à celles du prévôt de Paris, qui était un officier royal, dont la juridiction s'étendait sur Paris et sa « vicomté » (sa banlieue).
Le roi Saint Louis décida de réformer la municipalité parisienne : les jurés des marchands de l'eau devinrent des échevins et leur chef prit le titre de prévôt des marchands de Paris. Ainsi, en 1263, la hanse parisienne élut une première municipalité composée d'un prévôt des marchands, Évrard de Valenciennes, assisté de quatre échevins.
La compétence du prévôt des marchands était théoriquement limitée aux affaires de la marchandise, mais la charge acquit progressivement un rôle politique en raison de ses forts liens avec la bourgeoisie parisienne dont il défendit les privilèges auprès de la royauté.
L'élection du prévôt des marchands et des échevins avait lieu le 16 août de chaque année, le prévôt étant élu pour deux années non renouvelables, et les échevins renouvelés par moitié chaque année (le troisième échevin devenant le premier, et le quatrième devenant second).
Apogée de la prévôté sous Étienne Marcel (1354-1358)
La prévôté du drapier Étienne Marcel, qui installa le siège de la municipalité dans la maison des Piliers sur la place de Grève (à l'emplacement de l'actuel Hôtel de Ville), marqua l'apogée du rôle politique du prévôt. Après son échec, les pouvoirs de la prévôté furent diminués, puis, en 1383 après la révolte des Maillotins, celle-ci fut supprimée et unie à la prévôté de Paris sous Audouin Chauveron ; les juridictions des métiers étaient alors dissoutes.
Rétablie en 1412, la prévôté restera dès lors subordonnée au roi. Les prévôts seront de plus recrutés parmi les officiers royaux, chez des gens de justice ou de finance. Le 18 août 1450, une assemblée décida « qu'on n'élirait point d'autre sujet que des gens natifs de la Ville de Paris ».
De 1533 à 1551 est édifiée la partie nord de l'Hôtel de Ville ; la construction, interrompue par les guerres de religion, est reprise sous Henri IV (1605) et achevée en 1628. Elle correspond à la partie centrale de l'édifice actuel (mais celui-ci a été entièrement reconstruit après les incendies de la Commune en mai 1871).
Par un édit de janvier 1577, Henri III accorda la noblesse aux Prévôts des marchands, Échevins et Procureurs du roi de la ville de Paris, avec la qualité de chevalier donnée aux Prévôts. Ces privilèges furent confirmés par Louis XIV en 1659 et novembre 1706.
Le 12 mai 1588, le prévôt Nicolas-Hector de Péreuse fut arrêté avec les échevins par la section dite des Seize, et ils furent remplacés de force par d'autres. « L'ancienne forme fut rétablie le 18 octobre 1590 », mais l'élection de 1592 fut retardée jusqu'au 9 novembre, par cause que "le Duc de Mayene y vouloit être présent". Après le siège de la ville par Henri IV, qui y entra solennellement le 22 mars 1594, Jean Luillier fut remplacé avec les échevins par Martin Langlois dès le 28 mars.
Le dernier prévôt des marchands, Jacques de Flesselles, fut assassiné le 14 juillet 1789 par les révolutionnaires qui prirent l'hôtel de ville, instaurèrent la première commune de Paris et désignèrent pour le remplacer Jean-Sylvain Bailly avec le titre de maire.
Élection du prévôt des marchands