Pierre Messmer, né le 20 mars 1916 à Vincennes (Seine) et mort le 29 août 2007 à Paris, est un homme d'État français.
Engagé dans les Forces françaises libres (FFL), il est après-guerre administrateur colonial. Il est impliqué dans la guerre du Cameroun entre 1956 et 1958, où il pilote la contre-insurrection contre les indépendantistes de l'UPC, faisant des milliers de morts. Ministre des Armées du général de Gaulle de 1960 à 1969, il est nommé ministre d'État chargé des Départements et Territoires d'Outre-Mer en 1971.
Pierre Messmer occupe le poste de Premier ministre du 5 juillet 1972 au 27 mai 1974, sous la présidence de Georges Pompidou et l'intérim d'Alain Poher. Il est également maire de Sarrebourg de 1971 à 1989 et président du conseil régional de Lorraine de 1978 à 1979.
Chancelier de l'ordre de la Libération et chancelier honoraire de l'Institut de France, il est membre de l'Académie française de 1999 à sa mort.
Né dans une famille alsacienne du Bas-Rhin qui avait opté pour la France en 1871 (son grand-père paysan devint cocher des omnibus hippomobiles de Paris), fils de l'industriel Joseph Messmer, Pierre Messmer étudie à l'école Massillon, au lycée Charlemagne et au lycée Louis-le-Grand. Il est l'aîné de la fratrie, Guy a 2 ans de moins, et la dernière Geneviève 7 ans de moins.
Il est admis à l'École nationale de la France d'outre-mer où il étudie de 1934 à 1937. Il suit en parallèle les cours de l'École des langues orientales (1934-1936), dont il est diplômé. Il sort classé deuxième de l'ENFOM. Il suit des cours de droit à l'université de Paris, et obtient son doctorat en droit en 1939 pour une thèse sur « le régime des emprunts coloniaux ». Il effectue deux mois de stage au sein de l'École des transmissions.
Il a également été membre des Camelots du roi, à cette époque branche militante de l'Action française.
Veuf de Gilberte Duprez (1909-1991), épousée en 1947, surnommée de manière ironique « Messméralda » par des photographes de presse, il se remarie le 6 juillet 1999 à Christiane Bataille née Terrail (1915-2010).
Pierre Messmer n'a pas eu d'enfants. Christiane Terrail, étant veuve, avait de son premier mari une fille, Claudie, mariée à Michel de Guillebon (X 1960, ingénieur général de l'Armement), apparenté au général Jacques de Guillebon, compagnon de la Libération et ami personnel de Pierre Messmer. En 1959 le général de Gaulle voulut nommer Jacques de Guillebon ministre des Armées. Guillebon déclina en raison de la question épineuse de l'Algérie, et conseilla à de Gaulle de désigner à ce poste Pierre Messmer
Mobilisé en 1939, il est sous-lieutenant au 12e régiment de tirailleurs sénégalais. Le 17 juin 1940, alors stationné dans l'Allier avec le lieutenant Jean Simon, ils entendent à la radio la demande d'armistice du maréchal Pétain. Affectés dans l'après-midi à Pau, ils obtiennent la permission de rejoindre par leurs propres moyens leur nouvelle affectation en empruntant une vieille moto. Refusant de cesser le combat, les deux jeunes gens traversent le Massif central pour éviter les colonnes allemandes. Leur moto tombant en panne, ils font du stop jusqu'à Tarascon avant de prendre le train à Beaucaire pour Marseille où ils arrivent le 18 juin au soir. Le 20 juin 1940, Jean Simon rencontre le capitaine au long cours Humbert Vuillemin, commandant du Capo Olmo qui cherche des hommes sûrs pour l'aider à détourner le navire italien vers l'Angleterre. En lisant Le Petit Provençal, les deux officiers prennent connaissance de l'appel du 18 Juin lancé par le général de Gaulle et embarquent avec quelques autres clandestins. Le soir du 23 juin 1940, au sein d'un convoi, le bateau simule une avarie de machine et se détourne vers l'ouest. Le lendemain matin l'équipage est informé de la décision du commandant.
Le Capo Olmo arrive à Gibraltar le 27 juin 1940, puis rejoint Liverpool le 16 juillet 1940. La cargaison du navire qui se compose de 481 tonnes de matériel de guerre divers en particulier douze avions Glenn Martin en caisses, des camions et tracteurs d'aviation, est ensuite vendue aux Anglais, permettant à la France libre de subsister pendant les trois premiers mois.
Messmer et Simon intègrent la 13e DBLE et participent ensemble aux combats en Érythrée, en Syrie, à Bir Hakeim et en Tunisie en 1943. En juillet 1943, Messmer part en mission aux Antilles avant d'être affecté à Londres à l'état-major du général Kœnig, commandant en chef des Forces françaises de l'intérieur (FFI) et commandant supérieur des forces françaises en Grande-Bretagne. En août 1944 il est envoyé en Normandie et participe à la libération de Paris et à la libération de la France. Le 11 novembre 1944 il reçoit la Légion d'honneur des mains du général de Gaulle lors d'une cérémonie à l'Arc de triomphe.
Parachuté en Indochine en août 1945, Pierre Messmer est fait prisonnier par le Việt Minh et s'évade après deux mois de captivité. Il rejoint Hanoï où il est démobilisé et rendu à la vie civile. De retour à Paris, il confie à de Gaulle en tête à tête que, Saïgon mise à part, la France ne contrôle rien au Viêt Nam, la seule solution possible étant de négocier avec Hô Chi Minh. Pierre Messmer est par la suite colonel de réserve.
Pierre Messmer exerce ensuite ses fonctions d'administrateur de la France d'outre-mer ; il est ainsi successivement :
en 1946, secrétaire général du Comité interministériel pour l'Indochine ;
de 1947 à 1948, directeur du cabinet du haut commissaire de la République en Indochine Émile Bollaert ;
de 1950 à 1952, administrateur du cercle de l'Adrar mauritanien ;
de 1952 à 1954, gouverneur de la Mauritanie ;