Pim Pam Poum (parfois orthographié Pim-Pam-Poum !) est la version française d'un comic strip américain créé le 12 décembre 1897 par Rudolph Dirks dans The American Humorist, le supplément dominical du New York Journal de William Randolph Hearst, sous le titre « The Katzenjammer Kids ».
La série a été d'abord intitulée Les jumeaux Titi et Toto et l'oncle Tom lors de sa parution en France dans l'hebdomadaire Jumbo puis Le Capitaine Cocorico.
Dirks, un jeune Américain d'origine allemande, s'était inspiré, à la demande de Rudolph Block, l'éditeur responsable des comics au Journal, de Max et Moritz, la fameuse Bildergeschichte (histoire en images) de Wilhelm Busch parue quelque trente ans plus tôt. Systématisant ce qui sera ensuite reconnu comme les conventions les plus essentielles du nouveau médium (l'emploi séquentiel des cases, en premier lieu, ainsi que l'usage de phylactères), pour construire des histoires complètes sur une page à parution hebdomadaire,The Katzenjammer Kids de Rudolph Dirks est considéré par de nombreux historiens comme la première véritable bande dessinée.
Cette série est également connue pour une particularité de publication : un litige entre le créateur et son premier éditeur a en effet débouché sur la coexistence de deux versions concurrentes de la même bande dessinée, avec les mêmes personnages principaux.
Pim Pam Poum est l'histoire d'une famille qui vit sur l'île tropicale imaginaire de Bongo, où règne un roi fainéant. Dans la version originale américaine, les personnages sont des immigrants allemands et s'expriment, avec un fort accent, dans un sabir anglo-germanique. Rudolph Dirks faisait ainsi un clin d'œil à ses propres origines familiales, d'ailleurs communes à Harold Knerr qui reprit la série chez Hearst. L'accent allemand est absent de la plupart des traductions françaises.
Très appréciée des lecteurs américains, la série est publiée dans les journaux de Hearst jusqu'en 1912, date à laquelle un conflit oppose l'auteur et son éditeur. Rudolph Dirks, scénariste et dessinateur de la série, souhaitait en effet prendre une année sabbatique en Europe avec son épouse. Hearst, s'opposant à ce qu'une série si populaire soit interrompue, décide de la confier à un autre auteur, Harold Knerr. Dirks publie alors sa série dans un journal concurrent, appartenant à Joseph Pulitzer. Un procès oppose les deux magnats de la presse, qui se conclut par la coexistence de deux séries parallèles, avec les mêmes personnages d'origine : The Captain and the kids, par Dirks, chez Pulitzer, et The Katzenjammer kids, par Knerr, chez Hearst. Le conflit autour de la série donne en effet lieu à une jurisprudence d'une importance capitale dans l'histoire de la bande dessinée américaine, en établissant qu'une série et ses personnages sont la propriété de leur éditeur et non de leur auteur d'origine. En effet, si le jugement autorise Dirks à continuer d'utiliser les personnages qu'il a créés, il perd le titre original de la série, qui demeure la propriété exclusive de Hearst. Dirks doit rebaptiser sa série Hans and Fritz ; en 1918, alors que les États-Unis sont en guerre contre l'Allemagne, il change à nouveau le titre en The Captain and the Kids.
La version concurrente de Harold Knerr, est très voisine de celle de Dirks et les protagonistes évoluent, à partir des années 30, dans des lieux similaires, en l’occurrence une île imaginaire sans doute située au large de l’Afrique où règne l’oisiveté et où ils côtoient des personnages un peu improbables tels que le roi Bongo, grand amateur de belote et de cigares, des animaux sauvages rebelles ou vindicatifs, qui interragissent avec les humains. Avec Knerr, la série s’enrichit de trois nouveaux personnages en 1936 (voir § ci-dessous) ce qui va amener des situations comiques nouvelles d’autant que l’auteur fait preuve d’une grande inventivité dans les gags. C’est de loin cette version qui est la plus connue en Europe et c’est elle qui sera principalement publiée en France, notamment dans le Journal de Mickey.
La série de Dirks est initialement traduite en français sous le titre Les Méfaits des petits Chaperché, puis Les Garnements dans le journal Bravo !, dans Junior sous le titre Capitaine Fouchtroff et enfin sous le nom de Pim Pam Poum dans Le Journal de Mickey à partir de 1938. La série a également été publiée, à partir des années 1950, dans un périodique homonyme édité par Lug ; le journal fusionne ensuite avec un autre titre du même éditeur, Pipo, pour devenir Pim Pam Poum Pipo (Pipo n'étant pas un personnage de la même série, mais le protagoniste de la bande dessinée italienne Pipo et Concombre).
En 1958, The Captain and the Kids est repris par John Dirks, fils de Rudoplh, qui en assure le dessin comme le scénario jusqu'à l'annulation de la série par United Feature Syndicate en 1979.
Ils sont reparus sous le titre original (The Katzenjammer Kids) dans les années 1970 dans Charlie Mensuel.
Cette série a fêté ses 116 ans d'existence en 2013, ce qui constitue le record absolu de longévité pour une série de bande dessinée publiée de manière continue.
Le mot Katzenjammer (traduction littérale « chats qui pleurent ») désigne la gueule de bois en allemand.
Les deux versions de la bande dessinée ont fait l'objet d'adaptations en dessin animé. The Katzenjammer Kids a été adapté, entre 1916 et 1918, par le studio d'animation créé par le magnat des médias William Randolph Hearst, International Film Service. L'adaptation en dessin animé de la version de Dirks, plus tardive, a eu davantage de longévité : la version animée de The Captain and the Kids a été produite, à partir de 1938, par Metro-Goldwyn-Mayer, avant de passer à la Warner.
Pam et Poum : les vedettes de la série. Ces deux garnements s'entendent généralement bien et ne pensent qu'à faire des farces à toute la famille, et en particulier au Capitaine et à l'Astronome. Pam est le garçon à houppe blonde, en pantalon uni, veste noire à boutons dorés et chemise blanche à col et manchettes en dentelle. Poum est l'autre garçon, cheveux noirs coiffés en arrière, portant pantalon rayé (surtout dans les versions anciennes), chemise blanche à col Claudine et nœud Lavallière noir. Ils adorent voler les pâtisseries préparées par tante Pim en essayant de faire porter la faute sur d'autres. Ils détestent cordialement Adolphe qui le leur rend bien, et essaient souvent de le mettre en mauvaise posture. Malgré leur ingéniosité, il arrive qu'ils se fassent prendre : dans ce cas, la série se termine souvent par une fessée qui leur est administrée par tante Pim, ou d'autres membres de la famille. Ils s'appellent « Hans » et « Fritz » dans la série originale.
Le Capitaine : gros barbu qui ne pense qu'à dormir, à boire du cidre ou à jouer aux cartes. Il est sujet à de fréquentes crises de goutte. Dans les versions les plus récentes, il porte un uniforme et un képi.
L'Astronome : l'acolyte du capitaine. Il a une personnalité assez similaire à ce dernier. Il porte une longue barbe blanche, un trench-coat et un chapeau haut-de-forme. Dans la version originale, il est inspecteur d'école.
Tante Pim : forte femme autoritaire. Elle est la reine de la pâtisserie. Elle s'occupe de la maison et de ses chers chérubins, Pam et Poum. Son rouleau à tarte est une arme de dissuasion efficace pour faire respecter ses ordres. Elle porte une robe longue (unie ou à fleurs), avec parfois un tablier de cuisine. Elle est coiffée d'un grand chignon brun. Malgré son autorité, elle est crédule et se laisse souvent embobiner par les sornettes des autres personnages. Dans la version originale, elle n'est pas la tante des deux enfants, mais leur mère.
Miss Ross (personnage présent dans la version de Knerr) : vieille fille maigre et revêche qui essaye de donner une bonne éducation à ses deux chérubins, Adolphe et Léna.