Ploërmel (/plo.ɛʁ.mɛl/ ) est une commune française située dans le département du Morbihan, en région Bretagne. Elle a été créée en 2019 avec le statut de commune nouvelle par le regroupement de la commune historique de Ploërmel (51 km2) avec celle de Monterrein (7 km2).
Même si plusieurs monuments mégalithiques remarquables (allées couvertes et menhirs) témoignent de l'occupation du territoire communal à l'époque du néolithique final (3000 à 2300 av. J.-C.) et que différents indices d'occupation protohistorique et antique ont pu être relevés, le toponyme Plebs Arthmael, qui donnera Ploërmel, est attesté pour la première fois en 835 dans le cartulaire de Redon. À la fin du XIIe siècle, Ploërmel avec sa modeste châtellenie qui s'étend sur une dizaine de paroisses, est l'une des composantes de l'important domaine du duché de Bretagne, la seule alors du centre Bretagne. La ville va ensuite être honorée jusqu'au XVIe siècle de la présence des ducs de Bretagne pour sa position stratégique. Au XVIe siècle, elle entre dans le domaine royal. Les guerres de la Ligue sont à l’origine de la destruction du couvent des Carmes, reconstruit plus tard. Après la période révolutionnaire marquée par une série d’embuscades, Jean-Marie de La Mennais crée en 1824 l’Institut des Frères de l'Instruction chrétienne.
L'arrivée du chemin de fer en 1882 sort la ville de son isolement et contribue au développement des foires et des commerces. En 1904, les frères sont expulsés par l'armée. Occupée par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, Ploërmel est bombardée le 12 juin 1944. La ville connaît un important développement économique et démographique à partir des années 1970, puisque sa population progresse de 61 % entre 1968 et 2013, notamment grâce à l'aménagement de la voie rapide Rennes-Lorient (RN 24) et une importante urbanisation. Le 1er janvier 2019, la commune absorbe la commune de Monterrein en prenant le statut administratif de commune nouvelle.
La ville possède un patrimoine architectural tant civil que religieux particulièrement riche. Si peu de parties des fortifications ont résisté aux différents conflits qui ont affecté la ville, certaines peuvent encore être observées sur l’enceinte nord de la ville, comme la tour des Thabor. De nombreux bâtiments anciens subsistent en centre-ville, comme l'hôtel des Ducs de Bretagne (1150), la maison des Marmousets (1586), la maison Bigarré (1669) ou l'hôtel du Crévy (aujourd’hui Café des Quatre Soldats) (XVIIe siècle). Sur le plan religieux, la ville présente la particularité d'avoir hébergé trois couvents, le couvent des Carmes, le couvent des Ursulines et le couvent des Carmélites (partiellement détruit dans un incendie en 2006). Enfin l'église Saint-Armel est le monument le plus emblématique et le plus important de Ploërmel. Il abrite le tombeau des ducs Jean II et Jean III de Bretagne.
Au nord du territoire communal se trouve l'étang au Duc, une étendue d’eau de 2,5 km2 d’intérêt naturel reconnu du fait de la présence de nombreuses plantes aquatiques et qu’il s'agit d’une étape migratoire pour l'avifaune. Un centre nautique ainsi qu'un circuit botanique dédié aux hortensias ont été aménagés à proximité.
Situation et communes limitrophes
Ploërmel est située au nord-est du Morbihan, à proximité du massif forestier de Paimpont, à 50 km au sud-ouest de Rennes, 35 km au nord-est de Vannes et 47 km au nord-ouest de Redon, approximativement au centre géographique de la Bretagne.Les communes limitrophes sont Augan, Campénéac, Caro, Gourhel, Guillac, Loyat, Montertelot, Taupont et Val d'Oust.
Les communes limitrophes sont Loyat, Gourhel, Campénéac, Augan, Val d'Oust, Montertelot, Guillac et Taupont.
De 1793 au 1er janvier 2019, les deux communes de Ploërmel et Monterrein sont autonomes. Le 1er janvier 2019, la commune nouvelle de Ploërmel est créée en lieu et place des communes de Monterrein (56138) et de Ploërmel (56165).
La superficie géographique de la commune de Ploërmel, issue de la BD Topo, est de 58,44 km2 (51,37 km2 pour la commune historique et 7,07 pour la commune déléguée). Elle est légèrement différente de la superficie cadastrale définie par l'Insee, qui s'établit en 2015 à 57,8 km2 (50,81 km2 pour la commune historique et 7,0 pour la commune déléguée). Cette différence s'explique par le fait que la surface cadastrale comprend « toutes les surfaces du domaine public et privé, cadastrées ou non cadastrées, à l'exception des lacs, étangs et glaciers de plus d'un kilomètre carré, ainsi que des estuaires ». Dans le cas de Ploërmel, le lac au Duc, situé au nord-ouest du territoire communal, d'une superficie d'environ 250 ha et se partageant entre les communes de Ploërmel, Loyat et Taupont, n'est dès lors pas pris en compte dans le décompte de la superficie cadastrale.
Un atlas des paysages du Morbihan a été réalisé entre 2008 et 2011 par les services de l'État, le conseil régional de Bretagne, le conseil général du Morbihan et le conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement du Morbihan. Les paysages du Nord Morbihan se décomposent en quatre grandes entités paysagères : le plateau de Pontivy-Loudéac, l’ensemble le plus vaste, qui occupe une grande moitié nord du territoire et dont fait partie la commune de Ploërmel, les reliefs des landes de Lanvaux, les vallées naviguées et le massif de Brocéliande.
Le plateau de Pontivy-Loudéac présente un relief peu marqué, mais animé par les réseaux de petites vallées qui l’innervent en surface : l'Yvel, l'Ével, leurs affluents et ceux de l'Oust. Ainsi, le sol n’est jamais complètement plat et donne une ambiance générale de plateau ondulé dans lesquels s'inscrit l'ensemble du territoire de Ploërmel. Sur le plan topographique, les pentes des différents vallons de la commune sont plutôt douces avec un plateau qui s'élève progressivement vers l'est. Cette topographie confère un paysage remarquable sur le site des Rochers de la Ville Bouquet.
Le point le plus bas se situe à la confluence du Ninian et du canal de Nantes à Brest, au sud-ouest de la commune, avec une altitude de 25 m NGF. Le point culminant de la commune historique se situe au lieu-dit du Moulin de la Chapelle, à 105 m NGF, celui de la commune déléguée Monterrein est à 123 m NGF, au droit du Moulin de la Haute-Touche.
Au point de vue géologique, la région de Ploërmel se situe au cœur du domaine centre armoricain, dans la partie médiane du Massif armoricain qui est un socle ouest-européen de faible altitude (maximum 400 m), caractérisé par des surfaces d'aplanissement et qui résulte d'une histoire complexe composée de trois orogenèses : icartienne (Paléoprotérozoïque, ca. 2,2-1,8 Ga), cadomienne (Édiacarien 750-540 Ma) et surtout varisque (ou hercynienne, au Dévonien-Carbonifère, 420-300 Ma).
Ploërmel est située dans un vaste bassin sédimentaire briovérien au relief peu marqué. Dans ce bassin, les sédiments issus de l'érosion de la chaîne cadomienne se sont accumulés sur plus de 15 000 m d'épaisseur. Le métamorphisme et le plissement de ces sédiments qui font partie de l'ensemble du « Briovérien de Bretagne centrale », les a transformés en roches métasédimentaires du Néoprotérozoïque-Cambrien composées de schistes, et poudingues de Gourin. Le paléozoïque est marqué par la transgression de la mer ordovicienne qui atteint le sud et l'est du territoire ploërmelais, formant une grande unité sédimentaire qui a été déformée par des plissements.
Le gisement de Cô au sud-ouest de Ploërmel fait l'objet d'une exploitation artisanale d'ardoises des années 1840 aux années 1920, puis d'une exploitation industrielle à partir de 1927 (date de la reprise du site par la commission des ardoisières d'Angers) jusqu'au 18 juillet 1980, malgré des manifestations à Ploërmel pour protester contre la fermeture des carrières. Les ardoises de Cô ont été utilisées pour la couverture du château de Josselin, du Parlement de Bretagne de Rennes, et beaucoup d'autres monuments historiques de la région.
Entre 2003 et 2005, la Société géologique et minéralogique de Bretagne (SGMB) en collaboration avec le conseil régional de Bretagne, a dressé un inventaire des sites géologiques patrimoniaux ayant des besoins de préservation ou de protection. Parmi la trentaine de sites faisant partie de cet inventaire des sites géologiques remarquables, figure le site des Rochers de la Ville-Bouquet et leurs abords, localisé au sud-ouest de la commune, à la confluence entre l'Yvel et le Ninian. Ce site date du Protérozoïque briovérien et est composé de conglomérat de Gourin et de grès.