Pierre de Gaulle, né le 22 mars 1897 à Paris (7e) et mort le 26 décembre 1959 à Neuilly-sur-Seine, est un résistant et homme politique français. Il est le frère du général de Gaulle.
Fils cadet d’Henri de Gaulle, avocat, puis directeur d’un cours privé d’enseignement secondaire, et de Jeanne Maillot, il fait des études de droit et obtient une licence de droit. Il décroche le diplôme de l'École libre des sciences politiques (Sciences Po).
Il entre dans la Banque de l'Union parisienne en 1921 dont il devient codirecteur de la branche lyonnaise puis directeur adjoint.
Il participe à la Première Guerre mondiale (sous-lieutenant dans l'artillerie), puis à la Seconde (commandant d'une batterie d'artillerie). Il participe à la Résistance avec « ceux de la Libération ». Arrêté le 16 mars 1943 lors d'un séjour auprès de sa famille à Neuilly, il est emprisonné durant le printemps et l'été et enfin déporté en tant que « personnalité-otage » par le transport du 31 août 1943 de Paris au château d'Eisenberg, en Bohême (actuellement en République tchèque), en même temps que le général René Altmayer, Michel Clemenceau et le colonel de La Rocque. Les Alliés le libèrent à la fin de la guerre, il rentre à Paris le 12 mai 1945 et reprend son activité dans la banque.
Son frère l'incite à participer à l'aventure du Rassemblement du peuple français (RPF). Il est élu au Conseil municipal de Paris en 1947 et préside l'assemblée municipale de la capitale jusqu'en 1951. Il est membre du Conseil de la République de 1948 à 1951 puis siège comme RPF / URAS à l'Assemblée nationale de 1951 à 1956. Dans les deux assemblées, il préside le groupe parlementaire RPF puis URAS. Il se signale notamment par un appui aux lois proposées par André Marie et Charles Barangé en faveur de l'enseignement libre et il s'oppose à la CED.
En parallèle de son activité politique, il poursuit une carrière dans le privé, en participant à différents conseils d'administration de la Société générale de courtage d'assurances, la Société immobilière et financière africaine, Multiplex, etc. Il est également le directeur littéraire de Del Duca, éditeur entre autres des magazines Nous Deux et Intimité. Il ne se représente pas à la députation et Pierre Mendès France, président du Conseil, le nomme commissaire général de la section française à l’Exposition universelle de 1958.
Il meurt à 62 ans le 26 décembre 1959, quelques jours après avoir été frappé d'un malaise cardiaque lors d'une visite au Palais de l’Élysée. Son épouse est morte en janvier 1974.
Il est le plus jeune frère du général de Gaulle (sept ans plus jeune que lui) et le seul à faire une carrière politique dans le sillage de son aîné.
Il épouse à Saint-Pierre-de-Manneville le 20 avril 1926, Madeleine Delepouve (1908-1974), rencontrée au mariage de Xavier de Gaulle alors qu’elle n’avait que 11 ans. Cinq enfants sont nés de leur union : Chantal, Olivier, Véronique, René et Alain.
Son épouse Madeleine Delepouve est également résistante.
Malgré ses nombreux voyages et sa carrière, il reste un frère fidèle et dévoué. Le 21 décembre 1959, il rend visite à l’Élysée à son aîné, qui lui a remis trois jours plus tôt les insignes de grand officier de la Légion d’honneur, lorsqu’il est pris d’un malaise. Le Général tentera de le réanimer, en vain. Transporté d’urgence à l’Hôpital américain, il y mourra cinq jours plus tard d’une rupture d’anévrisme à 62 ans.
Il était commandeur de la Légion d'honneur et titulaire de la Croix de guerre (1914-1918 et 1939-1945).
Le Général fera une confidence sur son frère à Valéry Giscard d’Estaing, lorsque celui-ci le rencontra pour présenter ses condoléances : « Il a fait une carrière très brillante. Mais chaque fois qu’il réussissait quelque chose, les gens disaient : c’est parce qu’il est le frère du Général. Si bien que ma tristesse se double de la crainte de lui avoir fait du tort ».
En 1917, il veut rejoindre ses frères au front et sera incorporé au 82e régiment d’artillerie. Il est blessé mais sort lieutenant d’artillerie et il est décoré de la Croix de guerre. Il reçoit des félicitations de son frère Charles : « Cette citation 'jeune officier très brave' satisfait mon orgueil fraternel ».
Mobilisé en 1939 comme capitaine d’artillerie, il gagne la zone libre dès sa démobilisation et s’installe à Lyon. Il est engagé à la Banque de l'Union parisienne (BUP) comme secrétaire général et il a de fréquents contacts avec le ministère des Finances. Charles de Gaulle dissuade son frère de le rejoindre à Londres, rejet qui, selon la fille aînée de Pierre de Gaulle, aurait été très blessant pour son père.
Même s’il est menacé à la suite de son adhésion au mouvement intitulé « Ceux de la Résistance », il se rend à Paris en mars 1943 pour voir sa femme et ses enfants. Il est arrêté par la Gestapo à Neuilly, jeté en prison, où il sera détenu plusieurs mois au Cherche-Midi, puis à Fresnes pour après être transféré au château d'Eisenberg, en Bohême (actuellement République tchèque) comme personnalité-otage.
Pendant ce temps, sa femme passe la frontière espagnole à pied avec six enfants : leurs cinq enfants (dont leur aînée, Chantal est alors âgée de 11 ans) et Elisabeth Taurin, âgée de 13 ans qui avait été recueillie par la famille après que son père André Taurin, membre des mêmes réseaux de résistance a été fusillé le 1er juin 1942.
Il est libéré par les troupes américaines en 1945 et rentre à Paris le 12 mai 1945. Il reprend quelque temps ses fonctions à la Banque de l’Union parisienne.