Ce Jour-là

Popeck

Acteur français

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Judka Herpstu, dit Popeck, né le 18 mai 1935 à Paris, est un humoriste et acteur français.

Fils d'immigrés juifs d'Europe de l'Est, enfant caché pendant la guerre, il s'oriente d'abord vers une carrière d'acteur dramatique sous le pseudonyme de Jean Herbert.

Au milieu des années 1960, inspiré par la personnalité de son père, il crée le personnage de Popeck, vieux grognon râleur, reconnaissable à son accent yiddish, son costume trois pièces et son chapeau melon, vendeur de caleçons molletonnés de son état, qui ne cesse de répéter à son auditoire : « On n'est pas des sauvages, tout de même ! »

Il devient connu du grand public dans la France entière à partir de 1978 suite à son premier succès au Café d’Edgar de Montparnasse. Ses nouveaux succès d'humoriste le poussent alors progressivement à abandonner le répertoire classique au profit de spectacles comiques et de sketchs qu'il joue d'abord dans de petits théâtres, puis sur des scènes plus importantes, comme l'Olympia ou le Palais des congrès. Des sketchs comme Le Tribunal, Le Dîner chez Maxim's et Le Bois de Boulogne sont devenus des classiques du genre et lui ont permis de participer à plusieurs films au cinéma ou à la télévision, dont Le Pianiste du réalisateur oscarisé Roman Polanski (2002) ou Ils sont partout d’Yvan Attal (2016).

Souvent considéré comme « le doyen de l'humour » en France, Popeck continue de se produire régulièrement sur scène jusqu'à son dernier spectacle en décembre 2025.

Judka Herpstu naît le 18 mai 1935 dans le 10e arrondissement de Paris, benjamin d'une famille juive ashkénaze. Son père, Jancu Herpstu (1878-1961), venant de Roumanie, est naturalisé le 25 juin 1910. Il échappe à la conscription mais est mobilisé en août 1914 jusqu'à sa réforme le 11 novembre suivant. Il rencontre sa mère Esther Zgierska, née en décembre 1900 à Varsovieen Pologne russe et plus jeune que lui de vingt-deux ans. Il a trois demi-sœurs plus âgées, deux issues du premier mariage de son père, Léontine, dite Lyli, et Berthe, respectivement aînées de 34 et 29 ans, nées dans le 18e arrondissement de Paris, et une, de 10 ans son aînée, issue d'une première union de sa mère. Ils vivent pauvrement dans une chambre de bonne au 36 rue de Rochechouart, dans le 9e arrondissement.

Il apparaît à trois ans dans le film La Charrette fantôme de Julien Duvivier, sorti en 1939. Grandissant en France dans une famille où l'on parle le yiddish, il le comprend peu ou prou mais ne le parle pas et déclare avoir eu honte de l'accent de son père.

La Seconde Guerre mondiale s'abat sur la France et l'enfant est confié pendant l'exode aux bons soins de l'Œuvre de secours aux enfants qui le place au Château de Chaumont (Creuse) jusqu'au début de l'année 1942, où son père vient le récupérer. L'enfant, qui doit porter l'étoile jaune, est de nouveau placé par l'OSE en novembre 1942 auprès d'agriculteurs, à Viarmes, jusqu’à la Libération et, derechef en mai 1945, après qu’il a été renvoyé de l'école de la rue Louis-Blanc, dans le 10e arrondissement pour avoir frappé un élève qui l'avait traité de « sale Blum ».

Entre les visites occasionnelles de son père et la mort en déportation de sa mère dont il n'a pas gardé de souvenir précis (il a sept ans lorsqu’elle est raflée sans comprendre ce qui lui est reproché ; déportée à Drancy par le convoi no 3, elle est assassinée à Auschwitz), c’est l’OSE qui lui sert de foyer principal, c’est là qu’il se construit ses premiers souvenirs et qu’il s’amuse clandestinement à mélanger les accents des parents absents ou disparus.

En septembre 1945, il est placé en pension au Mesnil-le-Roi, en Seine-et-Oise, puis dans un foyer pour adolescents au Vésinet, et apprend l'ébénisterie à Saint-Germain-en-Laye. Il travaille ensuite faubourg Saint-Antoine dans un atelier d’ébénisterie. Après la fermeture de l'atelier où il travaillait, il devient clerc d'huissier pendant un mois. Il entre ensuite dans un foyer de jeunes travailleurs à La Varenne Saint-Hilaire, dans la Seine.

À 19 ans, il fait ce qu’il qualifie de bêtise avec Marina, une Bretonne de deux ans sa cadette qui se retrouve enceinte de son fait. La directrice du foyer l’astreint à ses responsabilités, et les noces se tiennent à Saint-Maur-des-Fossés, trois mois avant la naissance de son premier fils, Ludovic-David. Le jeune couple vit dans un petit appartement dans le Marais mais se dispute continuellement. Il déclarera le 28 janvier 2021 avoir été en réalité violé et battu par sa femme, affirmant que les policiers qui ont reçu sa plainte se sont moqués de lui. Quoi qu’il en soit, il divorce et se remarie avec Anne, étudiante. Il a avoué en 2024, dans l'émission L'Invité de TV5 Monde, que c'était en fait un bout de Sketch, donc à prendre au second degré.

De 1956 à 1962, Judka Herpstu réside au 169 de la rue Saint-Martin ; il vit de petits métiers dont celui de vendeur de caleçons molletonnés sur les marchés, clerc d'huissier, manutentionnaire, gardien de nuit, chauffeur de poids lourds pour la SNCF, livreur, employé des pompes funèbres chargé de livrer fleurs et couronnes.

Incorporé en février 1957 au 1er régiment du train où se trouve également Jean Yanne, il est dispensé d'aller faire la guerre en Algérie, car sa mère est morte en déportation.

Ambitionnant de faire la comédie depuis que la directrice de La Varenne lui avait demandé de jouer le rôle du capitaine dans Maître après Dieu à l'occasion d'une fête au foyer, il s’inscrit au cours Simon et remporte le prix Marcel-Achard qui lui est délivré par son éponyme (lorsqu’il montre ce prix à son père, celui-ci salue la réussite de son fils par « Je me demande de qui tu tiens ce don-là! […] Ça doit être de ta mère, elle mentait tout le temps »). Sur les conseils de René Simon, il prend un pseudonyme et décide de garder ses initiales et de se faire appeler "Jean Herbert". Il se destine alors à une carrière dramatique mais n’obtient que des petits rôles au théâtre, à la télévision dans Chéri-Bibi de Jean Pignol et au cinéma, notamment dans Les Compagnons de Baal de Pierre Prévert par l’entremise de son ami Charles Denner.

Le personnage de Popeck est créé en 1968, alors que Judka Herpstu joue un rôle de valet russe dans l’Idiot de Dostoïevski aux côtés de son ami le comédien Marie-Pierre de Gérando ; à l'entracte, revêtu de son costume de scène trois-pièces, il divertit l’assistance en imitant l'un de ses anciens patrons et son père, mort sept ans avant. Poursuivant sa carrière, il rode ses sketchs dans de petits cabarets et, tandis que « Jean Herbert » n'est connu que d'un petit nombre d'intermittents du spectacle, « Popeck » se fait un nom au café-théâtre, notamment au Café d'Edgar de Montparnasse.

Il décroche cinq ans plus tard le rôle de Moïshe Schmoll dans Les Aventures de Rabbi Jacob dirigé par Gérard Oury. Bien que mineur, ce rôle qu’il joue au côté de Louis de Funès, l'encourage fortement à poursuivre dans cette veine humoristique mais il est averti par l’impresario de Brigitte Bardot qu’il risque d’être cantonné dans un genre qui ne rend pas justice à ses talents de comédien, il ne saisit pas la perche et choisit de faire figurer "Jean Herbert" au générique, un choix qu’il dira ensuite regretter.

"Jean Herbert" disparaît en effet progressivement pour laisser la place au personnage du Juif ashkénaze, à la télévision comme à la scène. L'Olympia en 1990, le festival Juste pour rire de Montréal et le Palais des congrès, où il fait salle comble en 1992, lui ouvrent leurs portes. Pierre Chesnot lui écrit une pièce sur mesure, Drôles d'oiseaux, dans laquelle il triomphe également. Son talent d’humoriste mais aussi de comédien, désormais reconnu, il se voit offrir de plus grands rôles dont Harpagon dans l'Avare ou Toussaint dans Bas les cœurs. Cependant, dans ces rôles et d’autres, qu’ils soient comiques (comme dans l’Amour Foot de Robert Lamoureux) ou dramatiques (il a incarné le fou du ghetto de Varsovie en 2002, dans Le Pianiste de Roman Polanski), qu’ils soient liés ou non au monde juif (comme Léonide, le divorcé acariâtre de Sylvia et propriétaire de la Rêverie ou Ernest, le patriarche de Simon Konianski), c’est le nom de Popeck (ou Popek) qui figure à l’affiche ou au générique.

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