Le président de la Géorgie (en géorgien : საქართველოს პრეზიდენტი) est le chef de l'État géorgien. Il est élu pour un mandat de cinq ans. À la suite d'une réforme constitutionnelle adoptée fin 2017, le président n'est plus élu au scrutin universel mais au scrutin indirect dès la fin du mandat du président élu au suffrage populaire en 2018. Le mandat de ce dernier étant exceptionnellement allongé à six ans.
La Constitution de la république démocratique de Géorgie ne comportait pas de présidence de la République, même si tour à tour Noé Ramichvili (1er président du Conseil des ministres), Nicolas Tcheidze (président du Parlement et représentant de la Géorgie à la conférence de la paix de Paris) et Noé Jordania (2e président du Conseil des ministres) ont assuré de 1918 à 1921 certaines fonctions de chef d'État.
Après sa sécession de l'Union soviétique le 9 avril 1991, le Conseil suprême crée, dès le 14 avril, le poste de président exécutif, et nomme par acclamation, et à l'unanimité, Zviad Gamsakhourdia à cette fonction. Le 26 mai suivant, Gamsakhourdia est élu président de la République au suffrage universel avec 87 % des voix. Contesté pour sa dérive autocratique, il est déposé par un coup d'État militaire en janvier 1992, mais demeure cependant président en exil jusqu'à sa mort lors d'une tentative avortée de reprise du pouvoir en décembre 1993.
Un conseil militaire dirige provisoirement le pays avant d'appeler Edouard Chevardnadze à prendre la tête d'un « Conseil d'État » le 10 mars 1992. Puis, à la suite d'élections législatives, Chevardnadze est élu président du nouveau Parlement le 6 novembre de la même année et exerce les fonctions de chef de l'État.
Avec l'adoption d'une nouvelle constitution le 24 août 1995, le poste de président de Géorgie est recréé. Élu le 5 novembre suivant, Chevardnadze est réélu le 9 avril 2000, mais doit démissionner le 23 novembre 2003 à la suite d'importantes manifestations appelées la révolution des Roses. Après le bref intérim de Nino Bourdjanadze, Mikheil Saakachvili est élu le 4 janvier 2004. Il ne remplit pas entièrement son mandat, mais démissionne volontairement après les tensions consécutives aux manifestations de novembre 2007. Réélu le 5 janvier 2008, il achève son mandat en novembre 2013, quand lui succède Guiorgui Margvelachvili.
Le 26 septembre 2017, le Parlement adopte une série d'amendements de la Constitution qui prévoient l'élection de celui-ci par un collège électoral de trois cents membres composé des députés et de représentants des conseils régionaux et municipaux, pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. L'élection présidentielle de 2018 est par conséquent la dernière à avoir lieu au suffrage populaire au scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Compte tenu de ces changements, le mandat du président à élire en 2018 est exceptionnellement allongé de cinq à six ans, pour ainsi faire coïncider l'élection du nouveau chef de l'État avec les législatives de 2024. La réforme réduit également davantage les prérogatives du président, et élève l'âge minimum de 35 à 40 ans, tandis que l'obligation de résidence d'au moins trois ans dans le pays avant la candidature à une présidentielle est levée.
Le 29 novembre 2018, Salomé Zourabichvili est élue au second tour de scrutin à la présidence de la République et prend ses fonctions le 16 décembre suivant. Elle a la particularité d'être née en France, de parents exilés politiques, d'avoir été diplomate française, ambassadrice de France en Géorgie, ministre des Affaires étrangères de Géorgie et députée au Parlement de Géorgie.
Six ans plus tard, le 14 décembre 2024, Mikhaïl Kavelachvili est élu président lors d'un scrutin contesté, se déroulant au suffrage indirect ; pour la première fois, le président est désigné par un collège électoral composé des membres du Parlement de Géorgie et de responsables territoriaux. Cette élection fait suite aux élections législatives du 26 octobre, dont les résultats, favorables au parti au pouvoir Rêve géorgien, est largement contesté par l'opposition politique et la société civile, qui dénoncent des fraudes d'ampleur. Mikhaïl Kavelachvili est investi président le 29 décembre, alors qu'ont lieu des manifestations massives depuis le début du mois de décembre. Malgré l'investiture du nouveau président, Salomé Zourabichvili ne quitte pas la présidence et déclare à la foule rassemblée pour la soutenir qu'elle emporte avec elle « la légitimité, le drapeau et votre confiance ». Elle affirme qu'elle ne partira que lorsqu'un président légitime aura été désigné, après de nouvelles élections législatives.
À la suite de la révision de la Constitution de 2017, le scrutin présidentiel intervient au scrutin indirect, et non plus au suffrage universel direct. Compte tenu de ces changements, le mandat du président élu au scrutin direct en 2018 a été exceptionnellement allongé de cinq à six ans, afin que la première élection présidentielle au scrutin indirect, organisée le 14 décembre 2024, fasse suite aux législatives de 2024.
Le président est élu pour un mandat de cinq ans — renouvelable une seule fois — au scrutin indirect uninominal majoritaire à deux tours par les 300 membres d'un collège électoral. Celui ci est composé des 150 députés du Parlement national, des 20 membres du Conseil suprême de la république autonome d'Abkhazie, des 21 membres du Conseil suprême de la république autonome d'Adjarie (en) et de 109 électeurs représentant les collectivités territoriales. Ces dernières se composent en 2024 de cinq villes autonomes — Tbilissi, Koutaïssi, Batoumi, Roustavi et Poti — ainsi que de 59 municipalités. Le nombre de représentants par ville ou municipalité est proportionnel à sa population, tandis que leur répartition se fait par appartenance à un parti politique. Chaque parti bénéficie ainsi de représentants en proportion de la part de ses membres dans le total des conseillers au niveau national.
L'élection présidentielle doit se tenir dans les 45 jours suivant la première session du Parlement nouvellement élu, ou suivant la vacance provoquée par la démission, la destitution ou le décès du président sortant. Si cette dernière intervient dans le mois précédent les élections législatives, elle est cependant reportée à la réunion de la nouvelle législature. Elle peut également être reportée si le pays est soumis à la loi martiale ou en État d'urgence, auquel cas elle est organisée dans les quarante cinq jours suivant leur révocation. Peut se porter candidat tout citoyen géorgien âgé d'au moins quarante ans, résident en Géorgie depuis au moins 15 ans, et bénéficiant du soutien d'au moins trente membres du collège électoral. Chacun des membres ne peut parrainer qu'un seul candidat, ce qui entraine un nombre maximal théorique de dix candidats en lice.
Est élu le candidat qui obtient la majorité qualifiée des deux tiers du total des membres du collège électoral, et non juste des suffrages exprimés, soit 198 voix. A défaut, un second tour est organisé entre les deux candidats arrivés en tête au premier tour, et celui recueillant le plus de voix est déclaré élu. Une victoire au premier comme au second tour n'est cependant considérée valide que si la participation franchit le quorum de 50 % des membres du collège. Si ce dernier n'est pas atteint, la procédure est recommencée, et une nouvelle élection organisée dans les trente jours.
L'article 72 de la Constitution de la Géorgie dispose que le président ne peut exercer aucune autre charge, y compris dans un parti politique, ni aucune activité commerciale, ni recevoir une autre rémunération ou indemnité pour l'exercice de toute autre fonction.
L'article 70(2) de la Constitution dispose que, pour être candidat, il faut être un citoyen né géorgien, avoir le droit de vote, avoir plus de 35 ans révolus, avoir résidé au moins 15 ans sur le territoire géorgien dont trois ans avant le jour des élections.
Le président est élu au suffrage libre, universel, égal, direct et secret pour un mandat de cinq ans. Il ne peut exercer que deux mandats consécutifs.