José de la Cruz Porfirio Díaz Mori, plus connu sous le nom de Porfirio Díaz, né le 15 septembre 1830 à Oaxaca et mort le 2 juillet 1915 à Paris, est un homme d’État et militaire mexicain.
Il dirige le Mexique de 1876 à 1911, période appelée « Porfiriato » ou encore « Porfiriat », ne cédant le pouvoir par intérim qu'à ses fidèles Juan N. Méndez puis Manuel González.
La révolution mexicaine de 1910 le contraint à l'exil l'année suivante. Il meurt à Paris en 1915.
Porfirio Diaz est né le 15 septembre 1830 dans la ville d'Oaxaca, fils de José Faustino Díaz, un employé de commerce criollo (créole ou Espagnol né au Mexique) reconverti tanneur, et décédé alors que Porfirio n'avait que trois ans, et de María Petrona Mori, une aubergiste d'ascendance espagnole et mixtèque.
En 1843 à l'âge de treize ans Porfirio Díaz entre au séminaire d'Oaxaca, pour y étudier les arts, la physique, les mathématiques, la rhétorique et le latin. Il donna des classes de latin pour pouvoir aider sa famille. Il étudia également le droit romain dont il fut le meilleur élève de sa génération, en 1850 il en devint professeur. De 1852 à 1853 il eut pour professeur de droit civil Benito Juárez.
Porfirio Díaz a eu dans sa jeunesse pour mentor Marcos Pérez il fit également la connaissance de Benito Juárez (Pérez était l'un des proches) et dont il instaura le culte officiel qui perdure jusqu'à aujourd'hui.
En 1854, il prend part à l'élaboration du plan d'Ayutla, puis dès mars 1855 à la révolution d'Ayutla menés par les libéraux de Juan Álvarez contre le gouvernement conservateur d'Antonio López de Santa Anna qui, vaincu part en exil en 1855.
Il participe, dans le camp libéral, à la guerre de Réforme puis — Juárez est alors président — il lutte contre l'intervention française. Il participe notamment à la bataille de Puebla sous les ordres du général Ignacio Zaragoza, au siège de Puebla (du 16 mars au 17 mai 1863), puis à la bataille de Miahuatlán et à la bataille de La Carbonera.
Il reprend la ville de Puebla le 2 avril 1867 aux partisans de Maximilien Ier le 2 avril 1867 et celle de Mexico le 15 juin de la même année.
Adversaire de Benito Juárez, il est battu deux fois par celui-ci aux élections présidentielles de 1867 et de 1871, où malgré des soupçons de fraude, Juárez est élu avec 5 837 voix en sa faveur.
Il se soulève contre lui en 1871 (plan de la Noria (es)) un an avant la disparition de Juárez, mais échoue. Le nouveau président Sebastián Lerdo de Tejada lui offre alors l'amnistie. Mais Porfirio Díaz organise une rébellion qu'il déclenche contre Lerdo quand celui-ci cherche sa réélection en 1876.
La capitale est conquise le 21 novembre suivant.
Il accède à la présidence le 28 novembre 1876 à la suite de la révolution de Tuxtepec (es) et devient ainsi le vingt-neuvième président du Mexique, mais cède le pouvoir dès le 6 décembre à son compagnon d'armes, Juan N. Méndez, qui assure la présidence par intérim jusqu'au 17 février 1877, date à partir de laquelle il reprend la direction du pays. Les élections du mois d'avril suivant le confirment dans ses fonctions présidentielles jusqu'en 1880. Il épouse en secondes noces Carmen Romero Rubio en 1881.
Ne pouvant se représenter en vertu d'un amendement à la Constitution de 1857, il laisse son ami le général Manuel González être élu président et lui transmet le pouvoir le 1er décembre 1880. Quatre ans plus tard, Díaz obtient facilement d'être élu de nouveau et en 1887, un deuxième amendement constitutionnel autorise Díaz à briguer un second mandat consécutif, puis en 1890, un troisième supprime la limite du nombre de mandats.
Díaz arrive à la tête d'un pays exsangue à la suite de la Guerre d'Indépendance et à l'instabilité politique qui la suivit, puis de la perte du Texas en 1836, à la perte de la moitié de son territoire (guerre américano-mexicaine 1847-1848), à la guerre de Réforme, puis à l'intervention française, mais durant sa présidence, la situation économique du Mexique (es) s'améliore (augmentation des investissements étrangers, réduction de la dette).
L'absence de politique de redistribution des richesses, notion pratiquement inexistante au XIXe siècle ne permet pas de juguler la pauvreté héritée des périodes préhispaniques et coloniales d'une part importante de la population. Le problème de la pauvreté persiste jusqu'en 2023, selon les chiffres publiés par la CEPAL 88 % des habitants des zones rurales vivent dans la pauvreté (62 % dans la pauvreté extrême) .Pour ce qui est de villes 68 % des habitants vit dans la pauvreté (37 % dans la pauvreté extrême).
Il serait l'auteur de la phrase « Pauvre Mexique, si loin de Dieu et si près des États-Unis ».
Son régime est connu au Mexique sous le nom de Porfiriato. Pendant cette période l'application des lois de Réforme et en particulier la Ley Lerdo (es) ont favorisé la concentration de la propriété foncière au profit d'une minorité d'investisseurs et de propriétaires terriens, les seuls qui avaient les moyens financiers d'acquérir les terres nationalisées en vertu de ces lois par l'État mexicain et qui appartenaient précédemment à l'Église et aux collectivités villageoises depuis la période coloniale.