Ce Jour-là

Politique étrangère de la Corée du Nord

La Corée du Nord a établi des relations diplomatiques avec plus de 150 États. De plus, elle est membre de l'ONU qu'elle

Anúncio

La Corée du Nord a établi des relations diplomatiques avec plus de 150 États. De plus, elle est membre de l'ONU qu'elle a rejoint le 17 septembre 1991, en même temps que la Corée du Sud, mais c'est le seul État (reconnu par l'ONU) qui n'est pas membre d'une organisation régionale.

Après son retrait du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), la Corée du Nord est devenue la neuvième puissance nucléaire à la suite de son essai du 9 octobre 2006 condamné par la communauté internationale.

Les relations avec les deux Corées, régimes concurrents revendiquant l'un et l'autre une légitimité à représenter l'ensemble de la péninsule ont été très tendues jusqu'à la fin de la guerre froide, des accrochages militaires ayant encore lieu sporadiquement de nos jours.

Toutefois, après l'éclatement de l'URSS, les deux Corée sont entrées conjointement à l'ONU et ont été l'une et l'autre reconnues par la quasi-totalité des États.

La Corée du Sud a développé depuis les années 1990 une politique du « rayon de soleil » (« sunshine policy»), à l'initiative de l'ancien président Kim Dae-jung. La politique d'ouverture progressive entre les gouvernements du Nord et du Sud se fonde sur la déclaration conjointe du 15 juin 2000 : échanges de familles séparées, intensification des relations commerciales, réouverture de la ligne de chemin de fer reliant Séoul à Pyongyang après le passage de deux convois de part et d'autre de la zone démilitarisée le 17 mai 2007 (voir aussi l'article consacré à la réunification de la Corée). Un second sommet intercoréen, entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il et le président sud-coréen Roh Moo-hyun, a eu lieu à Pyongyang du 28 au 30 août 2007.

Contrairement aux États-Unis, la Corée du Sud mise sur le dialogue et les échanges avec son voisin du Nord pour parvenir à une réunification pacifique et indépendante, objectif partagé de la déclaration conjointe. En 2005, la Corée du Sud s'est ainsi abstenue lors du vote sur une résolution des Nations unies condamnant le manque de respect des Droits de l'homme en Corée du Nord.

Le resserrement des relations économiques entre la république populaire de Chine et la république populaire démocratique de Corée inquiète les Sud-Coréens partisans de la réunification de la péninsule. En début d'année 2006, l'ancien président Kim Dae-jung a ainsi déclaré que « la Corée du Nord est submergée par le capital et par les produits chinois. Si rien n'est fait, elle finira par se fondre dans le bloc économique chinois. »

Sous les gouvernements conservateurs de Lee Myung-bak (2008-2013) et Park Geun-hye (2013-2017), la Corée du Sud refuse toute négociation, soutenue dans ce choix par les États-Unis. Pourtant, l’ancien ministre de l’Unification sud-coréen Jeong Se-hyun reconnaitra que « ce n’était pas une politique. On ne pouvait pas s’attendre à ce que la Corée du Nord abandonne volontairement l’arme atomique sans aucune compensation. Ironiquement, cela lui a donné le temps d’affiner sa technologie nucléaire. » Élu en 2017, Moon Jae-in relance le dialogue et rencontre Kim Jong-Un en avril 2018.

Mais, depuis novembre 2023, la Corée du Nord à coupée toutes les avancées dans les relations diplomatiques avec le Sud, en rompant la promesse de paix que les deux pays s'étaient fait en 2018, en évoquant "l'escalade de violence" envers la Corée du Nord par le Sud. Cela s'aggrave en 2024 où Kim Jong-Un définit la Corée du Sud comme "1e pays hostile envers la nation" et ordonne la suppression de tout signe de réconciliation au Nord.

Diplomatiquement, le principal allié de la république populaire démocratique de Corée est la république populaire de Chine qui l'a soutenu militairement lors de la guerre de Corée et qui abrite une minorité coréenne de 2 millions de personnes.

La Corée du Nord serait par ailleurs l'un des principaux récipiendaires de l'aide économique et humanitaire chinoise.

L'alliance politique avec Pyongyang se fonde sur le Traité d'amitié, de coopération et d'assistance mutuelle signé entre les deux pays en 1961.

Une partie des militaires chinois sont plus particulièrement favorables au régime nord-coréen. En effet, Pékin rejette un scénario de réunification de la Corée qui, en maintenant la présence des troupes américaines au sud de la péninsule coréenne, signifierait une implantation militaire américaine directe à sa frontière nord-est, le long d'une des régions le plus industrialisée du pays, la Mandchourie. Autant dire que la pérennisation d'un régime communiste à Pyongyang relève d'une grande importance stratégique pour Pékin.

Sur le dossier nucléaire nord-coréen auquel elle participe activement au sein des pourparlers à six (les deux Corée, la Chine, les États-Unis, la Russie et le Japon), Pékin souhaite la dénucléarisation de l'ensemble de la péninsule coréenne. Le dialogue a été poussé au sommet des deux États avec des rencontres bilatérales entre Kim Jong-un et Xi Jinping.

La Chine encourage la libéralisation économique de la Corée du Nord, où ses entreprises s'implantent en nombre croissant : les investissements chinois en Corée du Nord ont atteint 14,37 millions d'euros en 2005. La verrerie de Taean, inaugurée le 9 octobre 2005, symbolise la coopération économique entre les deux pays.

Le dirigeant Kim Jong-il a effectué plusieurs voyages en Chine, le plus récent datant de juin 2010, pour apprécier les évolutions économiques avec son voisin.

L'accord d'échange culturel entre Pékin et Pyongyang a été renouvelé le 10 avril 2006 pour la période 2006-2008.

Concernant la Russie, les relations s'étaient distendues avant la disparition de l'URSS parallèlement à l'intensification des échanges entre l'URSS et la Corée du Sud, alors que la diplomatie nord-coréenne avait poursuivi une politique d'équilibre et d'indépendance vis-à-vis de l'URSS et de la république populaire de Chine. En 1988, l'aide financière de l'URSS à la Corée du Nord a été divisée par quatre et les conditions préférentielles de livraison de pétrole soviétique ont cessé dès le début des années 1990.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium