Ce Jour-là

Plan Marshall

Plan américain pour aider la reconstruction de l'Europe après la Seconde Guerre mondiale

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Le plan Marshall, officiellement appelé « Programme de rétablissement européen » (en anglais : European Recovery Program, ou ERP) ou Foreign Assistance Act of 1948, est un programme américain de dons et marginalement de prêts accordés aux États d'Europe pour aider à la reconstruction des villes et des installations bombardées lors de la Seconde Guerre mondiale. Ces prêts sont assortis de la condition d'importer pour un montant équivalent d'équipements et de produits américains. En quatre ans, les États-Unis prêtent à l'Europe 13,3 milliards de dollars (l'équivalent de 173 milliards de dollars en 2020), soit plus de 10 % du PIB des pays concernés[réf. nécessaire].

Le gouvernement de Truman le préfère au plan Morgenthau, qui prévoit alors de faire payer les réparations par l'Allemagne. En effet, plusieurs experts[Qui ?] considèrent qu'après la Première Guerre mondiale, la question des réparations allemandes a contribué à la création d'un sentiment d'injustice et facilité la prise du pouvoir par les nazis.

L'initiative est baptisée, par les journalistes, du nom du secrétaire d'État des États-Unis, le général George Marshall, qui, lors d'un discours à l'université Harvard (5 juin 1947), expose la volonté du gouvernement fédéral des États-Unis de contribuer au rétablissement de l'Europe. Ainsi dans ce discours, Marshall affirme :

« Il est logique que les États-Unis fassent tout pour aider à rétablir la santé économique du monde, sans laquelle il ne peut y avoir aucune stabilité politique et aucune paix assurée. »

Les modalités du plan sont discutées lors de la conférence de Paris et il est finalement signé par 16 pays le 20 septembre 1947.

Le Plan doit permettre de construire vite voitures, camionnettes et tracteurs, pour faire face aux pénuries alimentaires. Les industries françaises qui en bénéficient le plus sont la sidérurgie (laminoirs Sollac en Lorraine et d'Usinor à Denain et à Montataire), et ainsi en aval l'automobile, l'énergie (charbonnages, Électricité de France et pétrole), les tracteurs et machines agricoles et leurs fournisseurs en engrais, les mines de potasse, ou de manière plus anecdotique l'aéronautique (achat de six Constellation).

Jusqu'en 1947, la politique des Américains consiste à réduire les capacités productives de l'Allemagne, politique qui empêche la reprise européenne. Conseillé par le général Marshall et d'autres personnalités officielles ou officieuses, le président Harry S. Truman fait modifier la politique américaine. Le plan est présenté une première fois par le secrétaire d'État James F. Byrnes au cours d'un discours tenu à Stuttgart le 6 septembre 1946. De plus, le général Lucius D. Clay avait demandé au patron d'industrie Lewis H. Brown (en) de dresser un bilan de la situation économique en Allemagne et d'évaluer les besoins de la reconstruction.

Le plan final est annoncé par Marshall le 5 juin 1947 à l'université Harvard, alors que celle-ci lui décerne un doctorat honoris causa. Jean-Claude Sergeant souligne que « paradoxalement, l’événement passa presque inaperçu. Seuls trois correspondants de presse britanniques en rendirent compte et c’est par hasard, en écoutant la BBC le lendemain, que Bevin eut connaissance de cette proposition historique qui paraissait dénuée de toute arrière-pensée idéologique ».

« La vérité, c'est que les besoins de l'Europe pendant les trois ou quatre prochaines années en vivres et en autres produits essentiels importés - notamment d'Amérique - sont tellement plus grands que sa capacité actuelle de paiement qu'elle devra recevoir une aide supplémentaire très importante ou s'exposer à une dislocation économique, sociale et politique très grave. […] Il est logique que les États-Unis doivent faire tout ce qu'ils peuvent pour aider à rétablir la santé économique du monde, sans laquelle la stabilité politique et la paix assurée sont impossibles. »

— Discours de George Marshall, général et conseiller du président Roosevelt, 5 juin 1947.

Au Congrès, l'aile républicaine qui prône une politique isolationniste critique un plan qui décide de dépenses massives à l'étranger mais cette opposition s'efface après le basculement de la Tchécoslovaquie dans l'aire d'influence soviétique à la suite des événements du coup de Prague (février 1948). Truman signe le plan Marshall le 3 avril 1948. Sur le plan économique Charles Kindleberger en fut un architecte clé. Les États-Unis demandent aux États européens de s'accorder entre eux au sein de l'OECE pour établir un plan de reconstruction. L'Administration de coopération économique (ECA) est chargée d'examiner les projets de reconstruction en vue d'accorder l'aide. Du côté soviétique, le Comecon ou CAEM est créé.

Entre 1947 et 1951, les États-Unis consacrent 16,5 milliards de dollars de l'époque (dont onze milliards en dons) au rétablissement de 23 pays européens en réponse à l'Organisation européenne de coopération économique (OECE, aujourd'hui l'OCDE). Le montant total de l'aide correspondrait à une fourchette de 130 milliards à 230 milliards de dollars en 2012, soit environ 4 % du PNB pendant cinq ans.

Les Américains ont ainsi contribué à la coopération européenne qui inscrit le plan Marshall en partie dans la politique d'endiguement voulue par le président Truman, prélude à la construction européenne.

La reconstruction européenne, relativement rapide, fut largement stimulée par l'aide américaine, tandis que l'économie américaine évita ainsi la récession à cause d'une surproduction massive qu'aurait pu entraîner la cessation des hostilités[réf. nécessaire].

Le plan Marshall fut rejeté par l'Union soviétique et les pays du futur bloc de l'Est. Staline craignait qu'il ne serve à conquérir le glacis de sécurité de l'URSS. L'URSS exerça en conséquence des pressions contre les pays qu'elle occupait et qui montraient leur intérêt. L'insistance des États-Unis concernant la libéralisation économique des pays bénéficiant du plan a certainement joué un rôle aussi, le libre marché étant incompatible avec une économie dirigée. Comme le précise la doctrine Jdanov, chaque État était amené à « choisir son camp ». L'année 1947 est par cet aspect considérée comme le début de la guerre froide. En 1949 commença le Comecon liant les pays de l'Europe de l'Est, qui était destiné uniquement aux États de démocratie populaire.

Une première aide financière parvint en Grèce et en Turquie en janvier 1947. Seize pays acceptèrent l'aide financière, plus l'Allemagne de l'Ouest à partir de 1949.

Entre 1948 et 1951, le PNB de l’Europe de l’Ouest a fait un bond de 32 % (passant de 120 à 159 milliards de dollars) ; la production agricole a augmenté de 11 % et la production industrielle d'environ 40 %.

Les milliards débloqués consistent en 85 % de dons et 15 % de prêts accordés par des banques américaines avec une garantie des États-Unis. Le mécanisme retenu consistait à fournir un crédit à un État européen. Ce crédit devait servir à payer des biens et services provenant des États-Unis. L'État européen bénéficiaire encaissait, en monnaie locale, le produit des ventes de ces importations sur son marché national, ainsi que les droits de douane afférents. Parallèlement cet État devait octroyer à des agents économiques nationaux (entreprises ou administrations) des crédits destinés à des investissements d'un montant deux fois supérieur au crédit qu'il avait lui-même reçu (système de la contre-valeur). L'État européen bénéficiaire devait en outre faire la preuve qu'il autofinançait sa part, sans recourir à la création monétaire, donc au moyen de l'impôt ou en recourant à des banques. Par ce montage, les États-Unis encourageaient un effort significatif d'équipement et d'épargne en Europe.

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