Ce Jour-là

Pompée

Consul romain en 70, 55 et 52 av. J.-C.

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Pompée dit « le Grand » (latin : Cnaeus Pompeius Magnus), né le 29 septembre 106 av. J.-C. dans le Picénum et mort le 28 septembre 48 av. J.-C. à Péluse, en Égypte ptolémaïque, est un militaire et homme d'État romain.

Né dans une famille de l'aristocratie, il commence sa carrière militaire sous les ordres de son père, qui est consul sous le nom de Strabo ; le nom de sa mère n’est pas enregistré dans les sources historiques. En revanche, on connaît les noms de ses femmes (Antista, Æmilia Scaura, Mucia Tertia, Julia, Cornelia Metella) et de ses enfants (Cnaeus Pompeius, Pompeia Magna, Sextus Pompeius).

Pompée mène une carrière militaire remarquable et remporte de nombreuses victoires pour Rome. Il grandit dans une famille influente de la République romaine, avec un père qui est renommé et un ami proche de Sylla, un homme d'État romain influent. À l'âge de 17 ans, Pompée sert aux côtés de son père lors d'une campagne en Afrique du Nord. Plus tard, il combat aux côtés de Sylla lors de la guerre civile qui suivit la mort de Marius. Puis il se joint à Sylla dans la seconde guerre civile contre les populares, et remporte de nombreux succès pour le compte du futur dictateur. Celui-ci lui accorde sa confiance ainsi que sa belle-fille, Æmilia Scaura, qui décède peu après. Pompée remporte de nouvelles victoires importantes en Sicile et en Afrique en fin d'année 82, qui lui valent le triomphe l'année suivante, à l'âge de vingt-cinq ans seulement. En 79, Sylla arrange son mariage avec Mucia Tertia pour s'assurer de sa loyauté. Il acquiert rapidement une réputation de courage et de compétence sur le champ de bataille, et est élu consul en 70 av. J.-C., à l'âge de 36 ans.

De 77 à 72, Pompée est chargé de mener en Hispanie une guerre difficile contre Sertorius, qui a constitué dans la péninsule Ibérique un État indépendant. S'étant couvert de gloire par sa victoire sur les pirates de Méditerranée en 67, puis par ses conquêtes en Orient les années suivantes, Pompée est envoyé en Asie en 66 av. J.-C. pour lutter contre le roi Mithridate VI du Pont, qui menaçait les intérêts romains dans la région. Pompée remporte une série de victoires contre Mithridate, qui est finalement contraint de se suicider en 63 av. J.-C. Après sa victoire contre Mithridate, Pompée mène une campagne en Arménie et en Judée pour pacifier la région. Il forme avec César et Crassus le premier triumvirat, par lequel les trois se partagent le pouvoir à Rome en 60. Il divorce alors de Mucia, infidèle, pour épouser Julia César, la fille de son compère. Le décès de Julia et la mort au combat de Crassus mettent à mal le triumvirat. En 63 et 55 av. J.-C., Pompée réalise l'annexion de la Syrie et la conquête de l'Égypte.

En 55 av. J.-C., Pompée est désigné par le Sénat consul une seconde fois, avec de nouveau Crassus. En 52, fait exceptionnel, il est élu consul unique, pour rétablir l'ordre dans la cité en proie à des affrontements après la mort de Publius Clodius Pulcher, qui soutenait politiquement César.

Lors de la mort de Crassus en 53 av. J.-C., Pompée et César entrent en conflit, ce qui conduit à la guerre civile qui éclate en 49. En dépit de l'opposition de Caton, inquiet de son influence grandissante dans les affaires de l'État, une majorité des sénateurs se rangent derrière lui et déclarent César ennemi public. Après une campagne difficile en Grèce en 48 contre les forces de César, qui se termine par sa défaite lors de la bataille de Pharsale, Pompée se réfugie en Égypte, où il est assassiné sur l'ordre de Ptolémée XIII, sur la plage de Péluse, le 28 septembre 48.

Brillant général, il célèbre trois triomphes au cours de sa vie. Il est surnommé par Sylla et par ses soldats « Pompée le Grand » en référence à Alexandre le Grand. En tant qu'administrateur, Pompée se veut un brillant bâtisseur. Il fonde Nicopolis, dans la province du Pont. Il revendique la création de bien d'autres cités en Orient, comme Pompéiopolis, en Cilicie, et également en Hispanie. À Rome, il fait construire un imposant complexe sur le Champ de Mars, notamment avec un immense théâtre ainsi que plusieurs temples et la Curie de Pompée, dans laquelle César sera assassiné. Il est également à l'origine de la création des provinces romaines de Syrie et de Pont-Bythinie.

Pompée est le fils de Cnaeus Pompeius Strabo, petit-fils de Sextus, originaire du Picenum, une région située en Italie centrale. Strabo possède des domaines si vastes qu'il est en mesure de lever lui-même des troupes parmi ses tenanciers. La famille Pompeia appartient à l'aristocratie municipale du Picenum et est probablement la plus influente et la plus riche de la région.

Le père de Strabo devient le premier de sa branche de la gens Pompeia à obtenir le statut de sénateur à Rome, malgré les préjugés anti-ruraux du Sénat de la République romaine. Le consul de 141 et censeur en 131 av. J.-C. Quintus Pompeius, fils d'Aulus, est d'une autre branche de la gens, et Sextus Pompeius n'est pas son descendant. Celui-ci atteint la préture et devient gouverneur de Macédoine en 117, mais il meurt aux combats contre les Celtes des Balkans avant d'avoir pu prétendre au consulat.

Strabo épouse avant 106 une Lucilia, fille du sénateur Manius Lucilius et nièce du poète satirique Caius Lucilius, ce qui permet à Strabo d'intégrer l'aristocratie romaine. Comme cela se faisait à Rome, il se fait connaître en intentant des procès, notamment contre un magistrat dont il est le questeur en Sardaigne en l'an 104. Après avoir prouvé ses talents militaires, Strabo gravit les échelons du cursus honorum jusqu'à la préture probablement en 94[réf. nécessaire] (il n'est pas préteur selon d'autres, ce qui pose un problème quand il devient consul) puis il est promagistrat en Sicile en l'an 93.

Au commencement de la terrible guerre sociale, Strabo est un des dix légats que les consuls romains s'adjoignent pour faire face à la menace, avec entre autres Caius Marius et Sylla. Il est chargé de pacifier sa région natale, le Picenum. Cependant, il se heurte à de grandes difficultés et les opérations traînent en longueur sur plusieurs mois. Il ne parvient pas à s'emparer d'Asculum par surprise, est contraint de l'assiéger, et doit faire face à des insurgés particulièrement extrémistes. Il doit faire face à de nombreuses sorties, puis est contraint de se retirer, avant d'être à son tour assiégé dans une colonie jusqu'à l'hiver 90. Il se dégage avec l'aide de Publius Sulpicius Rufus, puis assiège à nouveau Asculum. Il est élu consul pour l'an 89 avec Lucius Porcius Cato. Ce dernier est chargé d'attaquer les Marses par le sud tandis que Strabo doit les contourner par le nord. Il intercepte une importante armée italique en direction de l’Étrurie. Une entrevue a lieu entre les deux chefs, à laquelle assiste le jeune Cicéron, le frère de Strabo ainsi que probablement le jeune Pompée. Les Romains repoussent finalement les Marses, qui perdent beaucoup d'hommes dans leur retraite en plein hiver de ce début d'année 89. Il remporte d'autres succès, s'empare de Corfinium et soumet les Marses. Asculum finit par tomber à son tour, ce qui offre à son père un butin extraordinaire lors du pillage de la ville par ses troupes. Butin qu'il ne reverse pas au trésor romain, ce qui confirme la mauvaise réputation qu'il a. Il célèbre un triomphe à la toute fin de l'année.

Pendant les deux années suivantes, Strabo joue un rôle ambigu dans la première guerre civile entre Marius et Sylla. Il est à la tête d'une armée en tant que proconsul pour réduire les dernières poches de résistance. Sylla marche sur Rome, contraignant Marius à l'exil. Quand, à la fin de l'année 88, le consul Quintus Pompeius Rufus lui succède à la tête de son armée, celui-ci est tué par ses soldats sans que Strabo intervienne. Il ne punit d'ailleurs pas les assassins. Lorsqu'en 87, Cinna, consul dépouillé de son titre pour avoir voulu rappeler Marius, Strabo est appelé à défendre la ville, bien que le Sénat ne sache que penser de ses intentions. Strabo tente de négocier avec Marius et Cinna mais, traité avec mépris, il se joint au camp des optimates affaiblis. Des combats sanglants ont lieu, et Strabo cherche à se faire élire consul pour la deuxième fois pour prix de son ralliement. Une épidémie se propage dans les armées, Strabo tombe malade et meurt en cette année 87.

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