Ce Jour-là

Pierre V (roi de Portugal)

Roi de Portugal et des Algarves de 1853 à 1861

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Pierre V de Portugal, dit « l'Espéranceux » ou « le Trop Aimé » (en portugais Pedro V de Alcántara Maria Fernando Miguel Rafael Gonzaga Xavier João António Leopoldo Victor Francisco de Assis Júlio Amélio de Saxe-Coburgo-Gotha e Bragança), infant de Portugal, prince de Saxe-Cobourg et Gotha, duc de Saxe, est le fils aîné de la reine Marie II de Portugal et de son époux le roi jure uxoris Ferdinand II. Il est né le 16 septembre 1837 à Lisbonne où il est mort le 11 novembre 1861. Il règne sur le Portugal du 15 novembre 1853 à sa mort.

Pendant son court règne, Pierre V de Portugal s'applique à moderniser et à pacifier son royaume. Sur le plan politique, une alternance entre le Parti régénérateur et le Parti historique permet l'expression d'opinions diverses et assure un équilibre des forces. Au point de vue international, un conflit, éteint diplomatiquement, oppose le Portugal, puissance maritime et coloniale, avec la France, tandis que le roi conclut des contrats de navigation et de commerce avec des pays tels que le Siam. Sa politique est soutenue par la Grande-Bretagne dont le roi est apparenté à la famille royale.

Environnement familial et éducation

Fils aîné de Marie II de Portugal et de Ferdinand II de Portugal, Pierre V naît le 16 septembre 1837 à Lisbonne. Il a dix frères et sœurs, dont seulement quatre parviennent à l'âge de 20 ans : Louis, Marie-Anne, Antonia et Auguste. Il est élevé avec son frère Louis, son cadet d'un an.

Son premier précepteur est le conseiller d'origine germanique et de confession luthérienne Carl Andreas Dietz (jadis tuteur de son père le roi Ferdinand) remercié à contre-cœur par la reine à la suite de son ingérence dans les affaires de politique nationale et en raison de sa religion. Ce conseiller intime des souverains était devenu leur éminence grise, mais était détesté des Portugais. La reine Marie regrette ce départ car Dietz a correctement éduqué ses deux fils aînés. À la suite du départ de Dietz en avril 1847, Pierre V est éduqué par le précepteur Louis Antoine d'Abreu et Lima, vicomte de Carreira. Le futur Pierre V bénéficie de l'expérience diplomatique de cet homme politique de premier plan au service de la cour de Portugal depuis 1805, participant au congrès de Vienne de 1815 avant d'occuper diverses fonctions à Saint-Pétersbourg, La Haye, Londres et Paris. Carreira est assisté par Manuel Moreira Coelho afin de veiller sur la formation de l'héritier de la couronne qui devient polyglotte comme ses professeurs.

Pierre V est également accompagné dans ses études par un entourage germanique comprenant le baron Wilhelm Ludwig von Eschwege, ingénieur et architecte qui a édifié le palais national de Pena, et le docteur Kessler, le médecin de la cour qui incite le prince à participer à des congrès de médecine à Lisbonne. Sa formation inclut également des cours d'histoire naturelle, de botanique, de dessin et de musique. Il partage son temps entre les diverses résidences royales de Mafra, Sintra, Vila Viçosa et effectue quelques séjours sporadiques au palais de Belém. Au point de vue de sa position, le roi écrit : « Nous savons tous que les rois sont des hommes comme les autres ; qu'ils ont des désirs, des passions et des défauts ; qu'ils ont les moyens naturels de satisfaire ces désirs, de céder à l'empire de ces passions, et de suivre le mauvais chemin de leurs défauts, mais il faut aussi se rappeler qu'il y a pour eux une loi morale beaucoup plus sévère que pour les autres, car plus la position est élevée, plus l'influence de l'exemple est grande. ».

Membre de la maison de Bragance et par son père, membre de la maison de Saxe-Cobourg et Gotha, il est un neveu de l'empereur Pierre II du Brésil et un petit-neveu du roi des Belges Léopold Ier qui a favorisé le mariage de ses parents. Pierre est également un proche cousin de la reine Victoria du Royaume-Uni et de son mari le prince-consort Albert avec lesquels Pierre V et son frère Louis font connaissance en 1854 au cours d'une première tournée européenne qui les mène ensuite à Bruxelles, puis à La Haye. En été 1855, Pierre V suivant l'exemple du roi des Belges se rend à Paris pour y rencontrer Napoléon III, légitimant le nouveau régime français. Accompagné par son frère Louis, Pierre poursuit sa nouvelle tournée en Europe en s'arrêtant à Bruxelles où le roi Léopold envisage un projet de mariage concernant Pierre avec sa fille la princesse Charlotte. Cependant, le roi de Portugal semble trop jeune pour s'engager.

Lorsque sa mère meurt en mettant au monde son onzième enfant, le 15 novembre 1853, Pierre devient roi à l'âge de 16 ans, d'abord sous la régence de son père l'ancien roi Jure uxoris ; puis à partir de ses dix-huit ans, le 16 septembre 1855, il devient roi à titre personnel.

La politique intérieure du Portugal sous le règne de Pierre V, monarque constitutionnel, est caractérisée par un calme relatif dû à l'expansion économique et à la prospérité des classes dirigeantes. Lorsqu'il parvient sur le trône en 1853, c'est le maréchal Saldanha qui dirige le gouvernement depuis 1851, auréolé par une longue carrière militaire, politique et diplomatique, il a été installé de force à la suite d'un triomphe à Lisbonne, en dépit de l'avis des parents de Pierre V. Il conserve ses fonctions de chef de cabinet jusqu'en juin 1856 et a permis d'assurer la stabilité du régime par le vote, le 5 juillet 1852, d'un acte additionnel à la Constitution de 1826. Pierre, encore prince héréditaire, avait prêté serment à la nouvelle Constitution trois jours après la publication de l'acte additionnel.

Depuis lors, l'alternance des partis favorise un consensus politique, assurant la régénération en facilitant les réformes proposées par le gouvernement, tout en atténuant les conflits entre l'aristocratie et la bourgeoisie. Les deux grands partis libéraux du centre droit (Régénérateurs) et du centre gauche (Historiques) se succèdent donc au pouvoir selon un système de rotation. Quant au mouvement migueliste, si offensif devant l'implacable fermeté de la reine Marie II, il accepte silencieusement l'arrivée au pouvoir de son fils Pierre V qui commence son règne dans une contrée pacifiée.

Le roi est confronté dès le début de son règne à plusieurs épidémies de choléra (entre 1853 et 1856). En 1856, le choléra tue près de 3 000 personnes à Lisbonne. L'année suivante, c'est la fièvre jaune qui atteint la capitale et cause la mort de près de 6 000 Lisboètes à l'automne 1857. Pierre V demeure auprès de son peuple durant ces épreuves et visite sans ostentation les hôpitaux en témoignant sa bienveillance. Le roi mande Kessler, le médecin de la cour, afin de tenter d'enrayer le phénomène. Ce dernier s'entoure des compétences de confrères étrangers. Le gouvernement ordonne à des experts d'étudier la réalisation de travaux de salubrité publique afin de juguler ces épidémies récurrentes ou, tout au moins, de diminuer leur virulence.

En 1857, un grave différend avec la France à propos du Mozambique affaiblit le gouvernement, à majorité issue du Parti historique, dirigé depuis 1856 par le marquis de Loullé. À la tête du cabinet ministériel, le comte de Vila-Flor lui succède de mars 1859 à avril 1860 et signe le retour du Parti régénérateur au pouvoir avant d'être remplacé par un autre « Régénérateur » Joaquim António de Aguiar qui préside le gouvernement durant un peu plus de deux mois, jusqu'en juillet 1860. Enfin, le marquis (devenu duc) de Loullé revient au pouvoir et le conserve jusqu'en avril 1865.

Les réformes initiées par Pierre V concernent de nombreux domaines. Il les expose notamment lors de son discours devant les chambres en novembre 1858. Elles regardent notamment les questions d'administration intérieure du pays, le développement des travaux publics, l'ouverture de voies accélérées de communication, l'amélioration du système des contributions, la réforme des douanes et de l'instruction publique, la répression des abus de l'émigration, la simplification des procédures judiciaires, le développement du crédit et la réforme électorale. À l'issue de son règne, le Portugal a vu la création d'une ligne de chemin de fer de près de 250 km reliant Lisbonne à Porto ; tandis que des bateaux à vapeur sillonnent le Tage, le Douro et le Minho. Dans le domaine des arts et des sciences dont le roi est féru, il favorise le développement de l'instruction publique. Il subventionne des cours littéraires supérieurs à Lisbonne. Quelques mois avant sa mort, il inaugure les travaux du palais de cristal de Porto, imitant celui qu'il avait vu à Londres.

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