Ce Jour-là

Pierre Poivre

Horticulteur, botaniste, agronome, missionnaire et administrateur colonial français (1719-1786)

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Pierre Poivre, né le 23 août 1719 à Lyon (Rhône) et mort le 6 janvier 1786 à Saint-Romain-au-Mont-d'Or (Rhône), est un horticulteur, botaniste, agronome, missionnaire et administrateur colonial français.

Après des études en théologie à Paris, Pierre Poivre part en mission d'évangélisation en Extrême-Orient en 1741. Il y découvre les épices et les profits qu'en tirent les Hollandais. De retour en France, il persuade la Compagnie française des Indes orientales de l'intérêt d'introduire ces épices sur l'Isle de France (l'île Maurice), ce qu'il parvient à faire en important clandestinement des plants de muscadiers. En 1766, il est nommé Intendant des Isles de France et de Bourbon et participe au développement économique de l'île par ses introductions d'espèces végétales nouvelles. Il rentre en France en 1772 et meurt en 1786.

Pierre Poivre descend d'une famille de commerçants modestes, son père Hilaire Poivre (1671-1739) est négociant en soieries à Lyon, et sa mère est dénommée Marie Pompallier (vers 1699-1770). Le couple se marie le 3 novembre 1718, à l'église Saint-Nizier, à Lyon. Pierre Poivre naît le 23 août 1719 à Lyon. Il est le fils ainé du couple. Son frère cadet, Jean, reprend le négoce paternel et devient maitre et marchand-passementier.

Il entre chez les frères missionnaires de Saint-Joseph à la Croix-Rousse. Il réussit très bien dans ses études et est rapidement envoyé à Paris, où il travaille pour le séminaire des Missions étrangères de Paris. Il déclare vouloir œuvrer pour l'évangélisation de l'Extrême-Orient.

Missionnaire en Extrême-Orient

En 1741, Pierre Poivre s'embarque pour la Chine pour participer à son évangélisation. Pendant deux ans, il séjourne à Guangzhou (Canton) où, après un séjour en prison, il devient un protégé du vice-roi, lequel l'autorise à visiter l'intérieur du pays. Il passe à Macao avant de s'installer à Fai-Fo en Cochinchine. Rapidement, Pierre Poivre oublie l'objectif de son voyage et se passionne pour le commerce et l'agriculture. Face à son manque de conviction, ses supérieurs le renvoient en France.

Détention à Batavia et importation des épices

Cependant son goût de l'aventure est le plus fort. Il rejoint l'Asie à bord d'un navire de la Compagnie française des Indes orientales. Le navire est attaqué par les Britanniques et un boulet de canon lui emporte la main droite. Il est soigné sur le vaisseau britannique mais doit être amputé de l'avant-bras droit. Ne pouvant pas bénir, ni dessiner, de la main gauche, il est contraint de renoncer au sacerdoce, ainsi qu'au dessin pour lequel il était doué. Il est débarqué à Batavia (actuelle Djakarta), alors un centre important de l'exploitation des épices, notamment les noix de muscade et les clous de girofle qui, par leur rareté, représentent une richesse fabuleuse jalousement gardée par la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, qui en a le monopole. Il se met alors en tête d'acclimater ces espèces à l'isle de France (actuelle île Maurice). Après sa libération, en 1746, il se rend à Pondichéry, où il fait la connaissance de La Bourdonnais.

Il rentre alors en France pour défendre son idée auprès de la Compagnie française des Indes orientales. Après de nombreuses péripéties, il est chargé de s'occuper du développement des épices pour le commerce mais, à la suite d'un naufrage, il embarque sur un navire néerlandais qui est attaqué par un navire malouin. Celui-ci est à son tour attaqué par un navire britannique. Poivre est alors enfermé à Guernesey. Il arrive en France en 1748 pour repartir l'année suivante, chargé d'une mission par le ministre de la Marine ; il aborde à Tourane pour être accueilli par la cour de Hué en 1749, mais ne parvient pas à obtenir l'autorisation de fonder un comptoir.

De retour à l'isle de France en 1753, il y trouve le terrain idéal pour la culture des épices. Il parvient à se procurer clandestinement des plants de muscadiers et de girofliers qu'il confie à Jean Baptiste Christian Fusée-Aublet (1720-1778), directeur du jardin d'essai de l'île. Il repart en 1754 vers les Moluques mais, ne parvenant pas à les atteindre, rejoint le Timor où il réussit à se procurer des muscadiers. À son retour à l'isle de France en 1755, avec 3 000 noix de muscade et des plants d'épices et fruits divers, il découvre ses premières plantations de muscadiers mortes. Quand les nouveaux plants meurent à leur tour, il accuse Fusée-Aublet, qui prétendait que le muscadier ne pouvait pas être naturalisé à l'isle de France, d'avoir lui-même tué volontairement les jeunes plantes[réf. nécessaire] en les arrosant à l'eau bouillante.

Poivre persuade le botaniste Philibert Commerson d'explorer l'isle de France. Il forme également son neveu, Pierre Sonnerat, lequel devient l'assistant de Commerson.

Retour en France et reconnaissance (1757-1767)

Pierre Poivre décide alors de rentrer en France. En 1755-1756, il revient à Lyon. Déjà correspondant de l'Académie des sciences auprès d'Antoine de Jussieu, il est reçu le 23 janvier 1759 à l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon, aux séances desquelles il participe assidûment. Cette institution, ouverte à toutes les idées nouvelles, est alors un intense foyer d’activité intellectuelle. Presque toutes les grandes questions philosophiques ou sociales qui agitaient le siècle y trouvaient un écho et y éveillaient parfois des controverses passionnées. Pour sa part, Pierre Poivre intervenait le plus souvent sur les questions relatives au commerce international, et particulièrement maritime, qui « contribue à l'adoucissement des mœurs et à une meilleure connaissance des droits de l'humanité ». La France à l’époque disposait de cinq comptoirs dans les Indes : Pondichéry, Karikal, Mazupilam, Chandernagor au Bengale et Mahé sur la côte de Malabar.

Il publie à cette époque le récit de ses trois expéditions aux Moluques et à Timor sous le titre Les Voyages d'un philosophe, qui ont du succès.

Il épouse Françoise Robin (1749-1841). En 1766 la Compagnie des Indes, en faillite, cède ses colonies à la couronne. Le 3 octobre 1766, quelques jours après son mariage, le duc de Praslin, ministre de la Marine, nomme Pierre Poivre à l’intendance des îles de France et de Bourbon puis, en décembre 1766, Louis XV voulant lui donner un témoignage encore plus grand de son estime, lui confère des lettres de noblesse. Poivre a bénéficié toute sa vie de la protection du ministre Henri Bertin, et, plus ponctuellement, de celle du ministre Turgot.

Intendant des Isles de France et de Bourbon (1767-1772)

Le navire Le Dauphin sur lequel il s'embarque le 8 mars 1767 arrive à Port-Louis, à l'Isle de France le 17 juillet, avec son épouse Françoise Robin. Bernardin de Saint-Pierre, de passage dans l'île, en tombe amoureux et pensera à elle en écrivant Paul et Virginie.

À sa nomination, Pierre Poivre est chargé de mettre en place les premières structures de l'administration royale qui dorénavant vont remplacer celles de la Compagnie des Indes.

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