Le préservatif ou condom (ou capote, dans le registre familier) est un étui mince et souple, imperméable au sang, au sperme ainsi qu'aux sécrétions vaginales et péniennes, fabriqué en latex ou en polyuréthane. Il en existe deux types : le préservatif externe (masculin) et le préservatif interne (féminin).
Le préservatif s'avère être très efficace pour empêcher la transmission des infections sexuellement transmissibles (IST) par les sécrétions vaginales, péniennes et le sperme mais n'offre pas de protection face aux IST présentes sur les surfaces cutanées de la zone génitale. Ainsi le préservatif, correctement utilisé lors d'une relation sexuelle avec pénétration, est le seul contraceptif qui protège de la transmission du VIH et de l'hépatite B. Il ne constitue pas, en revanche, une protection efficace contre d'autres IST occasionnant un nombre important de décès, comme la syphilis (30% de protection seulement) ou encore le papillomavirus humain, responsable de plusieurs types de cancers dont le cancer du col de l'utérus et contre lequel seule la vaccination s'avère efficace. Enfin, il ne permet pas non plus de se protéger contre l'herpès génital responsable de conséquences psychologiques et sociales importantes pour la personne atteinte et dont la transmission au fœtus durant l'accouchement, appelée herpès néonatal, occasionne une importante mortalité et des séquelles lourdes.
On trouve des protecteurs de pénis sur des peintures de l'Égypte antique, mais il semble s'agir d'étui pénien à visée décorative ou magique, plutôt que de préservatif au sens moderne. Des mentions font également état, dans la Grèce antique vers 1200 av. J.-C., d'étuis façonnés à partir de vessies de poisson.
À l'époque romaine, des vessies d'animaux sont utilisées comme moyen de protection du pénis au cours de rapports sexuels.
Les Chinois fabriquaient des préservatifs avec du papier de soie huilé. Les Japonais se servaient du kabutogata, un étui pénien rigide fait d'écailles de tortue, qui servait à la fois de contraceptif et, éventuellement, de prothèse pour les érections défaillantes. Les Japonaises pouvaient s'en servir comme godemichet, et se placer aussi des boules de cuivre à clochettes (boules de geisha) dans le vagin, pour un accompagnement musical.
Gabriel Fallope propose l'utilisation de ce que certains ont d'abord cru être un préservatif, « fourreau d'étoffe légère, fait sur mesure, pour protéger des maladies vénériennes », pour se protéger de la syphilis dans De morbo gallico, publié après sa mort en 1564, après avoir testé son efficacité sur 1 100 hommes. Il écrivait en fait : « Demum cum coiverit ponat supra glandem et recurrat praeputium », indiquant qu'il s'agissait d'un remède posé après la relation.
Les origines exactes du préservatif ou condom restent inconnues.
Le terme condum (condom) apparait au début du XVIIIe siècle dans des poèmes anglais. En 1709, le journal anglais Tatler évoque le préservatif, appelé « condom », comme ayant été conçu par un « éminent » médecin anglais éponyme, mais le succès de son invention aurait fini « par rendre toute allusion à son nom contraire aux usages de la décence ». Cette théorie, la plus fréquemment citée, attribue l'invention à un docteur Condom ou Conton, médecin du roi d'Angleterre Charles II alors ennuyé par le nombre de ses enfants illégitimes. Une autre version fait de Condom non pas un médecin, mais un colonel de la garde. En fait, les historiens n'ont pu retrouver aucune trace d'un personnage nommé Condom.
Il existe d'autres théories marginales. Le terme « condom » serait l'accusatif du latin condus, du verbe condere, « enfermer, protéger ».
Il existe en France une ville nommée Condom, mais le nom du lieu n'a aucun lien avec l'objet en question. Kendü, un terme persan, désigne par ailleurs un long récipient fabriqué à partir de boyaux d'animaux utilisé pour garder le blé…
Dans la littérature médicale, le mot « condom » apparaît dans un traité sur les maladies vénériennes de Daniel Turner (1667-1741) en deux volumes, dont le premier est paru en 1717 à Londres sous le titre Siphylis [sic]. Les deux volumes de l'ouvrage ont été traduits en français et publiés à Paris en 1767 : Dissertation sur les maladies vénériennes.
Le premier médecin français à mentionner le condom est Jean Astruc (1684-1766) dans son De morbis venereis (1734). Il semble avoir lu Turner, car il utilise la même expression que lui : « entrer en lice avec une pique bien cuirassée ».
La fabrication des condoms, du XVIIIe siècle jusqu'au milieu du XIXe siècle, se fait à partir de membranes animales, et relève du domaine de la triperie. Le condom se prépare à partir de baudruche, ou de caecum de mouton, d'agneau ou autre animal – chèvre, veau… L'utilisation de vessie de poisson n'est pas démontrée.
Il existait trois modèles de qualité différente, selon la matière première et le traitement : commun, fin et superfin. Les superfins sont les plus élaborés : la matière première subit plusieurs lavages, et est ensuite parfumée, puis séchée sur des moules en verre, ce qui leur donne « un beau glacé ». Leur fragilité nécessitait de les doubler, en les mettant l'un dans l'autre, de façon inséparable.
À la fin du XVIIIe siècle, des historiens mentionnent, à Londres, une guerre commerciale des prospectus entre deux fabricantes de condoms, Mme Philips et Mme Perkins, qui se vantent d'avoir des commandes dans toute l'Europe, et de fournir jusqu'aux ambassadeurs et capitaines de navire.
Ils sont appelés « gants des dames », « peaux divines », « chemisettes », etc. À Paris, dans les années 1820, on peut se procurer des condoms aux galeries marchandes du Palais Royal, chez les « marchands de taffetas ciré ».
Giacomo Casanova (1725-1798) lui donne le nom de « redingote anglaise » et fait un usage important de ce « petit sac de peau que les Anglais ont inventé pour éviter au beau sexe de s'inquiéter. » Il donne la préférence aux condoms les plus fins, mais en testant leur résistance en les gonflant d'air.
Français et Anglais se rejettent mutuellement l'origine du condom, les anglais l'appelant french letter ou french baudruche. Ce refus d'assumer l'invention dans les deux pays indiquerait que l'origine du condom se situe d'abord dans les milieux libertins ou de prostitution comme un moyen de protection masculine, et non pas comme un moyen contraceptif.