Ce Jour-là

Plaque commémorative – 1bis rue de la Solidarité, Paris 19e

Plaque commémorative rendant hommage aux victimes de la Semaine sanglante, pendant la Commune de Paris en 1871

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Une plaque commémorative est visible au-dessus des grilles de l'entrée du 1bis de la rue de la Solidarité à Paris, dans le nord du 19e arrondissement. Anonyme, son texte est un hommage aux victimes de la Semaine sanglante, offensive militaire menée par l'armée versaillaise en mai 1871 contre la Commune de Paris. Cette plaque semble la première et apposée sur un mur de la ville en leur honneur.Son origine et son histoire restent, pour l'essentiel, inconnues.

Au lendemain du jour anniversaire de la proclamation de la République, le 4 septembre 1870, le journal L'Aurore publie en première page ce court article non signé :

Inscription que l'on peut lire sur une plaque de marbre placée à l'intérieur de la cour d'un hôpital-dispensaire du XIXe arrondissement, 9 rue David d'Angers :

Cette inscription est lisible de la rue, à travers la grille d'entrée. Placée sur un édifice municipal, elle est doublement éloquente. »

Ni l’installation de cette plaque, ni cet article de L'Aurore ne semble avoir provoqué de débat dans la presse ou de réaction officielle.

Il faudra attendre le dimanche 25 mai 1908, jour de la manifestation annuelle vers le cimetière du Père-Lachaise, pour qu'enfin l'inauguration d'une plaque commémorative installée au mur des Fédérés soit autorisée, cela à l’issue d’une très longue mobilisation populaire.

Éléments sur l'histoire de cette plaque

Dans son édition datée du 10 mars 1898, Le Rappel publie en première page une tribune intitulée Souvenons-Nous où Charles Bos annonce sa décision de présenter au prochain conseil municipal de Paris une proposition de résolution décidant l'installation d'une plaque commémorative en « l'honneur des défenseurs de la liberté et de la République ».

« Il y a trois ou quatre jours, me promenant dans mon quartier, je rencontrai rue David-d'Angers, au bas des Carrières-d'Amérique, un vieux républicain qui me tint ce langage :

- « Vous savez, citoyen Charles Bos, que je suis un vieux de la Commune. Je suis bien content de vous voir ; je vais vous montrer l'endroit où l'on a enfoui cinq ou six mille des nôtres. »

Et il me conduisit dans un vaste terrain vague compris entre la rue David d'Angers et la rue Manin. Une partie de ce terrain a été achetée par la Ville de Paris pour l'édification d'un groupe scolaire. Le premier coup de pioche va être donné un de ces jours. »

Effectivement, le mercredi 9 mars 1898, le conseil municipal de Paris examine en urgence et adopte la proposition de résolution suivante.

« 1898. C. 33. — Résolution tendant à apposer une plaque commémorative à l'angle des rues Manin et d'Alsace-Lorraine (M. Charles Bos, rapporteur).

Le Conseil délibère : Une plaque commémorative sera scellée à l'un des angles du futur groupe scolaire des rues Manin et d'Alsace-Lorraine.L'inscription suivante y sera gravée : « La Ville de Paris aux six mille citoyens inhumés dans les carrières d'Amérique et morts en 1871 pour la liberté et pour la République. »

Mais bien qu'adoptée par le conseil municipal, cette résolution restera lettre morte à la suite des réserves émises par le préfet de la Seine, Justin de Selves.

En 1901, à l'occasion du trentième anniversaire de la Commune de Paris, une autre plaque commémorative fait l'actualité. Elle est apposée le dimanche 17 mars sur la case réservée aux cendres de Louis-Simon Dereure (élu au conseil de la Commune par le 18e arrondissement) au columbarium du cimetière du Père-Lachaise à Paris. Inaugurée à l'occasion de l'une des deux manifestations organisées ce jour au mur des Fédérés, celle appelée par le Parti ouvrier, son texte, « ancien membre de la Commune », sera l'objet d'un long conflit avec la Préfecture.Le 26 juillet de cette même année, Le Rappel publie l’article Les Buttes Chaumont où A. Dumontier, chroniqueur habituel, évoque les évolutions de cette partie du 19e arrondissement, principalement l'existence du Parc et le nouveau quartier de la Mouzaia. En opposition à cette description heureuse, le paragraphe Tristes souvenirs se conclut par un rappel historique et un message d’espoir.

« Mais telles des bêtes immondes, les corps des infortunées victimes des Versaillais ne devaient avoir aucune sépulture. Ramassés par tombereaux ils furent jetés pêle-mêle, dans les rares ouvertures des vieilles carrières et c'est à peine si aujourd'hui l'on pourrait retrouver l'endroit, la trace de cet ensevelissement clandestin.

Nous voulons nourrir l'espoir que le sympathique conseiller municipal du quartier d'Amérique, que le dévoué et si actif député de la circonscription, notre rédacteur en chef, tous deux si fermement républicains, voudront un jour faire revivre ces douloureux souvenirs et qu'avec leur aide, leur appui, il nous sera possible de rendre un profond témoignage de sympathie et d'admiration à ces braves qui payèrent de leur vie leur attachement à la République vraiment sociale. »

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