Pierre Vinclair, né le 21 janvier 1982 à Aurillac dans le Cantal, est un écrivain français.
À 17 ans, il découvre la poésie au sein de la bibliothèque Jacques-Demy à Nantes.
Normalien (promotion L2002) et agrégé de philosophie, après une thèse sur les rapports de l'épopée et du roman et une HDR sur l'événement du poème, il poursuit des recherches en philosophie de la littérature.
Lauréat de la Villa Kujoyama (Kyoto) en 2010, il vit pendant une dizaine d'années en Asie (Japon, Chine, Singapour) avant de rentrer en Europe.
En 2022 il a été fait chevalier des Arts et des Lettres.
Après avoir publié un roman, L'Armée des chenilles (2007), il a tenté de s'approcher de l'épopée par plusieurs voies : poésie (Barbares, 2009 ; Les Gestes impossibles, 2013), traduction (Kojiki, 2011), roman (La Fosse commune, 2016) et essai (De l'épopée et du roman, 2015).
En 2018, deux livres de poésie, l'un narratif, Le Cours des choses (Flammarion), et l'autre de sonnets, Sans adresse (Lurlure), marquent une transition vers un travail autant caractérisé par sa matière autobiographique que par son exigence formelle. Les deux livres ont pour décor la Chine où il habite alors.
Dans La Sauvagerie (2020), il a invité 48 poètes contemporains à lui offrir des dizains à partir desquels il a écrit un ensemble de 500 poèmes : « un “livre de combat”, qui mobilise tous les moyens de son art pour affronter la catastrophe écologique […]. Parallèlement à son travail de poète, Vinclair développe une pensée théorique qui se manifeste ici par la parution simultanée d’Agir non agir. »
En 2021, Vie du poème, entre essai et autobiographie, propose un premier bilan après une vingtaine d'années d'écriture. Dans ce livre, Vinclair
« introduit joyeusement le lecteur, vous, moi, qui veut, dans son atelier. Entrez, pas besoin de clefs, vous aurez accès à tous les secrets de fabrication. La poésie pour lui est adresse : elle se partage. La littérature n’a rien d’intouchable, et la « sauvagerie » qu’il défend, sans pour autant rompre avec les formes fixes, s’en prend aux rhétoriques et aux récupérations pour mieux redessiner le cercle ouvert qui relancera l’espace de la création. »
En 2022 paraît L'Éducation géographique, « aboutissement de tout ce qu’écrit Pierre Vinclair depuis 2015 : un ensemble de 25 chants, chacun composé dans une forme propre, à propos d’un endroit du monde différent. Chaque chant se veut à la fois une carte postale envoyée dans le futur à ses filles, un exercice de lecture du paysage et une réflexion sur l’écriture et les arts. L’enjeu en est simple : il s’agit de trouver la forme à même de dire ce qui compte, à ceux qui comptent ».
Ce livre est présenté comme le premier tome d'une tétralogie intitulée [Encadrements] et dont le deuxième volume paraît en 2025 sous le titre Les Œuvres liquides : "Pierre Vinclair continue son exploration poétique du monde entre l'Asie, le Cantal, Londres et les rives du Rhône, mais s'intéresse aussi aux personnes qui le peuplent. Il adresse ainsi ses poèmes à sa famille, à ses amis, et n'hésite pas à y insérer des dialogues ou de la narration. Au-delà des lieux, des personnes et d'un jeu avec le lecteur, ce sont aussi les événements qui intéressent le poète. Au fil de ses vers, il dessine la géographie d'un monde menacé par le réchauffement climatique et s'interroge sur le rôle que pourrait jouer la poésie face à "ce qui nous arrive"."
Il a publié dans de nombreuses revues en France et, à l'étranger, a été traduit dans une dizaine de langues.
Pierre Vinclair élabore, depuis De l'épopée et du roman (2015), une théorie des genres littéraires comme efforts.
La plupart de ses travaux s'attachent à rendre compte de l'effort de textes poétiques : Terre inculte (Hermann, 2018) à propos de La Terre vaine de T. S. Eliot, Autoportrait de John Ashbery (Hermann, 2021) à propos d'Autoportrait dans un miroir convexe de John Ashbery. Il travaille aussi des concepts qui peuvent être mobilisés pour rendre compte de la poésie en général, comme celui de « sauvagerie » dans Agir non agir (2020).
Il écrit régulièrement des critiques pour les revues Critique, Diacritik, Acta Fabula, Europe, Sitaudis ou Poezibao. Depuis 2024, il tient une chronique, « Poésie à problèmes », dans la revue Les temps qui restent.
Il a été membre de la commission Littérature classique et critique littéraire du Centre national du livre (2022-2025).
Travail dans l'édition et les revues littéraires