Pierre Verger, né le 4 novembre 1902 à Paris et mort le 11 février 1996 à Salvador de Bahia au Brésil, est un photographe et ethnologue français.
Il porta également le nom de Fatumbi (« Ifá l'a fait renaître», en langue yoruba), à la suite de son initiation en tant que Babalawo, prêtre de Ifá (Orunmila), la divinité yoruba de la création.
Il consacra l'essentiel de son œuvre aux religions du golfe de Guinée (principalement fon et yoruba) et aux religions afro-brésiliennes (essentiellement le candomblé).
Pierre Édouard Léopold Verger quitta l'école à l'âge de 17 ans. À l'âge de 30 ans, après avoir perdu sa famille, Pierre Verger entama une carrière de photographe.
Sa spécialité était la photographie en noir et blanc, les clichés étaient pris avec un appareil Rolleiflex, exposé actuellement dans le musée de la Fondation Pierre Verger (pt) à Salvador de Bahia au Brésil.
Pendant près de quinze années, il parcourut les quatre continents et s'intéressa à de nombreuses civilisations qui feront l'objet de ses reportages. Il se rendit notamment dans les lieux suivants:
États-Unis, Japon et Chine (1934 et 1937)
Italie, Espagne, Algérie, Soudan, Mali, Niger, Haute-Volta (actuel Burkina Faso), Togo et Dahomey (actuel Bénin) 1935)
Philippines et Indochine (actuels Thaïlande, Laos, Cambodge et Vietnam, 1938)
Sénégal (comme correspondant, 1940)
Pérou et Bolivie (1942 et 1946)
Ses photographies furent publiées dans les magazines Paris-Soir, Daily Mirror (sous le pseudonyme de M. Lensman), Life, et Paris Match.
Passionné par la ville et les gens de Salvador de Bahia, il décide de s'y installer. Captivé par la culture et l'histoire locale, de photographe errant il devint ethnologue, étudiant la diaspora africaine sur le continent américain. En 1949 à Ouidah il acquiert un témoignage important sur le trafic des esclaves vers Bahia : les cartes commerciales de José Francisco do Santos du XIXe siècle.
Les voyages suivants lui permettent d'étudier le sujet : de la côte occidentale de l'Afrique jusqu'à Paramaribo (1948), Haïti (1949), et Cuba en (1957). Après avoir étudié la culture Yoruba et son influence sur le Brésil, Verger s'initia à la religion du Candomblé, et en exerça ses rituels.
Définition du candomblé donnée par Pierre Verger :
« Le Candomblé est pour moi très intéressant comme religion de l'exaltation de la personnalité. On peut y être véritablement comment on est, et non comme la société prétend que le citoyen fût. Pour les personnes qui ont envie de s'exprimer à travers leur inconscient, la transe est une possibilité que l'inconscient a pour se montrer. »
Pendant un séjour à Kétou au Bénin, il étudia l'Ifa, un système de divination traditionnelle Yoruba, et fut admis au grade sacerdotal de babalawo, et fut renommé Fátúmbí (« celui qui renaît par Ifa »).
Les contributions de Pierre Verger en ethnologie comportent de nombreux documents et conférences, articles de livres et de journaux, et fut reconnu par la Sorbonne qui lui décerna le titre universitaire de Docteur en 1966.