Ce Jour-là

Pierre d'Autancourt

Général français

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Pierre d'Autancourt (ou Dautancourt), né le 28 février 1771 à Montigny-sous-Marle en Picardie et mort le 2 janvier 1832 à Nevers, dans la Nièvre, est un général français de la Révolution et de l'Empire.

Après une longue carrière dans la gendarmerie, qui le voit notamment participer au procès et à l'exécution du duc d'Enghien, il est nommé colonel-major du régiment de chevau-légers polonais de la Garde impériale en 1807. Apprécié de ses soldats, il se distingue par ses talents d'organisateur et occupe, tout au long du Premier Empire, diverses responsabilités au sein de la cavalerie de la Garde. Il sert également sur le champ de bataille et, promu général de brigade en 1813, charge avec succès l'infanterie russe à Montmirail, en février 1814.

Placé à la tête de la gendarmerie d'élite pendant les Cent-Jours, puis laissé sans emploi par les Bourbons, il reprend brièvement du service sous le règne de Louis-Philippe.

Premières armes sous la Révolution française

Il naît le 28 février 1771 à Montigny-sous-Marle, en Picardie. Il est le fils de Pierre d'Autencourt, sous-brigadier des commis, résidant à Montigny-sous-Marle, et de Marie Antoinette Fétrot. Il exerce la profession de clerc de notaire à Parfondeval lorsqu'éclate la Révolution française.

Réquisitionné au service, il commence sa carrière militaire en tant que caporal au 2e bataillon de Vervins le 15 septembre 1793. Quartier-maître-trésorier le 15 janvier 1794, il est incorporé au 1er bataillon de volontaires de la Vienne le 24 janvier suivant. Il occupe ensuite les fonctions d'officier de police militaire (juge militaire), avec rang de capitaine, à l'armée du Nord le 19 août 1794, puis de lieutenant de gendarmerie auprès du général Wirion dans les départements réunis le 16 avril 1796. Lieutenant quartier-maître le 14 septembre 1796, il est lieutenant titulaire le 17 février 1798 avant d'être promu capitaine le 28 mars 1800. En poste à Mayenne, il s'efforce d'y lutter contre le brigandage.

Le 20 septembre 1801, Dautancourt est affecté à la gendarmerie d'élite, avec laquelle il sert à l'armée des côtes de l'Océan à partir de 1803 ; il est ainsi affecté à la garde des côtes entre Nantes et Brest sous les ordres du général Le Marois. Nommé adjudant-major le 22 janvier de l'année suivante, il est promu chef d'escadron le 16 avril 1804. En 1804, il participe en qualité de rapporteur au procès du duc d'Enghien et assiste à l'exécution de ce dernier.

Avec l'avènement du Premier Empire, Dautancourt est fait chevalier de la Légion d'honneur le 14 juin 1804, puis officier de l'ordre le 29 mars 1805. À la tête d'un des deux escadrons de la gendarmerie d'élite, il participe aux campagnes de 1805 et de 1806 à la Grande Armée.

Le 6 avril 1807, sur recommandation du général Savary, il est nommé colonel-major des chevau-légers polonais de la Garde. À ce poste, ses talents d'organisateur lui valent rapidement l'estime de ses hommes qui lui donnent le surnom de « papa ». Durant la guerre d'Espagne, le 30 novembre 1808, il est présent à la bataille de Somosierra, théâtre d'une charge des chevau-légers polonais, sans toutefois y prendre une part active. Il combat par la suite à Essling et Wagram en 1809, et supervise les changements opérés au sein du régiment à la suite de l'introduction de la lance. Chevalier de l'Empire le 20 août 1808, il est donataire d'une rente annuelle de 4 000 francs sur Rome le 14 mars 1810, puis baron le 26 avril suivant. Le 18 juin de la même année, il épouse Sophie Justine Cécile Josèphe d'Hardivillier, dont il a deux fils, Pierre Jules (1813-1865) et Léon. Il est par ailleurs honoré de la croix de chevalier (3e classe) de l'ordre militaire de Virtuti Militari le 26 novembre 1810.

Dans les premiers temps de la campagne de Russie en 1812, en l'absence du général Krasiński affecté auprès de l'Empereur, Dautancourt commande sur le terrain le régiment des lanciers polonais de la Garde. L'année 1813 le voit combattre en Saxe et commander les six compagnies de Vieille Garde des lanciers polonais, dont la mission consiste à assurer la sécurité de Napoléon. Il dirige aussi les détachements des quatre régiments de gardes d'honneur présents à la bataille de Leipzig, du 16 au 18 octobre 1813 ; chargé par l'Empereur de faire manœuvrer ces cavaliers de formation récente à la vue des Coalisés sans pour autant risquer un engagement direct, il prend l'initiative, au troisième jour de la bataille, de tenter de combler la brèche créée par la défection des troupes saxonnes dans le dispositif français, non sans pertes. Après avoir conduit la charge des lanciers polonais contre la cavalerie bavaroise à Hanau, il est élevé au grade de général de brigade le 28 novembre 1813. Il devient en outre major du 3e régiment d'éclaireurs lorsque cette unité est adjointe aux lanciers polonais de la Garde le 9 décembre suivant.

Il sert durant la campagne de France de 1814. Le 28 janvier, il reçoit le commandement d'une brigade formée de cavaliers issus des trois régiments d'éclaireurs de la Garde, avec laquelle il participe aux batailles de Brienne et de La Rothière ; lors de celle-ci, son beau-frère, le lieutenant d'Hardivillier du 2e éclaireurs, est tué à ses côtés par un boulet de canon. Au cours de la bataille de Montmirail, le 11 février 1814, Dautancourt, qui a sous ses ordres la 2e brigade de cavalerie de la Garde composée des dragons et des grenadiers à cheval, charge à plusieurs reprises l'infanterie russe à la tête des dragons et lui inflige de lourdes pertes. Il s'agit là de son principal fait d'armes. Une semaine plus tard, à Montereau, il dirige les escadrons de service de la Garde lancés à la poursuite des troupes du prince de Wurtemberg. En récompense de ses services, il est fait commandeur de la Légion d'honneur le 27 février. Il est cependant victime d'une maladie qui l'oblige à se rendre à Paris peu après la bataille de Reims. Lors de la défense de la capitale le 30 mars 1814, il prend le commandement de la brigade de cavalerie de la Garde avec laquelle il affronte les armées coalisées à Clichy et Montmartre. Après la chute de Napoléon, au général Krasiński qui lui enjoint d'accompagner ses hommes en Pologne, Dautancourt refuse par cette réponse : « prince, je suis Français ». Il est mis en non-activité par les Bourbons le 1er septembre 1814.

Pendant les Cent-Jours, Dautancourt sollicite auprès de Napoléon le commandement de l'escadron des lanciers polonais revenu de l'île d'Elbe, mais l'Empereur, arguant du faible effectif de cette troupe, lui donne une autre affectation. Le 10 avril 1815, il est nommé commandant de la gendarmerie d'élite de la Garde. Appelé tardivement sur le théâtre des opérations en Belgique, il ne peut rejoindre l'armée à temps pour participer à la bataille de Waterloo.

Mis en non-activité le 1er octobre 1815, il est admis à la retraite comme maréchal de camp le 1er janvier 1825. Comme beaucoup d'autres ex-officiers de la Garde impériale, il reprend toutefois du service au commencement du règne de Louis-Philippe, comme commandant de la 1re subdivision (départements de la Nièvre et de l'Allier) de la 15e division militaire le 8 août 1830.

Pierre Dautancourt meurt le 2 janvier 1832 à Nevers, dans la Nièvre. Il est inhumé dans le cimetière Jean-Gautherin à Nevers, sous une sépulture de forme pyramidale. Il a rédigé des souvenirs sur les campagnes auxquelles il a participé.

Depuis 1868, et sur décision de Napoléon III, la rue Dautancourt lui rend hommage dans le 17e arrondissement de Paris.

Jean Brunon et Raoul Brunon (ill. Pierre Benigni et Louis Frégier), Les éclaireurs de la Garde impériale : 1813-1814, Marseille, Collection Raoul et Jean Brunon, 1962, 72 p. (OCLC 67376767, lire en ligne).

Henry Lachouque (préf. Maxime Weygand), Napoléon et la Garde impériale, Paris, Bloud et Gay, 1956, 1114 p..

J. Leclerc, « Le général baron Pierre D'Autencourt, 1771-1832 : essai biographique », Bulletin de la Société académique de Laon, Laon, t. 31,‎ 1905, p. 228-246 (lire en ligne).

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