Pierre Simonet, né le 27 octobre 1921 à Hanoï et mort le 5 novembre 2020 à Toulon, est un Français libre, militaire et haut fonctionnaire français, compagnon de la Libération.
Engagé de la première heure dans les Forces françaises libres, il devient après guerre administrateur colonial puis fonctionnaire international.
Pierre Adrien Simonet est le fils de Gilbert Simonet, polytechnicien, ingénieur des ponts et chaussées en Indochine. Ce dernier, après avoir été mobilisé en France lors de la Première Guerre mondiale, retourne en Indochine, où naît Pierre Simonet.
Après des études secondaires au lycée Thiers de Marseille, puis au lycée Albert-Sarraut à Hanoï, Pierre Simonet rentre en France en 1939 pour ses études supérieures.
La France et l'Angleterre viennent alors de déclarer la guerre à l'Allemagne nazie. Trop jeune pour être mobilisé, il poursuit ses études au lycée Montaigne à Bordeaux, en classe préparatoire de mathématiques spéciales.
En 1945, après la guerre, Pierre Simonet se marie avec Lucienne Ragain (1923-2002) à Saïgon. Elle est née et a passé son enfance en Indochine, où ils se sont connus. Du couple naîtront cinq enfants.
Comme lui, Hubert Germain a été élève au lycée d'Hanoï et au lycée Michel Montaigne de Bordeaux. Partis tous deux depuis Saint-Jean-de-Luz vers Londres, ils se retrouvent après avoir participé aux mêmes combats. Hubert Germain lui lance alors : « Qu'est-ce tu fous là ? ».
Le 17 juin 1940, lorsque le maréchal Pétain annonce à la radio la défaite de l'armée française et demande l'armistice à l'Allemagne, Pierre Simonet est profondément choqué. Il a 18 ans et décide de se révolter.
Le lendemain, 18 juin 1940, il prend connaissance de l'appel du général de Gaulle lancé depuis Londres. Il décide de s'engager à ses côtés.
Le 24 juin 1940, il parvient à embarquer clandestinement sur le dernier cargo, le Baron Kinaird qui, en rade de Saint-Jean-de-Luz, rapatrie les troupes polonaises et les ressortissants britanniques. Arrivé à Liverpool, il s'engage dans les Forces françaises libres (FFL) du général de Gaulle, le 1er juillet 1940.
Il voulait choisir l'aviation mais cette arme ne recrute que des volontaires ayant déjà le brevet de pilote. Il est donc affecté, en raison de ses études de mathématiques, dans l'artillerie FFL en cours de création, au camp de Cove (Surrey). Il y commence son entraînement, encadré par des officiers et sous-officiers de l'armée française qui ont rejoint le général de Gaulle et ont décidé de continuer la guerre.
Ils sont en tout 2 000 volontaires « Français libres », civils et militaires, qui constituent l'embryon des FFL.
Embarqué le 29 août 1940, il fait partie du corps expéditionnaire qui, à Dakar, a pour mission de rallier l'Afrique occidentale française (AOF) à la France libre (opération Menace). Puis, son unité stationne au Cameroun en Afrique équatoriale française (AEF), où il poursuit son entraînement jusqu'en janvier 1941.
Il prend part à la campagne de Syrie en juin et juillet 1941, à la suite de laquelle est officiellement créé, à Damas, le 1er régiment d'artillerie des FFL (1er RAC). Affecté à la deuxième batterie du 1er RA et nommé brigadier, il est chargé des transmissions et de l'observation.
Avec la 1re brigade française libre du général Koenig, il participe à la campagne de Libye de janvier à juillet 1942. Au cours d'une Jock column (en) dans le désert, le 16 mars 1942, pendant une forte attaque de chars ennemis, il assure sa mission jusqu'au bout, et ne quitte sa position qu'après avoir replié son matériel et être allé rechercher son camion de munitions à un endroit particulièrement exposé. Enfin, il participe à la bataille de Bir Hakeim du 27 mai au 10 juin 1942 comme téléphoniste et observateur, et fait partie de ceux qui sortent de vive force le 11 juin. Il reçoit ses deux premières citations.
Sa brigade est ensuite engagée dans l'offensive de la seconde bataille d'El Alamein en octobre 1942, et poursuit avec la 8e armée britannique l'Afrika Korps du général Rommel en retraite jusqu'à Takrouna, en Tunisie. Il est alors admis au cours d'aspirant en Tunisie, et est promu à ce grade fin 1943.
À partir de la campagne d'Italie, d'avril à juin 1944, Pierre Simonet est affecté au peloton d'observation aérienne du 1er RAC, en qualité d'officier observateur sur avion léger Piper Cub. Toujours volontaire, il n'hésite pas, à maintes reprises, à s'aventurer profondément dans le dispositif ennemi pour obtenir les renseignements demandés. Son unité est engagée dans l'offensive du 8 mai 1944 qui brise les lignes Gustave et Hitler, libère Rome et poursuit les divisions allemandes jusqu'aux abords de Sienne, en Toscane.
Pendant le débarquement de Provence le 16 août 1944, il poursuit son action d'observateur en avion. Entre le 20 et le 25 août 1944, il remplit de nombreuses missions de guerre dans la région d'Hyères et de Toulon. Le 21 août, au-dessus de la Farléde, puis le 23 août au-dessus de La Valette, il n'hésite pas à survoler les lignes ennemies à basse altitude pour repérer les pièces antichars allemandes. Le 24 août, grâce à un réglage très précis, il arrête le tir d'une batterie ennemie située dans la presqu'île de Saint-Mandrier.