Pierre Marie Gallois, de son vrai nom Marie Pierre Richard Auguste Gallois, est un général de brigade aérienne et géopolitologue français, né le 29 juin 1911 à Turin et mort le 23 août 2010 à Paris 8e.
Le général Gallois est l'un des artisans de la politique de dissuasion nucléaire française. Il est aussi militant souverainiste aux côtés de Jean-Pierre Chevènement.
Fils de Fernand Gallois, ingénieur, et de Marie-Thérèse Mignot, Pierre Marie Gallois effectue ses études secondaires en partie au lycée Janson-de-Sailly.
Il épouse le 28 mai 1936 Françoise Lorelle (décédée en 2003), fille de Lucien Lorelle, photographe et publicitaire, fondateur des studios Lorelle, qui sera grand reporteur, et qui lui donnera trois fils, Philippe, François et Richard.
La même année, il est sous-lieutenant en 1939 puis lieutenant en 1941 dans l'escadrille saharienne à Colomb-Béchar.
En 1939, il est affecté à l'état-major de la 5e région aérienne à Alger. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est chargé d'y instruire les jeunes officiers.
En 1943, il rejoint la Grande-Bretagne pour être navigateur d'un équipage de bombardiers lourds du Royal Air Force Bomber Command. Il participe aux attaques aériennes menées sur le potentiel industriel germanique jusqu'en mars 1945. En lisant l'article « Aperçus sur la bombe atomique » (Revue de Défense Nationale n° 17) de l'amiral Castex en octobre 1945, il comprend l'importance de l'arme atomique et commence un travail de théorisation de la dissuasion nucléaire.
Après la guerre, Pierre Marie Gallois est détaché à l'Aviation civile. Il participe à de nombreuses conférences dans le cadre de l'Organisation de l'aviation civile internationale.
Il rejoint son arme en 1948 pour être affecté au cabinet du chef de l'état-major de l'Armée de l'air. Spécialisé dans les études d'armement aérien et des plans de fabrication, il propose le premier plan quinquennal de constructions aéronautiques, qui est accepté par le Parlement en août 1950. Il prépare des plans d'intégration des études et des fabrications d'armement à l'échelle de l'Europe. Il participe aux discussions interalliées sur l'utilisation de l'aide américaine à l'Europe occidentale.
En 1953 et 1954, il est affecté au cabinet du ministre de la Défense nationale pour y suivre les questions aéronautiques.
En 1953, exerçant parallèlement ses deux fonctions, le colonel Gallois est également affecté au Grand quartier général des puissances alliées en Europe (SHAPE) de l'OTAN.
Il est nommé membre d'un groupe d'études stratégiques destiné à l'étude des conditions nouvelles de la stratégie, compte tenu de l'existence d'armes de destruction massive. À ce titre il effectue de nombreuses missions aux États-Unis et dans les pays membres de l'Alliance.
Dès 1953, il mène campagne pour l'arme atomique française, propageant la notion de « dissuasion personnelle » et l'idée d'une capacité d'intimidation du « faible par rapport au fort ». Il sera un des créateurs de Gerboise bleue et considéré comme le « père de la dissuasion nucléaire française ».
En 1954, toujours au SHAPE, le colonel Gallois étudie un programme d'avion d'attaque à décollage court, qui a donné naissance à une nouvelle génération d'avions de combat.
En 1955, il assiste aux essais nucléaires dans le Nevada. Le général américain Lauris Norstad le convainc d'aller exposer au général de Gaulle la transformation nucléaire de la doctrine défensive de l'OTAN. L'entretien du général Gallois avec le général de Gaulle a lieu à l'hôtel La Pérouse le 2 avril 1956 et constitue l'aboutissement du travail de réflexion des penseurs de la dissuasion nucléaire du faible au fort (généraux Poirier, Gallois, Ailleret) ou le travail de ceux que certains appellent dans des termes polémiques le soi-disant « lobby nucléocrate » .
En 1957, il prend sa retraite.
En 1979, il participe, selon Alain de Benoist, à la rédaction sous le pseudonyme collectif de « Maiastra » de Renaissance de l'Occident ?, paru chez Plon.
Avec Marie-France Garaud, il fonde notamment en 1982 l'Institut international de géopolitique.