Ce Jour-là

Politique italienne de Napoléon III

La politique italienne de Napoléon III est marquée par le soutien de la France à l'unification italienne, la péninsule é

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La politique italienne de Napoléon III est marquée par le soutien de la France à l'unification italienne, la péninsule étant alors morcelée et dominée par l'empire d'Autriche.

Arrivé au pouvoir par son coup d'État du 2 décembre 1851, Napoléon III demeure préoccupé par la question de l'unité italienne. La nation italienne reste en effet divisée en de nombreuses petites entités territoriales qu'il a désormais — en tant que maître d'une puissance militaire d'importance — le pouvoir d'aider à s'unifier. Il doit cependant rassurer les catholiques, inquiets des menaces que l'unification pourrait causer aux intérêts du pape. Il décide finalement de s'engager pour la cause italienne contre l'empire d'Autriche en 1859, mais doit finalement modérer son action du fait d'une situation diplomatique inquiétante, notamment la menace prussienne.

La France y gagne la Lombardie qu'elle rétrocède à Victor-Emmanuel II. Après l'annexion des duchés de Parme, Modène et de Toscane, la France reçoit la Savoie et le comté de Nice. La paix de Villafranca est signée, mais laisse la France dans une situation diplomatique délicate.

La sympathie de Napoléon III pour la cause italienne

L'Italie est divisée entre les États pontificaux, les royaumes des Deux-Siciles et de Piémont-Sardaigne, plusieurs duchés (Parme, Modène et le grand-duché de Toscane) ainsi que l'Autriche. Celle-ci est en position dominante car elle contrôle directement la Lombardie-Vénétie, et par princes interposés Modène et la Toscane.

Le futur Napoléon III réside à Rome à partir de 1823 et s'y initie aux débats politiques, avec notamment pour sujet la liberté des peuples à disposer d'eux mêmes. Il fréquente le milieu des carbonari et participe aux insurrections de 1830. Lorsqu'il prend le pouvoir par les élections, puis par le coup d'État du 2 décembre 1851, Napoléon III est préoccupé par « le principe des nationalités » du Printemps des peuples. Il souhaite que les Italiens soient libres mais les Français, en majorité catholiques, redoutent que cette unité italienne se fasse au détriment du pape qui y perdrait ses États pontificaux. Par ailleurs, l'unification de l'Italie nécessite une confrontation avec l'Autriche.

La première guerre d'indépendance italienne (1848-1849)

En 1847, l'Italie connaît une poussée libérale avec l'élection de Pie IX qui amnistie les prisonniers politiques et l'introduction de réformes institutionnelles. L'opinion libérale est galvanisée par la position de l’Église, ce qui amène par exemple Léopold II de Toscane à réduire la censure.

En Autriche, le 14 mars, Metternich doit laisser son poste. Les événements à Vienne ont une répercussion immédiate dans le royaume de Lombardie-Vénétie : Venise s'insurge le 17 mars suivie par Milan qui chasse les troupes autrichiennes au cours de cinq jours d'insurrections. Un gouvernement provisoire est constitué. Les différents États mettent en place une constitution sur le modèle de la constitution française et les parlements élus se montrent anti-autrichiens.

Le 23 mars, Charles-Albert de Savoie, roi de Piémont-Sardaigne, décide d'apporter son aide aux insurgés et déclare la guerre à l'Autriche. Il est soutenu militairement par les États pontificaux, le royaume des Deux-Siciles, le grand-duché de Toscane avant qu'ils ne fassent volte-face. Pie IX recule devant le mécontentement de Vienne au soutien de Rome à une telle action et Ferdinand II lorsqu'il entrevoit l'hégémonie piémontaise lorsque celle-ci procède à l'annexion par plébiscite de la Lombardie et des différents duchés alors même que la guerre n'est pas finie. Les Siciliens déclarent la déchéance de Ferdinand II (13 avril).

Les officiers supérieurs qui assument le commandement de l'armée piémontaise sont pour la plupart des carbonari qui refusent de renoncer à l'expédition. Après les premiers succès, le 25 juillet 1848, le royaume de Sardaigne est défait par les troupes autrichiennes mené par Schwarzenberg à Custoza.

Face à la contestation libérale et démocratique et l’assassinat de son chef du gouvernement Pellegrino Rossi, le pape Pie IX quitte Rome et une république est instituée, dont Giuseppe Mazzini est un des principaux dirigeants. Le pape revient à Rome le 1er avril 1849 avec l'aide militaire des Français, fidèles alliés du pape.

Charles-Albert reprend les hostilités mais après avoir été définitivement battu à la bataille de Novare, il abdique au profit de son fils Victor-Emmanuel qui signe l'armistice avec les Autrichiens. La Lombardie redevient Autrichienne, les petits duchés retrouvent leur souverains, seule Venise résiste provisoirement. Cavour est appelé au pouvoir en octobre 1850 et devient président du Conseil (Premier ministre) en février 1852.

Le rapprochement de la France et du Piémont

Cavour, au pouvoir depuis 1852, souhaite moderniser le royaume de Sardaigne. Il essaie d'entretenir de bonnes relations diplomatiques avec l'Empire en jouant sur le sentiment pro-italien de Napoléon III. La guerre de Crimée, au cours de laquelle le Piémont intervient aux côtés de la France, permet ce rapprochement.

Le 14 janvier 1858, trois bombes sont cependant lancées sur le couple impérial qui se rend à l'Opéra par quatre Italiens, dont Felice Orsini, ancien carbonaro. Beaucoup craignent alors que les rapprochements diplomatiques effectués soient réduits à néant du fait de la nationalité des poseurs de bombes. Orsini et ses trois compatriotes (Gomez, Pieri, De Rudio) sont jugés et donnent une publicité inattendue à la cause indépendantiste.

Napoléon III, sorti indemne de cet attentat comme son épouse Eugénie, laisse circuler les écrits nationalistes d'Orsini et prend contact avec Cavour, par l'entremise de Henri Conneau durant l'été 1858. Ils se rencontrent à Plombières le 21 juillet 1858 et mettent en place une alliance, définissant une stratégie pour que l'unité italienne voie le jour. En premier, une alliance militaire entre la France et le Piémont est décidée afin de chasser les Autrichiens du territoire italien. En second lieu, une future organisation politique de l'Italie sera mise en place lorsque la victoire sera acquise. Le pape présidera alors cette Italie réunifiée, composée de quatre États : l'Italie du Nord, l'Italie centrale, les États pontificaux et le royaume des Deux-Siciles.

En échange de l'aide de la France, Cavour promet à Napoléon III la Savoie et la ville de Nice. Deux mois plus tard, le prince Napoléon se rend dans le Piémont afin d'y préparer son mariage avec la fille de Victor-Emmanuel, mais aussi pour signer un accord trilatéral (militaire, financier et diplomatique).

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